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MODIFICATIONS DE LA PAROI ABDOMINALE

pâlissent, diminuent, mais ne disparaissent pas complètement. Lors d’une nouvelle grossesse, leur couleur blanche et nacrée les distingue des vergetures récentes. Parfois il se dépose du pigment au niveau des vergetures ou dans les intervalles qui les séparent.

Troisier et Ménétrier* ont montré que la lésion fondamentale qui caractérisait la vergeture consistait dans Y élongation et la rupture d’un certain nombre de fibres élastiques du derme. Normalement le derme est constitué par un feutrage régulier de faisceaux larnineux ondulés et entre-croisés en tous sens; au niveau d’une vergeture au contraire, par suite de la distension mécanique, les faisceaux sont devenus parallèles, se sont désunis et vraisemblablement rompus ou eLMés par place. Les vieilles vergetures nacrées

présentent absolument la même structure que les vergetures violacées des primipares; elles n’en dilfèrent que par quelques modifications vasculaires. D’après Troisier et Ménétrier la coloration rouge des vergetures récentes tient en effet très probablement à l’amincissement de la peau, qui rend plus apparent le réseau sanguin superficiel, tandis que la décoloration ultérieure est sans doute le résultat de l’oblitération progressive des vaisseaux étirés. Les mêmes auteurs considèrent la vergeture, non pas comme une atrophie cutanée (Ilebra et Kaposi, Er. Wilson, etc.) ni comme une cicatrice, mais comme une lésion

Fij. 126. — Mamelle de femme enceinte vue de profil, purement mécanique, qui, une

fois constituée, est indélébile.

Chez nombre de femmes, on trouve sur la ligne médiane de l’abdomen une raie brune, de quelques millimètres de largeur, allant du mont de Vénus à l’ombilic et se continuant jusqu’à l’appendice xiphoïde en se déviant un peu à droite. Cette ligne est surtout marquée chez les femmes brunes.

Les muscles et les aponévroses de la paroi antéro-latérale de l’abdomen sont repoussés en avant par l’utérus; ils s’allongent et s’amincissent; la ligne blanche s’écarte, devient moins épaisse et mesure Tl centimètres de largeur au niveau de l’ombilic (Cazeaux).

D’après Glénard (de Lyon) le losange, dessiné alors par la ligne blanche, a son angle inférieur à 7 centimètres au-dessus du pubis ; si pendant la grossesse cette ligne cède jusqu’à la symphyse, les muscles pourront glisser en arrière de l’utérus, qui basculera en avant.

* Soc. de Biologie, 1887, p. 593, et Annales de gynécologie, 1889, t. XXXI, p. 200.

SIGNES DE LA GROSSESSE

Modifications des seins. — Peu de temps après la conception, la femme éprouve des picotements du côté des seins qui augmentent de volume ; la peau devient plus tendue et vers la fin de la grossesse présente chez certaines femmes des vergetures plus ou moins marquées. En même temps le réseau veineux sous-cutané se développe et devient plus apparent.

L’aréole présente une coloration plus accentuée surtout chez les femmes brunes où elle est noirâtre ; elle est moins foncée chez les femmes blondes et reste rosée chez les rousses.

Elle subit une sorte de boursouflement, par suite duquel elle devient nettement convexe; à sa surface proéminent douze à quinze saillies, ce sont les tubercules de Montgommery hypertrophiés (fig. 126); à la périphérie de cette aréole vraie se dépose concentriquement une couche de pigment qui forme Varéole secondaire et qui présente une coloration différente au niveau et dans l’intervalle des follicules pileux : d’où le nom d’aréole tachetée ou mouchetée.

Le mamelon s’hypertrophie ; il devient plus sensible et plus érectile ; vers le milieu de la grossesse, il donne issue par la pression, quelquefois même spontanément, à un liquide épais, plus ou moins opalescent, qui empèse le linge : c’est le colostrum.

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