PARALYSIES CHEZ LES NOUVEAU-NÉS
cette paralysie. C’est grâce aux travaux de Ducbenne de Boulogne (187c2), d’Erb (1874), que l’on connaît bien ces paralysies qui intéressent surtout les muscles innervés par les fdets des 5e et 6e paires cervicales (deltoïde, biceps, coraco-brachial, long supinateur). Il est rare qu’il y ait une paralysie intéressant tous les nerfs du membre supérieur.
Erb a montré qu’en appliquant une électrode en un point situé entre les deux chefs des scalènes correspondant à l’émergence des 5e et 6e paires cervicales, on faisait contracter simultanément le deltoïde, le biceps, le coracobrachial et le long supinateur, c’est-à-dire les muscles qui sont habituelleriient intéressés dans la paralysie obstétricale. Roulland (thèse Paris, 1887) a cherché à expliquer pourquoi les deux racines supérieures du plexus brachial étaient toujours lésées. Il pense que cette paralysie résulte d’une compression exercée soit par les doigts, soit par les instruments au niveau du point de Erb. Dans une clinique de décembre 1887, Budin semble adopter cette opinion.
Dans un mémoire très documenté (*) G. Fieux (de Bordeaux), tout en admettant avec Erb, Ferré et Forgues que les nerfs des muscles intéressés proviennent des 5e et 6e paires cervicales, rejette le mécanisme adopté par Roulland et Budin. Il fait remarquer tout d’abord que le long supinateur n’est habituellement pas intéressé, étant d’ailleurs innervé par le nerf radial et non pas par le nerf musculo-cutané. Il montre combien il est invraisemblable que, dans les traumatismes si divers qu’on observe dans les accouchements, la compression des deux faisceaux nerveux intéressés « s’exerce toujours en ce même point de Erb si limité que l’on ne peut le déterminer électriquement qu’à l’aide de fines aiguilles ».
Fieux a fait des expériences à l’aide de fœtus à terme sur lesquels il avait disséqué la région du cou, de manière à mettre en évidence les branches du plexus brachial. En extrayant le fœtus tête première ou tête dernière il a montré que, loin d’être la règle, la compression du point de Erb ne pouvait être que très exceptionnelle. Ce qui est constant au contraire, dans ses expériences comme dans la réalité, c’est la traction du cou. L’examen anatomique de la région montre que le plexus brachial a la forme d’un cône dont la base répond à la colonne cervicale et le sommet file vers le creux de l’aisselle. Les deux racines supérieures montent plus haut sur la tige cervicale que les trois racines inférieures. Si, fixant l’une des épaules, on tire la tête en inclinant du côté opposé, on voit que non seulement la tige cervicale oscille comme un balancier, mais encore qu’elle s’incurve, tiraillant d’ autant plus les nerfs du plexus brachial que ceux-ci émanent de plus haut. Il se produit une véritable élongation des deux racines supérieures du plexus.
Cette traction latérale du cou, amenant une élongation des filets nerveux d’autant plus accusée qu’ils émanent de plus haut, explique :
1° Les cas dans lesquels on a remarqué que le deltoïde est le seul muscle paralysé (Jacquemier).
(1) De la pathogénie des paralysies brachiales chez le nouveau-né. Paralysies obstétricales. Ann. de Gynéc., janvier 1897.