MODIFICATIONS PHYSIOLOGIQUES DE L'UTÉRUS. 1G
L’extensibilité s’observe aussi bien sur le col que sur le corps de rutérus au moment de l’accouchement; c’est elle qui permet à la main de l’opérateur de pénétrer à travers un orifice incomplètement dilaté, d’achever sa dilatation par des pressions excentriques exercées par les doigts progressivement écartés afin de terminer rapidement l’extraction du fœtus.
Contractilité. — La contractilité de l’utérus est la propriété qu’ont Ijs fibres musculaires de cet organe de se raccourcir d’une manière intermittente de façon à diminuer temporairement la grandeur de la cavité utérine. Faible dans l’utérus à l’état de vacuité, cette propriété ne se révèle guère que par quelques contractions douloureuses au moment des règles ou par l’expulsion de caillots dans certains cas d’endométrite.
Au fur et à mesure que l’utérus gravide se développe, la contractilité s’éveille de plus en plus : l’organe se contracte à intervalles plus ou moins irréguliers sans douleur. Ces contractions de la grossesse, pendant lesquelles l’utérus durcit et se dessine nettement sous la paroi abdominale, se distinguent des contractions du travail (voy. chap. Phénomènes du travail) en ce qu’elles ne sont pas douloureuses et qu’elles durent plus longtemps.
Les contractions de la grossesse et du travail ont cependant des caractères communs : elles sont involontaires, lentes, intermittentes. La volonté de la femme ne peut rien sur l’apparition ou la disparition de la contraction utérine; une émotion morale (arrivée du médecin) suspend parfois pendant un certain temps les contractions, ou bien au contraire les accélère (vue d’un forceps, crainte d’une opération).
Les contractions utérines sont lentes. On admet en général que la contraction, partie du segment inférieur de l’utérus, gagne la zone moyenne et atteint le fond de l’utérus, pour disparaître ensuite de haut en has. De plus, la contraction utérine, faible au début, s’accroît peu à peu, atteint un maximum d’intensité, puis décroît progressivement jusqu’à disparition complète.
L’intervalle qui sépare deux contractions est variable non seulement pendant la grossesse, mais même pendant le travail; nous verrons que l’intermittence des contractions utérines varie suivant la période du travail qu’on observe.
Nombreuses sont les causes qui mettent en jeu la contractilité utérine. Les unes sont directes : ainsi un traumatisme exercé sur le col, l’introduction d’un corps étranger dans sa cavité, et surtout dans la cavité utérine proprement dite, le froid, la chaleur, les frictions extérieures agissent, mais d’une manière moins active. Les autres agissent indirectement : ainsi les expériences de Brown-Séquard ont montré que la présence d’acide carbonique en excès dans le sang éveille la contractilité utérine.
La contraction utérine peut être le résultat d’un réflexe à point de départ éloigné • telles les excitations portées sur le mamelon.
La contractilité utérine se trouve à la fois sous la dépendance du système nerveux ganglionnaire et du système nerveux cérébro-spinal.
Les courants galvaniques continus amènent des contractions utérines.
Quant à l’action de certains médicaments (ergot, rue, sabine, etc.), elle