VIABILITÉ DU FŒTUS
Séreuses. — Les membranes séreuses fonctionnent faiblement pendant la vie intra-utérine. C’est surtout au niveau des méninges cérébrales et spinales que se forme la sérosité la plus abondante (liquide céphalo-rachidien).
Dans certains cas pathologiques, le liquide est formé en trop grande abondance dans les séreuses [hydrocéphalie, hydrorrachis, hydrothorax, ascite).
'Jrine. — Pendant le premier tiers ou la première moitié de la grossesse, les corps de Wollî sécrètent et font l’office de reins temporaires, de ixins primordiaux. Lorsque leur rôle cesse, celui des reins commence : la sécrétion urinaire est admise par tous les auteurs.
11 n’en est pas de même de l’excrétion urinaire, au cours de la grossesse; nous avons vu, à propos des origines du liquide amniotique, les arguments invoqués par ceux qui considèrent l’urine émise par le fœtus comme l’une des principales sources du liquide amniotique. L’émission de l’urine pendant la vie intra-utérine doit être un fait exceptionnel; sur certaines coupes de f(i‘ tus encore contenus dans la cavité utérine on voit la vessie remplie d’urine. Diliérents auteurs (Pollack, Hofmeier, Martin, Parrot et Robin) ont étudié an point de vue chimique l’urine du nouveau-né et sont arrivés à des conclusions quelque peu contradictoires; E. Mensi* a repris ces recherches et conclut que l’urine du nouveau-né est ordinairement acide, qu’elle contient presque toujours de l’albumine qui disparaît du cinquième au dixième jour, et que par contre la présence du sucre y est rare.
Innervation. — Un ne sait rien de précis sur les fonctions du système nerveux pendant la vie intra-utérine; il semble que la sensibilité se développe d’assez bonne heure, mais les expéi’iences entreprises à cet égard ne sont pas absolument démonstratives.
Viabilité et vitalité du fœtus. — Lorsque le fœtus n’a pas de malformation organique importante, lorsque sa vitalité n’a pas été trop compromise au cours du travail et qu’il naitàterme, il est viajbie, c’est-à-dire apte a vivre DE LA VIE EXTRA-UTÉRINE ; il u’est même pas nécessaire pour cela qu’il vienne à terme, c’est-à-dire du 265® au 270® jour après la fécondation. Pendant le huitième et le neuvième mois de la grossesse, nombre de fœtus peuvent naître, vivre et se développer, si la cause qui a produit l’interruption de la grossesse n’a point en même temps exercé sur eux une action nocive.
Quant à la limite minima à établir au point de vue de la viabilité, elle est fixée par la loi au 180® jour après le dernier rapport sexuel; mais cette viabilité médico-légale ne concorde pas tout à fait avec la viabilité médicale, puisque ce n’est guère qu’à partir du 200® ou 210® jour que le nouveau-né est réellement bien viable.
Malgré les perfectionnements apportés par Tarnier dans ces dernières années à l’élevage des prématurés, c’est-à-dire des enfants nés avant terme, malgré l’emploi de la couveuse, du gavage, les enfants qui naissent au cours du septième mois n’ont guère chance de vivre; sans doute on élève des enfants qui ne pèsent que 1000 grammes à 1200 grammes au moment de
1 Academie de méd. de Turin, Giornale delta l\. acc., n»*-8 et 9, 1892.