PRONOSTIC DE LA BASIOTRIPSIE
réelle (l), ce qui ne veut pas dire qu’une femme, chez laquelle on pratique la basiotripsie, n’est exposée à aucun accident morbide ou mortel.
Audebert (Gaz. liebd. deméd. et de chir ., 25 mars 1900) considère également la basiotripsie comme une opération bénigne; ayant réuni dans une statistique 95 opérations de basiotripsie pratiquée par divers accoucheurs français, avec une mortalité apparente de 10 cas, soit 10,8 pour 100, il montre qu’en réalité aucun de ces cas ne peut être imputé à l'opération elle-même. Aussi rejette-t-il avec raison les conclusions d’un mémoire de Civel (de Brest), qui considère les instruments dont on se sert pour l’embryotomie (perce-crânes, cranioelaste, basiotribe, etc.), comme dangereux, soit par eux-mêmes, soit par la façon dont on conseille de. s’en servir. Civel reproche à ces opérations obstétricales d’être faites sans y voir; il conseille de s’éclairer à l’aide d’écarteurs et de fixer le foetus avec des pinces. Dans 8 cas d’embryotomie, Civel a abandonné l’ancien outillage obstétrical ; il s’est simplement servi d’écarteurs, de forts ciseaux, de fortes pinces à griffes et d’un bistouri de trousse. Après avoir saisi, incisé et décollé la peau du crâne, il a réséqué les fragments de la voûte crânienne; il est allé ensuite à la recherche du trou occipital. A l’aide de ciseaux il a fracturé en plusieurs points l’os occipital; les fragments osseux ont été extraits avec une pince. Nous ne voyons guère la supériorité de ces procédés chirurgicaux sur les procédés usuels en obstétrique ; ceux-ci — en particulier la basiotripsie — nous paraissent supérieurs. Toutefois la tentative de Civel est intéressante et les procédés d’embryotomie qu’il préconise sont utiles à connaître pour le médecin qui n’aurait pas à sa disposition le basiotribe et les autres instruments d’embryotomie.
(1) Dans sa thèse ( Étude clinique sur le pronostic de l' embryotomie céphalique. Thèse de Paris, 1895), après nous avoir cités (p. 19), Mme Bernstein-Woulbrun trouve que notre optimisme « n’est pas tout à fait justifié » ; ayant réuni les opérations de basiotripsie pratiquées de 1885 à 1894, dans le service de Pinard à Lariboisière et à Baudelocque (série A), et à la Maternité de Paris (Ecole de sages-femmes) (série B), elle donne les chiffres suivants :
Mortalité intégrale
Série A, 65 basiotripsies. ... 6 femmes mortes, soit. . . . 9,5 pour 100.
Mortalité pour les deux séries 15,2
Mortalité expurgée.
Série A, 3 cas de mort imputables à l’opération 4,16 pour 100.
Mortalité pour les deux séries, presque 6,0
Mme Bernstein-Woulbrun n 'expurge pas suffisamment : en effet, pour ne parler que de la série A, parmi les 3 « cas de mort imputables à la basiotripsie (p. 21) », se trouvent deux femmes (n° 1 et n° 4) opérées en 1883 avec le céphalolribe\ Il reste donc une seule femme (obs. 36) qui est morte le lendemain de l’opération; mais la lecture de l’observation (p. 99) n’entraîne guère la conviction au point de vue de la nocuité du basiotribe.
EMBRYOTOMIE CERVICALE ET RACHIDIENNE.