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BRUIT DE SOUFFLE MATERNEL

puis reste stationnaire ; elle est diminuée par toutes les causes qui peuvent restreindre le calibre des vaisseaux utérins (pression forte du stéthoscope, mouvements actifs du fœtus tendant la paroi utérine, et surtout contractions utérines) (Depaul). Lorsque l’utérus se contracte, le bruit de souffle devient de suite plus fort, plus ronflant, puis diminue progressivement pour devenir imperceptible, à mesure que la contraction augmente d’intensité. Lorsque la contraction s’affaiblit, le souffle utérin reprend peu à peu ses caractères de timbre et de sonorité.

Son rythme est très variable : le plus souvent simple, intermittent, il est quelquefois continu, avec ou sans redoublement.

D’après Depaul son timbre est toujours doux, sans choc; il ressemble au bruit que l’on fait en prononçant bas la syllabe vous. Cazeaux l’a trouvé quelquefois râpeux et accompagné de vibrations. « Tantôt sibilant, il ressemble assez bien au bruit qui est produit par l’air s’échappant à travers une porte mal close; tantôt ronflant, il est comparable à la note grave que donne sous l’archet une corde de basse; dans certains cas il ressemble à une plainte ou à un piaulement. »

Ce bruit de souffle s’entend habituellement vers la fin du quatrième mois, quelquefois plus tôt (Carrière, Depaul). Dans la première moitié de la grossesse, c’est sur la ligne médiane, au-dessus du pubis, qu’on perçoit le mieux le bruit de souffle: du reste, même à une époque plus avancée de la grossesse, c’est presque toujours vers les parties inférieures et latérales de l’utérus, rarement vers le fond, que l'on peut entendre ce bruit de souffle. D’ailleurs il est mobile et peut être perçu en des points différents. Il peut manquer au moment où l’on ausculte une femme enceinte, mais il est rare qu’on ne le trouve pas si l’on répète fréquemment cet examen.

Le souffle persiste pendant un certain temps (jusqu’à 65 heures) après la délivrance; il persiste également après la mort du fœtus (Bailly).

Nature du bruit de souffle. — De nombreuses théories ont été émises pour démontrer le siège et le mécanisme du bruit de souffle utérin; résumons les quatre principales :

1° Théorie placentaire. — Monod et Hohl localisent le bruit de souffle dans le placenta : d’après Hohl, le souffle serait produit par le passage du sang artériel dans les sinus veineux du placenta.

Cette théorie ne peut être soutenue puisque les recherches de Bailly et de Maggia ont montré que le souffle persiste neuf fois sur dix, pendant un temps variable après la délivrance.

Gaulard (Soc. obstétr. de France, 1895), qui défend la théorie placentaire, dit que la persistance de souffle « s’explique facilement. Les vaisseaux du placenta maternel ne reviennent pas instantanément à leurs dimensions primitives. 11 leur faut pour cela un temps plus ou moins long suivant l’énergie de la rétraction utérine. Pendant la durée de leur involution, le souffle continuera à être perçu. » En réalité, pour Gaulard, le souffle utérin siège dans la partie maternelle du placenta, de telle sorte qu’il « se range ainsi à la théorie utérine, soutenue parla plupart des accoucheurs modernes, avec cette réserve toutefois que si le phénomène se passe dans l’épaisseur

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