MODIFICATIONS PHYSIOLOGIQUES DE L’UTÉRUS
Au fur et à mesure que l’utérus gravide se développe, la contractilité devient de plus en plus importante : l’organe se contracte à intervalles plus ou moins irréguliers sans douleur. Ces contractions de la grossesse, pendant lesquelles l’utérus durcit et se dessine nettement sous la paroi abdominale, se distinguent des contractions du travail (voy. chap. Phénomènes du travail) en ce qu’elles ne sont pas douloureuses et qu’elles durent plus longtemps.
Les contractions de la grossesse et du travail ont cependant des caractères communs : elles sont involontaires , lentes , intermittentes. La volonté de la femme ne peut rien sur l’apparition ou la disparition de la contraction utérine ; cependant une émotion morale (arrivée du médecin) suspend parfois pendant un certain temps les contractions, ou bien au contraire les accélère (vue d’un forceps, crainte d’une opération).
Les contractions utérines sont lentes. On admet en général que la contraction, partie du segment inférieur de l’utérus, gagne la zone moyenne et atteint le fond de l’utérus, pour disparaître ensuite de haut en bas. De plus, la contraction utérine, faible au début, s’accroît peu à peu, atteint un maximum d’intensité, puis décroît progressivement jusqu’à disparition complète.
L’intervalle qui sépare deux contractions est variable non seulement pendant la grossesse, mais même pendant le travail; nous verrons que l’intermittence des contractions utérines varie suivant la période du travail qu’on observe.
Nombreuses sont les causes qui mettent en jeu la contractilité utérine. Les unes sont directes : ainsi un traumatisme exercé sur le col, l’introduction d’un corps étranger dans sa cavité, et surtout dans la cavité utérine proprement dite, le froid, la chaleur, les frictions extérieures agissent, mais d’une manière moins active. Les autres agissent indirectement : les expériences de Brown-Séquard ont montré que la présence d’acide carbonique en excès dans le sang éveille la contractilité utérine.
La contraction utérine peut être le résultat d’un réflexe à point de départ éloigné : telles sont les excitations portées sur le mamelon qui produisent des contractions utérines.
La contractilité utérine se trouve à la fois sous la dépendance du système nerveux ganglionnaire et du système nerveux cérébro-spinal.
Les courants galvaniques continus amènent des contractions htérines.
Quant à l’action de certains médicaments (ergot, rue, sabine, etc.), elle a été exagérée : elle n’a d’influence sur la contractilité de l’utérus gravide qu’autant que celle-ci est déjà éveillée.
Rétractilité. — La rétractil ité est une propriété en vertu de laquelle l’utérus a une tendance permanente à revenir sur lui-même; c’est une sorte d’élasticité qui fait que, pendant la grossesse, la paroi utérine est directement accolée sur l’oeuf et qu’après l’accouchement l’utérus se resserre et n’est point distendu par les caillots.
Bien que la rétractilité soit une propriété différente de la contractilité.