B. - MONSTRES DOUBLES
Les monstres composés peuvent être formés par la fusion de deux, trois ou même d’un plus grand nombre de sujets. Toutefois, avec Geoffroy-Saintllilaire, nous ne nous occuperons que des monstres doubles , seuls assez nombreux pour être l’objet d une classification.
CLASSIFICATION DES MONSTRES DOUBLES AUTOSITAIRES
Geoffroy-Saint- Hilaire a divisé en deux grands groupes les monstres doubles :
Fig. 555. — Monstre ischiadelphe dont le squelette est au Conservatoire de la Faculté de Montpellier \ (Face postérieure.)
Ce genre a été établi par le professeur Dubreuil. ( Voir les « Annales du Muséum d'histoire naturelle » vol. 15, année 1827.) Communiqué par Léon Dumas.
Autositaires. — Composés de deux individus à peu près égaux en développement.
CLASSIFICATION DES MONSTRES DOUBLES AUTOSITAIRES
Parasitaires. — Les deux sujets sont très inégaux. Le plus petit, le plus incomplet, se nourrit aux dépens du plus grand auquel il est soudé. Il est analogue à un omphalosite ou à un parasite.
Monstres doubles autositaires. — lre Division. Les deux sujets composants sont chacun complets et soudés Lun à l’autre par une seule région du corps, ce sont les tératopages (7rayetç, unis).
2e Division. Les deux sujets composants sont séparés et distincts dans leurs parties inférieures, mais ils sont soudés et confondus dans une étendue variable en allant de la tète à l’ombilic : ce sont les tératadelphes (àosXcpoc, frères) .
3e Division. Les extrémités céphaliques des deux sujets sont distinctes et séparées. La soudure ou fusion porte sur l’extrémité inférieure du tronc dans une étendue plus ou moins considérable en allant de bas en haut. Ce sont les tératodymes (ôupoç, double).
lre Division : Monstres tératopages. — On les divise en deux groupes suivant la disposition de l’ombilic.
A. Eusomphaliens (eù, bien; op.ça).6s;, ombilic). — Chaque sujet a un ombilic et un cordon ombilical qui lui sont propres. Suivant que l union a lieu au-dessous de l’ombilic, ils se subdivisent en :
ci. Pygopages (Tiuy^, fesse). — Réunis au niveau de la région fessière.
Au-dessus de l’ombilic, ce sont les :
b. Métopages ([ast to-ov, front). — Unis front à front.
e. Céphalopages. — Unis de façon que le front de l’un est soudé à l’occiput de l’autre.
B. Monomphaliens. — Ils ont un seul ombilic et un seul cordon ombilical commun. Us sont divisés suivant que l’union s’étend de l’ombilic vers
les :
Parties inférieures du tronc. — Ce sont les : Ischiopages. — Les deux sujets, à réunion pelvienne, placés bout à bout dans une position similaire, ont la face tournée (fig. 555 et 556) du même côté.
Parties supérieures du tronc. — Ce sont les : Xiphopages ( qi'soç, appendice xiphoïde). — La réunion a lieu de l’extrémité inférieure du sternum à l’ombilic.
Sternopages (fig. 557). — La réunion a lieu face à face sur l’étendue des sternums.
Ectopages (s xtoc, dehors). — La réunion a lieu latéralement sur F étendue du thorax (fig 558). Hémipages. — L’union s’étend du thorax jusqu’au cou et aux mâchoires; les deux bouches peuvent être confondues en une seule cavité (fig. 559).
P) Les figures schématiques qui suivent ont été mises gracieusement à notre disposition par le professeur Mathias Duval : elles sont extraites de son article sur la Pathologie générale de l’embryon (tome Ie1' du Traité de Pathologie generale de Ch. Bouchard).
CLASSIFICATION DES MONSTRES DOUBLES AUTOSITAIRES
2e Division : Monstres tératadelphes. — Ils se divisent en deux groupes suivant le degré de fusion des deux têtes et suivant que la soudure s’étend plus ou moins sur les deux troncs.
A. SycéphalielNS. — Les deux têtes sont très intimement fusionnées : les deux corps sont seulement unis au-dessus de l’ombilic. Isid. Geoffroy-- Saint-Hilaire les divise en :
Janiceps (Janus, type fabuleux à double visage). — Les deux têtes (fig. 560) sont fusionnées par la région occipitale. La double tète présente deux faces directement opposées.
Iniopes (tvtov, occiput; o^ç, œil, visage). — La fusion céphalique (fig. 561) est telle que la tête qui en résulte n’est qu’incomplètement doublée. D’un côté, elle a une face complète; d’un autre côté, la face incomplète