‹ Précis d'obstétriqueChapitre 106 sur 713 · PLACENTA MATERNEL · texte numérisé non relu

PLACENTA MATERNEL

vent s’ouvrir à plein canal dans les cavités que remplit le sang maternel, comme on peut le voir dans la figure 86.

« B. Placenta maternel. — Les coupes (fig. 84) pratiquées au voisinage de la surface des cotylédons indiquent une structure toute différente de celte que présente la région fœtale du placenta.

« Le fond de la préparation est formé d’éléments très délicats, sectionnés sous différents axes et séparés les uns des autres par des espaces libres, rcm-

Fig. 81. — Région materaelle du placenta.

CM, Cloison maternelle. VM, Vaisseau maternel s’ouvrant dans un espace sanguin. LS, Espace sanguin ou lacune sanguine. PV, Prolongements villeux.

plis de sang : ce sont les prolongements villeux (P V) que nous connaissons déjà, mais qui sont devenus excessivement nombreux ; on désigne sous le nom de lacunes sanguines les espaces qui les séparent; elles sont alimentées par le sang maternel

« Au milieu des prolongements villeux et des lacunes sanguines pénètrent, sous différents axes et avec différentes formes, des cloisons détachées du placenta maternel et que, pour la commodité de la description, nous appellerons tout simplement eZoisons maternelles [Çt M); elles portent avec elles les vaisseaux destinés à alimenter les lacunes sanguines. Comme on peut le voir sur la figure 84, ces cloisons sont constituées par un tissu conjonctif

PUÉCIS D’üD5TKT1;IQUE.

tu

PLACENTA MATEUNEL.

assez serré, entourant les orifices vasculaires. Ceux-ci sc voient dans notre préparation sous diflérents axes, mais ils sont tous entourés par une couche assez dense de fibres musculaires disposées en anneau autour de leur lumière. Au moment où les vaisseaux vont s’ouvrir dans les lacunes sanguines, la paroi musculaire disparait et il ne reste plus qu’une mince paroi endothéliale, s’ouvrant .à plein canal (VM) dans l’intervalle des prolongements villeux.

« En aucun point de leur trajet, en aucune région, les cloisons maternelles et les vaisseaux qu’elles renferment ne contractent d’adhérences avec les prolongements villeux ; il y a donc bien contiçjxiïté et non continuité du placenta fœtal et du placenta maternel. Toutefois les deux placentas mélangent incessamment leurs éléments et, sur la figure 85, on peut voir les bourgeons vasculaires, les papilles et les prolongements villeux arriver presque au contact de la limite périphérique du placenta maternel.

« Cette limite, que par opposition à la paroi placentaire fœtale nous appellerons paroi placentaire maternelle, est des plus délicates, c’est à grand’peine que nous avons pu la conserver dans la préparation que représente la figure 85. La paroi placentaire maternelle est tonnée de deux couches : 1“ une couche externe, épithéliale-, 2“ une couche interne, fibrillaire.

1“ La couche épithéliale, qui se sépare de l’utérus au moment de la délivrance, est constituée par des cellules relativement volumineuses et caractérisées par ce fait, signalé pour la première fois par Robin, qu’elles sont POLYiNUCLÉAiRES : cc sont les cellules déciduales (CD, lig. 85). Elles ne contribuent pas seulement à former la couche externe de la paroi placentaire maternelle, elles se retrouvent sur les prolongements villeux et sur les villosités, comme le montre la figure 85; elles protègent donc les organes placentaires fœtaux au milieu du sang qui les entoure de toutes parts et facilitent ainsi jusqu’à un certain point les phénomènes d’osmose qui président aux échanges nutritifs.

2“ La couche interne de la paroi placentaire maternelle est formée par des fibrilles conjonctives, d’abord assez denses, mais qui deviennent d’autant plus fines qu’on se rapproche davantage de la partie centrale du placenta. Elle indique, par une ligne de séparation très nette, la limite de cotylédons, qui paraît très précise d’ailleurs quand on examine macroscopiquement la face maternelle du placenta.

D’après cette description histologique, on conçoit que, si les deux placentas, maternel et fœtal, sont différents par la structure des organes qui entrent dans leur constitution, ils forment cependant un tout complet par l’intrication et les relations intimes de leurs éléments. En effet, d’une part, [q placenta fœtal se prolonge jusqu’à la paroi placentaire maternelle par ses bourgeons vasculaires, ses villosités et ses px'olongements villeux-, d’autre part, le placenta maternel prolonge ses cloisons jusqu’à la paroi placentaire lœtale et fournit, par les cellules déciduales, un revêtement aux organes d’absorption du fœtus.

i’LACENTA MATERNEL.

« De toutes les régions du placenta considéré comme un organe unique, la plus importante est certainement celle où les prolongements villeux plongent dans les lacunes sanguines; nous croyons être autorisé, pour bien indiquer cette région, à l’ériger en territoire histologique, absolument comme on l’a fait pour le lobule rénal et le lobule hépatique. Nous lui réserverons plus spécialement le nom de lac sanguin attribué d’une manière générale à toutes les parties du placenta où s’est collecté le sang maternel. En se reportant à la figure 85, on voit que, dans son ensemble, le territoire se trouve bien limité. 11 offre une forme plus ou moins allongée et ses limites sont assurées par les cloisons maternelles qu’on peut supposer réunies entre elles par des lignes fictives ; au centre se trouvent les lacunes sanguines et les prolongements villeux qui yplongent.

« Un second point est important: dans le placenta maternel, les vaisseaux, riches en éléments musculaires, ont absolument la même structure que les vaisseauxutérins qui leur donnent naissance; dans le placenta fœtal, au contraire, les vaisseaux pauvres en fibres musculaires sont très riches en éléments élastiques. Ces notions, fournies par l’histologie, viennent confirmer les idées déjà admises sur la nature des échanges physiologiques qui se produisent au sein du placenta. La mère joue, dans cet échange continuel d’actes nutritifs, le rôle capital, vraiment actif; non seulement elle apporte au fœtus un sang chimiquement approprié à sa nutrition et son développement; mais encore, grâce à ses vaisseaux à type musculaire, elle augmente la pression sanguine nécessaire à la pénétration des matériaux nutritifs dans l’intérieur des prolongements villeux. Le fœtus, au contraire, être absolument passif, possède dans son placenta des organes de texture fibro-élastique , d’uiie ténuité extrême, admirablement construits pour recevoir et filtrer sans efforts les principes alimentaires qui leur sont apportés.

« C. Région du grand sinus coronaire. — Quand le fœtus s’est suffisamment nourri aux dépens du sang maternel, il rapporte au placenta les

Fig. 8b. — Cette ligure est destinée à montrer les cellules déciduales CD, au niveau de la couche e.vterne de la paroi maternelle et sur les prolongements villeux.

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