MAIN BOTE ET PIEDS BOTS CONGÉNITAUX
lement défaut; tantôt ils sont diminués par amputation congénitale d’une ou deux phalanges et réduits à un simple moignon. L’ectrodactylie du
pouce est particulièrement fâcheuse pour les fonctions de la main.
5° Syndactylic. — Lorsque le squelette des doigts ou des orteils est libre et que ceux-ci sont simplement réunis par une meme enveloppe cutanée, la syndactylie est dite membraneuse . Lorsqu’il y a fusion du squelette on dit qu’il y a syndactylie osseuse. Celleci peut porter sur toute la longueur du squelette des doigts ou des orteils ou seulement sur une portion limitée de leur
Fig. 519. - Polydactylie et syndactylie de la main. <• i i
surlace, le plus souvent à leur extrémité.
Main bote et pieds bots congénitaux. — La main bote congénitale consiste dans une attitude vicieuse de la main inclinée d’une façon permanente sur l’avant-bras.
La main peut être redressée vers la face postérieure de l’avantbras {main bote dorsale)ou renversée vers sa face antérieure ( main bote palmaire), ou encore inclinée vers le bord interne ( main bote cubitale), ou vers le bord radial (main bote radiale).
Les mains botes
< * 1 1 1 n t n 1 p Pt T~irl in lp FiS- 550- ~ Polydactylie de la main avec appendice digital
Cl Dilate et radiale au niveau de l’auriculaire.
s’accompagnent généralement d’une absence congénitale du cubitus ou du radius.
TIEDS BOTS CONGÉNITAUX.
Pieds bots congénitaux. — Le pied bot consiste en « une attitude vicieuse et permanente du pied sur la jambe telle que le pied ne repose plus sur le sol par ses points d’appui normaux » (Kirmisson) (*).
La pathogénie du pied bot congénital a été attribuée successivement à des lésions nerveuses (le pied bot congénital serait analogue au pied bot paralytique) ; à des malformations osseuses primitives ; à un arrêt de développement.
Sans rejeter les deux premières théories, Kirmisson croit que, dans la majorité des cas, le pied bot est dû à un arrêt de développement qui, après la naissance, conserve au pied une attitude qu’il ne devrait présenter que temporairement pendant la vie intra-utérine. Le pied bot congénital appartient presque toujours au type varus équin. Les autres formes (talus valgus, varus, valgus directs) sont exceptionnels.
Le pied bot varus équin congénital est caractérisé par une position d’adduction forcée du pied sur la jambe; cette adduction est encore exagérée par la forme particulière du pied qui semble enroulé sur son bord interne autour d’un axe passant par l’articulation médio-tarsienne, de telle sorte que le gros orteil se rapproche du talon.
A ce mouvement d’adduction et d’enroulement qui constitue le varus se joint Y équinisme, qui consiste en une ascension très marquée du talon qui s’élève sous l’action de la rétraction du tendon d’Achille, tandis que s’abaisse la pointe du pied. Il existe de plus un véritable mouvement de torsion du pied qui porte en haut son bord interne, de telle sorte que le pied tend à reposer sur le sol non par sa pointe ou sa face plantaire, mais par son bord externe et sa face dorsale.
Les déformations osseuses du pied bot varus équin congénital consistent surtout dans une subluxation en avant de l’astragale et dans la déviation latérale de la tète de cet os fortement déjetée en dedans. L’attitude vicieuse du pied est due en partie à ces déformations osseuses, en partie aux rétractions tendineuses qui l’immobilisent en cette position.
Le traitement du pied bot congénital doit être commencé peu de temps après la naissance, alors que le pied est encore malléable.
Dans son rapport au Congrès de Madrid (1903), Aug. Broca insiste, après Sayre, sur l’utilité de faire le premier redressement du pied bot varus équin congénital aussitôt après la naissance. Les premières manipulations ne s’occupent que du varus; on prend l’avant-pied d’une main, l’arrière-pied de l’autre, les deux pouces appuient par leurs extrémités sur la convexité dorsoexterne du pied; avec eux on refoule cette bosse « en dedans », tandis que l’effort des deux mains fait ouvrir l’angle du varus. Tout de suite après on détord la supination. Il est utile de faire une séance par jour. Broca conseille entre les séances de ne pas faire porter d’appareil, mais de maintenir simplement le pied avec une bande de flanelle roulée en étrier dans le sens voulu pour porter le pied en valgus. Au bout de quinze jours ou un mois, selon la gravité des cas, le varus et la supination sont suffisamment corrigés pour
(4) Kirmisson, Traité de chirurgie , t. VIII, p. 826.
INFECTIONS SEPTIQUES DU FŒTUS
qu’on puisse s’occuper utilement de l’équinisme. Dans la pluralité des cas, les manipulations agissant sur l’articulation tibio-tarsienne ne sont pas suffisantes; il faut recourir à la section du tendon d’Achille que Broca conseille de pratiquer à ciel ouvert. Nous n’avons pas à décrire ici cette opération ni les soins consécutifs si minutieux qu’elle nécessite.