PHLEGMON DU LIGAMENT LARGE
Cet œdème aigu du tissu conjonctif sous-péritor|éal peut provoquer, d’après Schultze* le relâchement, puis la rétraction des ligaments et causer ainsi des déviations utérines.
b . Abcès pelviens ( pelvi-péritonite , périmélrite suppurée). - — Ils sont, pour beaucoup d’auteurs, consécutifs à une inflammation vive du péritoine, pour d’autres ils se formeraient dans le tissu cellulaire qui entoure les ganglions et les vaisseaux lymphatiques enflammés. Tel serait l’adéno-phlegmon juxta-pubien décrit par Alph. Guérin.
Ces deux origines sont plausibles. Pozzi préfère considérer les abcès pelviens comme n’étant le plus souvent que consécutifs aux pyo-salpinx.
Il est difficile de différencier leurs symptômes propres de ceux de la lésion qui les a précédés ; parfois cependant ils débutent par une douleur vive, syncopale, avec phénomènes péritonéaux (ballonnement douloureux du ventre, etc.); ils s’accompagnent de fièvre, frisson, de petitesse du pouls, de vomissements.
L’exploration faite dès le début ne permet de sentir qu’un utérus fixé, immobilisé au milieu de l’œdème intense qui occupe tout le tissu cellulaire du petit bassin. — C’est seulement au bout de sept ou huit jours qu’on commence à percevoir, après la disparition de cet œdème, une tumeur séparée de l’utérus par un sillon. Elle est lisse, plus ou moins régulière, rarement fluctuante. Il est presque impossible de la limiter par en haut. — L’abcès peut faire saillie du côté du rectum, où il tend alors à s’ouvrir. Plus rarement il proémine au contraire du côté du vagin et s’y vide de la même façon ; enfin, on a vu des abcès pelviens s’évacuer par la vessie. Il est tout à fait exceptionnel que, rompant les adhérences qui l’entourent, il s’épanche dans le péritoine.
La marche de ces abcès est variable : tantôt la collection purulente se forme rapidement et nécessite une prompte intervention ; tantôt ce n’est que plusieurs semaines après faccouchement qu’on constate, chez une femme qui a eu des suites de couches pathologiques, tous les signes d’un abcès en voie de formation. Dans l’un et l’autre cas, il ne faut pas attendre l’évacuation spontanée ; il est préférable de pratiquer l’incision, qui permet l’issue plus complète du pus et amène une guérison plus rapide.
4° Phlegmon du ligament large. — Cliniquement, plus encore qu’anatomiquement, il diffère des abcès pelviens que nous venons d’étudier. Pour certains auteurs ce phlegmon résulte de l’extension au ligament large de l’infection de la trompe enflammée qui en occupe le bord supérieur; mais, avec Charpy et Delbet, il nous semble que l’infection se fait plutôt par les gros troncs lymphatiques qui, en haut et en bas, cheminent clans l’épaisseur du ligament large. En effet, on peut distinguer souvent un phlegmon supérieur et un inférieur, suivant que l’inflammation s’est cantonnée en haut au pourtour des gros troncs lymphatiques qui suivent l’artère utéro-ovarienne pour aboutir aux ganglions placés au-devant des vertèbres lombaires, ou en bas autour des lymphatiques qui remontent le long de l’artère. utérine et vont se jeter dans les ganglions hypogastriques. Dans le premier cas, on est en présence d’un e péri- lymphangite tronculaire supérieure; dans le second.