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MODIFICATIONS DU VAGIN, DE LA VULVE ET DU PÉRINÉE

Vagin . — Le vagin suhit des modifications dans sa structure et dans sa configuration : les phénomènes de ramollissement qui ont lieu au niveau du col s’observent également du côté de la muqueuse vaginale et même dans toute l’épaisseur de la paroi vaginale ; de telle sorte que ce canal va s’assouplir de manière à pouvoir être distendu au maximum au moment du passage du fœtus. Ce ramollissement du conduit vaginal est tel que lorsqu’un étudiant touche pour la première fois une femme près du terme, son doigt perçoit partout cette sensation de mollesse; il faut une certaine éducation du doigt pour suivre le canal vaginal, arriver au niveau des culs-de-sac et distinguer au milieu de ces tissus ramollis le col qui conserve une certaine consistance. — Lorsque le doigt est plus expérimenté, on peut, dès le quatrième ou cinquième mois et même à une époque plus rapprochée du début de la conception, se baser sur cette sensation de mollesse particulière du vagin pour songer à l’existence d’une grossesse.

Outre le ramollissement , il existe des phénomènes d’ hypertrophie qui s’observent aussi bien sur la couche musculaire que sur la muqueuse et les vaisseaux du vagin. L’hypertrophie (l) de la muqueuse donne lieu à une sécrétion plus ou moins abondante, à un suintement vaginal plus ou moins épais; la muqueuse est d’autant plus foncée, violacée, que la femme est à une époque plus avancée de sa grossesse.

Le développement qu’acquièrent les vaisseaux explique certains faits cliniques : la facilité avec laquelle on peut percevoir les battements artériels au niveau d’un cul-de-sac ( pouls vaginal ); les saillies variqueuses formées par les veines au niveau de l’entrée du vagin ou même dans son intérieur.

Quant à la configuration du vagin, elle varie suivant l age de la grossesse; lorsque l’utérus s’élève et commence à devenir organe abdominal, le vagin a une certaine tendance à s’allonger suivant son diamètre antéro-postérieur; mais dans les derniers mois de la grossesse, par suite de l’abaissement de la partie fœtale qui entraîne avec elle le segment inférieur et le col, le vagin se raccourcit; on sent alors, en pratiquant le toucher, des replis vaginaux

(i) L’hypertrophie de la paroi vaginale peut devenir pathologique : chez une femme accouchant pour la seconde fois, Rismann ( Centralblcitt fïir Gynæk., 1892, n° 24) a trouvé dans le vagin trois faux polypes qui s’inséraient l’un sur la paroi vaginale antérieure, derrière l’oriiice urétral, les deux autres sur la paroi vaginale postérieure. L’examen de ces tumeurs fait par Orth a montre qu’il s’agissait d’excroissances polypiformes résultant de l’hypertrophie des parois du vagin.

MODIFICATIONS DE L’APPAREIL CIRCULATOIRE

qui, parfois circulaires, ont pu être pris pour un orifice utérin en voie de dilatation.

Vulve. — La muqueuse vulvaire est également le siège de phénomènes de ramollissement et de pigmentation; elle présente une coloration rougeâtre, violacée, due à une vascularisation plus intense. En même temps l’orifice s’assouplit de manière à se laisser plus facilement distendre.

Périnée. — Il en est de même du périnée dont la peau présente une certaine pigmentation, surtout sur la ligne médiane; de plus, la masse périnéale s’hypertrophie et subit la même imbibition que le vagin et la vulve; d’où une élasticité toute particulière favorable à la terminaison spontanée de l’accouchement.

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