‹ Précis d'obstétriqueChapitre 526 sur 692 · HISTORIQUE DE L’OPÉRATION CÉSARIENNE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE DE L’OPÉRATION CÉSARIENNE

premiers et cherche à perfectionner l’opération césarienne en rejetant les incisions latérales pour adopter l’incision sur la ligne médiane ; il pratique la suture enchevillée de la paroi abdominale.

Malgré ces perfectionnements, pendant plus des deux tiers du dix-neuvième siècle, l’opération césarienne donne des résultats si déplorables qu’elle est presque complètement abandonnée; on n’y a recours que dans les cas d’absolue nécessité; si quelques femmes guérissent à la campagne, à la ville toutes succombent. C’est ainsi que de 1799 à 1877 pas une opération césarienne ne guérit à Paris. Les statistiques donnent une proportion de 60 ou 80 pour 100 de mortalité maternelle; la plupart des femmes succombent de septicémie; lorsqu’elles guérissent, la réunion n’a lieu que par seconde intention, des adhérences de la plaie utérine se font avec la paroi abdominale, avec l’intestin, etc. Lorsque par hasard une femme guérit, ce n’est qu’en conservant la plupart du temps des trajets fistuleux, et même des fistules stercorales.

Tous les observateurs avaient été frappés de la nécessité de pratiquer la suture de l’utérus ; ce n’est cependant qu’au courant du dix-neuvième siècle que Wiel (1835), Godefroy (1840), Malgaigne, Scanzoni, liasse (1856), pratiquent des sutures utérines, qu’ils abandonnent dans la cavité abdominale.

Ces sutures, faites avec la soie, du crin, du fil d’argent, du fil de fer, du catgut, sont utilisées successivement par Stoltz, Cazin, Hariss, Foclner; plusieurs opérateurs cherchent à ramener à travers la plaie abdominale l’un ou les deux chefs des fils de la suture; pour procéder à l’extraction des fils, Tarnier a l’idée d’introduire chacun des chefs d’un même fil dans un trocart capillaire et de serrer à l’aide d’un bâtonnet les deux chefs ainsi réunis. En 1867, Lestocquoy pratique une opération césarienne et suture d’abord la lèvre utérine à la paroi abdominale correspondante.

Malgré tous les perfectionnements apportés à l’opération, la mortalité de l’opération césarienne reste élevée jusqu’en 1876; on est alors tout surpris de voir Porro pratiquer avec succès non seulement l’incision de l’utérus, mais l’ablation de la plus grande partie de l’organe. Cette opération fut faite avec succès en France par Fochier, Tarnier, Championnière, Guéniot. Ces deux derniers chirurgiens font observer avec raison que les succès obtenus ne tiennent pas tant au manuel opératoire de l’opération nouvelle qu’aux avantages d’une antisepsie rigoureuse.

A partir de cette époque, le pronostic opératoire de l’opération césarienne, avec ou sans ablation de l’utérus, s’améliore chaque jour à mesure que se perfectionne l’antisepsie. En 1882, Sânger, assistant de Léopold, propose un mode de suture plus perfectionné de la paroi utérine, et une résection partielle des bords de la plaie qui en facilite l’affrontement et permet d’obtenir une réunion plus rapide.

Ces modifications n’ont été utilisées que pendant un certain temps; mais il reste à Léopold et à Sânger l’honneur d’avoir prouvé quels excellents résultats on pouvait obtenir en pratiquant l’opération césarienne aseptique. Potocki a fait connaître en France la technique opératoire de Sânger. Toutefois l’opération césarienne n’est encore que rarement pratiquée en France

MANUEL OPÉRATOIRE DE L’OPÉRATION CÉSARIENNE

en dehors des cas d’indication absolue (4); la renaissance de la symphyséotomie semble l’éliminer dans nombre de rétrécissements du bassin pour lesquels certains accoucheurs allemands pratiquent l’opération césarienne.

Division. — L’ hystérotomie abdominale , pratiquée pour extraire le fœtus, comprend divers procédés opératoires suivant qu’on conserve ou non l’utérus.

1° Le premier consiste à inciser l’utérus, que l’on suture et qu’on laisse en place; c’est l’opération césarienne conservatrice ou opération césarienne proprement dite. — Elle peut être pratiquée : a. sur la femme vivante , ou b. immédiatement après la mort de la femme.

2° Le second est celui dans lequel, après l’extraction du fœtus, on ampute l’utérus au-dessus du col : c’est l’opération de Porro (1876).

3° 11 faut rapprocher des procédés d’hystérotomie les diverses méthodes (ï hystérectomie abdominale totale dans lesquelles on enlève en entier l’utérus et d'hystérectomie abdominale subtotale ou supravaginale dans laquelle on ampute l’utérus à 2 centimètres au-dessus du vagin.

Page 1