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PHLEGMON DU LIGAMENT LARGE

d’un e péri-lymphangite de la base du ligament large. Telles sont les deux formes qui, répondant à des lésions moindres, donnent naturellement lieu à des symptômes atténués. Lorsque au contraire tout le ligament est pris, — c’est ce qui a lieu la plupart du temps, — le tableau symptomatique est plus complet.

C’est vers le septième jour après un accouchement septique qu’il apparaît. Le début est marqué tantôt par un grand frisson, tantôt par une douleur locale qui siège dans une des fosses iliaques et irradie aux lombes et dans la cuisse. L’appétit disparaît ainsi que le sommeil; le corps est couvert de sueurs profuses; de petits frissons erratiques reviennent fréquemment; enfin une fièvre rémittente et l’altération des traits sont l’indice de la formation du pus. Lorsque le pus est collecté, une sorte d’accalmie survient; elle tromperait sur l’évolution ultérieure de la maladie, si l’on ne savait que cette rémission n’est que temporaire.

Le toucher, pratiqué au début, fait sentir T utérus immobilisé par un empâtement général des culs-de-sac, avec une tuméfaction plus marquée d’un côté. Qu’on pratique de nouveau le toucher quelques jours plus tard, en le combinant avec la palpation, on verra alors que l’empâtement reste localisé; on sent distinctement une sorte de plastron latéral accolé à l’utérus d’un côté, à la paroi pelvienne de l’autre; il a les dimensions et la forme assez régulièrement quadrilatère du ligament large, dont il occupe toute la hauteur. La pression à ce niveau est douloureuse. L’utérus est quelquefois dévié et latéroversé du côté opposé.

Assez souvent le phlegmon du ligament large disparaît par résolution ; les produits plastiques se résorbent, ne laissant après eux qu’une rétraction inodulaire du ligament, qui déterminera une déviation utérine. Mais, souvent aussi, après une courte rémission, la fièvre, les frissons, les sueurs profuses réapparaissent, la diarrhée survient, l’état général s’aggrave. La malade peut mourir à cette période, si l’on n’intervient pas rapidement ou si la collection purulente ne se vide pas d’elle-même. Le pus peut venir, en effet, faire saillie dans un des culs-de-sac du vagin et s’y déverser; il peut, au contraire, envahir le tissu cellulaire sous-cutané, gagner la fosse iliaque, donner lieu au niveau de l’arcade de Fallopc, en dedans de l’épine iliaque antéro-supérieure, à une plaque qui s’étend, rougit, se ramollit et se perfore pour donner issue à une quantité souvent énorme de pus verdâtre et bien lié. — Cette évacuation spontanée peut encore se produire dans le rectum, le cæcum ou la vessie, très rarement dans le péritoine.

Après que le foyer s’est ainsi vidé de lui-même, une certaine amélioration se manifeste dans T état général de la malade. La douleur disparait, la fièvre tombe. Tout peut rentrer dans l’ordre, pour longtemps, quelquefois pour toujours; mais trop souvent, si l’on ne prend soin d’élargir l’orifice de sortie du pus, si on laisse persister une fistule intarissable, on voit, après une période d’accalmie de peu de durée, la fièvre réapparaître et l’état général s’aggraver de nouveau, la diarrhée se produire. Finalement la malade succombe à une hecticité véritable. Celte terminaison fatale est devenue exceptionnelle depuis les progrès de l’antisepsie et de la chirurgie, d’autant

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