MOUVEMENTS ACTIFS DU FŒTUS
sont perçus les mouvements actifs du fœtus: c’est ainsi que lorsque le placenta est inséré sur la face antérieure de l’utérus, les mouvements actifs sont sentis plus tard que dans les cas où il est inséré sur la face postérieure de Futérus.
Les mouvements que perçoit la femme sont des mouvements de totalité ou partiels : dans le premier cas, le fœtus se déplace en masse, il se retourne dans la cavité utérine (cela s’observe surtout dans les dernières semaines de la grossesse); dans le second cas, le fœtus est immobilisé en partie et ne peut plus guère exécuter que des mouvements des membres, en particulier des membres inférieurs.
Chez certaines femmes les mouvements du fœtus déterminent des sensations douloureuses. C’est surtout le soir, au moment où la femme se couche, que ces mouvements sont le plus accusés; il suffit quelquefois d’un déplacement brusque de la femme pour que les mouvements du fœtus se reproduisent. On peut encore les faire naître en appliquant la main sur la paroi abdominale de la femme et en appuyant par saccades sur le fœtus.
Quelquefois on observe en un point des mouvements rythmés , c’est-àdire que pendant un certain temps il se produit au même endroit une sorte de percussion exercée à intervalles réguliers par un membre contre la paroi utérine. « Ce sont, dit P. Bar (*), de petits chocs secs, nettement distincts les uns des autres, qui frappent la main appliquée sur la paroi abdominale avec une régularité telle qu’on ne peut s’empêcher de songer au choc que produirait la tige d’un métronome. Ces battements peuvent, comme dans un fait que nous avons observé, être perçus pendant assez longtemps, pendant quinze à vingt minutes par exemple. Pendant cette durée de temps, ils se répètent avec cette régularité que nous avons indiquée et qui constitue leur principal caractère distinctif; mais il n’en est pas toujours ainsi et, parfois, on les voit se grouper par séries que séparent des intermittences de plus ou moins longue durée. » — Si tous les auteurs sont d’accord pour admettre que ces mouvements rythmés sont des mouvements fœtaux, il est plus difficile de préciser quelle en est la cause. C’est ainsi qu’ils sont attribués par Mermann (1880) au hoquet fœtal (singultus fœtalis) (2), par Ahlfeld (1884) aux mouvements de déglutition du fœtus ou même de respiration (?). P. Bar considère ces explications « comme de simples hypothèses mal justifiées quand on se livre à un examen attentif des faits » ; il conclut que, dans la plupart des cas, ces mouvements rythmés sont simplement des mouvements actifs d’un des membres inférieurs.
(*) Mouvements rythmés du fœtus. In Notes d’ obstétrique, chez Asselin et Houzeau, Paris, 1889.
(2) Dans deux cas observés par Commandeur, les mouvements rythmés lui ont paru se produire au niveau de la base du thorax : il les attribue d’autant plus volontiers à une contraction musculaire spasmodique du diaphragme qu’il a constaté, en même temps que ces mouvements, l’immobilité des petits membres.
SIGNES DE LA GROSSESSE
VUE — S NSPECTÎO N
En examinant une femme enceinte, certains signes extérieurs font penser à l’existence d’une grossesse : la face est pâle, les traits un peu tirés ; sur le front, sur la partie supérieure des joues et même de la bouche, existent des taches jaunâtres qui constituent le masque de la grossesse.
Si la grossesse est très avancée, l’attitude de la femme est particulière :
elle est obligée de cambrer les reins pour reporter en arrière son centre de gravité.
Les seins sont volumineux, l’aréole et le mamelon présentent une coloration brunâtre (tig. 106 et 107).
Le ventre est plus ou moins développé suivant l’époque de la grossesse à laquelle on examine la femme; la cicatrice ombilicale, peu modifiée dans les premiers mois, n’est plus déprimée vers la fin du dernier, et même elle devient parfois saillante par production d’une forte pointe de hernie ombilicale. La peau de la paroi abdominale présente des vergetures et une ligne brune sur la ligne médiane.
Les grandes lèvres offrent une coloration violacée , parfois une certaine pigmentation ; la muqueuse vulvo-vaginale est pareillement colorée. Au niveau de la vulve il existe assez fréquemment des varices plus ou moins développées.
Tous ces signes extérieurs n’ont qu’une valeur très relative ; ils peuvent exister en dehors de la grossesse ou faire défaut chez une femme enceinte.
Aussi l’accoucheur doit-il n’y attacher qu’une médiocre importance : après avoir interrogé minutieusement la femme, après l’avoir examinée d’une manière générale, il procède à l’examen obstétrical, qui se fait à l’aide des trois procédés constituant ce qu’on a appelé le trépied obstétrical : le palper , I auscultation , le toucher .