BRUITS DU CŒUR FŒTAL
souffle; mais il peut avoir lieu dans d’autres vaisseaux du voisinage de l’organe gestateur. C’est ainsi que Fochier a constaté, par le toucher, sur les artères utérines, à un centimètre de la paroi utérine, « une dépression très superficielle faisant apparaître un trille continu avec renforcement en rapport manifeste avec les productions du bruit de souffle ».
Ce qu’on peut affirmer, en «raison de son isochronisme avec le pouls de la mère, c’est que ce bruit de souffle est un bruit de souffle maternel.
Bruits foetaux. — Les bruits provenant du fœtus et que l’on perçoit par l’auscultation sont : a) le bruit de choc fœtal, produit par le heurt d’une partie du fœtus contre la paroi utérine; b) les bruits du cœur fœtal ; c ) les bruits de souffle fœtal.
a. Le bruit de choc fœtal est important à connaître parce qu’il peut être perçu avant les bruits du cœur et permet, à une oreille exercée, de diagnostiquer d’une manière certaine la présence d’un fœtus vivant dans la cavité utérine. Entre le troisième et le quatrième mois de la grossesse, il arrive qu’en cherchant à entendre les bruits du cœur fœtal on perçoive à l'oreille les mouvements actifs; c’est ce signe que Pajot a si heureusement décrit en ces termes : « Sous la pression du stéthoscope, on éprouve en même temps, à l’instant où le mouvement se produit, une double sensation de choc et de bruit brusque, mais d’une extrême légèreté, et Forcille frappée simultanément dans sa sensibilité générale et dans sa sensibilité spéciale reçoit à la fois une impression tactile et auditive. »
Ce bruit a été comparé à celui produit par la pulpe du doigt frappant sur une étofte tendue (Tarnier) ou au bruit produit en frappant avec le doigt une main appliquée sur l'oreille (Pinard). Il est dû au déplacement en totalité ou à des mouvements partiels du fœtus.
Parfois on entend un bruit rythmique, à cadence assez lente, qui parait produit par le choc de l’un des membres contre la paroi utérine (voy. p. 111).
b. Des bruits du cœur fœtal. — Ces bruits sont doubles, c’est-à-dire qu’ils sont constitués par une série de bruits, revenant deux par deux, séparés l’un de l’autre par un court intervalle et ressemblant au tic tac d’une montre. Entre deux tic tacs existe un intervalle assez long. Le premier des deux bruits est plus faible, moins éclatant que le second.
L'intensité des bruits varie suivant les fœtus : elle dépend de la force du muscle cardiaque. Chez le même fœtus cette intensité varie avec les différentes époques de la vie intra-utérine : elle augmente jusqu’à la fin du neuvième mois.
La perception des bruits du cœur est plus ou moins nette suivant qu’il existe des conditions favorables ou défavorables à leur transmission : il faut tenir compte de l’épaisseur des parois utérine et abdominale, de la quantité de liquide amniotique, de la situation du placenta, de l’orientation du fœtus dans la cavité utérine et même de la finesse de l’ouïe de raccoucheur. Il est facile de comprendre, en voyant la figure 110, que les bruits du cœur s’entendront dans la région abdominale la plus rapprochée de la zone marquée en noir au voisinage de Faisselle.