PARALYSIES CHEZ LES NOUVEAU NÉS
Elles sont nombreuses et de pronostic très variable (*); elles peuvent être : 1° d 'origine périphérique; 2° d’origine centrale ou cérébrale . La paralysie spinale a pu être observée dans des cas extrêmement rares, où des tractions très énergiques, exercées sur les membres inférieurs du fœtus, avaient produit une déchirure transversale de la moelle.
1° Paralysies périphériques. — Ce sont celles qu’on observe le plus habituellement, Les nerfs les plus fréquemment atteints sont : le facial et les nerfs des membres supérieurs.
A. La paralysie faciale s’observe principalement à la suite d’une application de forceps; ce n’est point, comme l’a prétendu Kilian, par compression du cerveau, mais, comme l'a bien démontré Dubois, par compression du nerf facial à son émergence du crâne, soit au niveau du trou stylomastoïdien, soit plus en avant, au-dessous de l’oreille, en pleine région parotidienne. La paralysie faciale s’observe encore par suite de la compression du nerf au niveau de l’angle sacro-vertébral, des ischions, du pubis, ou par une tumeur du bassin,
Yarnier a rapporté une observation dans laquelle la paralysie faciale était due à la compression produite par l’inclinaison très accusée de la tête sur l’épaule.
La paralysie faciale peut être partielle et porter isolément sur la branche temporale ou cervicale du facial. Le pronostic de cette paralysie est généralement très favorable; elle disparait ordinairement en quelques jours; il suffit, lorsque l’œil reste découvert, défaire des lotions boriquées fréquentes. Dans certains cas, comme l'ont montré les recherches histologiques de Parrot et Troisier, la paralysie faciale ne guérit pas, par suite des lésions de dégénérescence qui envahissent le nerf. Il faut alors recourir rapidement aux courants continus.
On peut observer, dans les mêmes conditions, la paralysie de la 3e paire , avec chute de la paupière.
B. La paralysie des nerfs du membre supérieur s’observe bien rarement dans les cas où, l’accouchement étant spontané, il existe seulement une compression par suite de l’exagération du diamètre bi-acromial. Le plus habituellement, cette paralysie est consécutive à une intervention : application de forceps, tractions exercées sur la tête fœtale pour faire engager les épaules retenues au niveau du détroit supérieur. Dans l’extraction du siège, les manœuvres destinées à abaisser le ou les bras défléchis, les tractions exercées sur les épaules pour faire descendre la tète, produisent également
U Consulter sur ce sujet: Duchesse (cle Boulogne), Traité de V électrisation localisée , 1872.
Eru. Verhandl. des Heidelberg Nat. med. Verein, 1875. — Ch. Féré, Étude anatomique et
critique sur les plexus des nerfs spinaux, in Arch. deneurol., 1885, t. V, p. 332-345. — Forgues, Thèse de Montpellier, 1883. — Kxumpke. Paralysies radiculaires du plexus brachial. Revue de méd., Roollaxd, Thèse de Paris, 1887. — P. Büdin, Leçons de clinique obstétricale. Paris,