MODIFICATIONS DU SYSTÈME OSSEUX
L’intelligence devient généralement plus éveillée j par contre certaines femmes ont une tendance invincible au sommeil, surtout dans la journée et après chaque repas. Les troubles nerveux sont si communs au cours de la grossesse qu’ils en constituent de véritables signes (voy. p. 181).
Modifications du système cutané. — Laissant de côté les modifications cutanées que l’on observe au niveau des seins, de la paroi abdominale et des grandes lèvres, nous rappellerons qu’assez souvent du pigment se dépose sur le visage et forme ce qu’on appelle le masque de la grossesse.
Esbach a constaté la diminution de l’épaisseur des ongles pendant la gestation : cette épaisseur qui est de 34 centièmes de millimètre à l’état normal n’est plus alors que de 26 centièmes de millimètre.
Les tumeurs érectiles ou nævi s’hypertrophient et se pigmentent pendant h grossesse pour reprendre leur volume et leur coloration habituels après l’accouchement.
Modifications du système osseux. — Outre le ramollissement des articulations pelviennes, le système osseux des femmes enceintes présente deux particularités intéressantes : \ incurvation de la colonne vertébrale et la production des ostéophytes.
Par suite de l’augmentation de volume de l’utérus, le centre de gravité est déplacé en avant : pour conserver l’équilibre, la femme porte les épaules en arrière en exagérant la courbure de la région lombaire.
En 1838, Rokitansky trouva que chez plus de la moitié des femmes enceintes, il existait entre la table interne des os du crâne et la face externe de la dure-mère des dépôts d’une substance ressemblant à du tissu osseux : il les désigna sous le nom de néoplasmes osseux ou à' ostéophytes.
Ducrest les étudia le premier en France et pensa que ces productions étaient dues à l’état de gestation et non à un état pathologique.
Moreau continua ces recherches sur les ostéophytes crâniens qu’il divisa en 3 degrés : dans le premier degré, la surface interne du crâne, au lieu d’être blanche et lisse, présente quelques plaques arrondies de couleur foncée, de forme régulière, adhérentes à l’os et à la dure-mère, qui ont de 1 à 1 centimètre 1/2 de largeur sur un 1/2 millimètre d’épaisseur et peuvent être rayées par l’ongle quand elles sont à l’état frais.
Dans le 2^ degré, ces plaques sont plus étendues ; elles ne s’enlèvent pas facilement avec l’ongle. Elles sont abondantes dans la région frontale ; leur coloration est rouge. Lorsqu’on les examine à l’état frais, on les trouve composées d’un tissu spongieux, enfermé entre deux lames de tissu plus compact : elles se rapprochent des os plats par leur structure.
Dans le 3" degré, il n’existe pas de plaques isolées, mais une véritabè calotte osseuse, doublant la dure-mère, offrant une résistance et une épaisseur plus considérables que cette membrane. Elle tapisse toute l’étendue de la voûte du crâne, mais ne revêt qu’incomplètement la base.
Les ostéophytes ne sont pas exclusivement propres à la grossesse; Virchow les a souvent trouvés chez les phtisiques.
Leur présence ne provoque pas de troubles dans les fonctions cérébrales.
Modifications des articulations du bassin. — Elles subissent
MODII'ICATIONS DE LA PAROI ABDOMINALE.
toutes des modifications pendant la grossesse : au niveau de la symphyse du pubis, le fibro-cartilage augmente de volume et devient saillant sur la face Dostérieure de la symphyse. Les ligaments sont plus rouges, plus élastiques, et s’allongent pour faciliter l’écartement du pubis au moment de l’accouchement.
Il existe des mouvements au niveau de la symphyse pubienne : pour s’en rendre compte il suffit de recourir au procédé de Budin qui consiste à introduire te doigt dans le vagin, la femme étant debout; la pulpe de l’index est dirigée en haut et exactement appliquée sur le bord inférieur de la symphyse. A chaque pas, on sent l’une des branches osseuses qui chevauche sur l’autre et refoule le doigt en bas. Parfois le ramollissement est tel que la marche devient pénible ou même impossible.
Les symphyses sacro-iliaques subissent des modifications moins profondes; cependant le tissu interarticulaire et les ligaments périphériques deviennent plus humides et plus souples.
La mobilité augmente aussi dans les articulations sacro-coccygienne et inter-coccygienne : ce qui facilite la rétropulsion du coccyx au moment de l’expulsion du fœtus.
Modifications de la paroi abdominale antérieure. — Elle se laisse plus ou moins distendre par l’utérus gravide : cette distension varie suivant que la femme est dans le décubitus dorsal ou dans la station verticale (Schrœder).
11 n’est pas du tout constant que la dépression ombilicale devienne plus profonde pendant les deux premiers mois de la grossesse, par suite du tiraillement exercé par l’utérus abaissé sur le ligament qui a remplacé l’ouraque. Nous avons vu (p. 150) que cet abaissement temporaire de l’utérus était loin d’être admis par les meilleurs auteurs.
\j' effacement de la dépression ombilicale s’observe à mesure que l’utérus s’élève dans la cavité abdominale et devient complet vers le septième mois; dans les deux derniers mois, la peau de la cicatrice ombilicale fait même une saillie légère en avant de la paroi abdominale.
En outre, la peau de l’abdomen des femmes enceintes est sillonnée par des stries qu’on appelle vergetures {striæ gravidarum) ; elles siègent surtout dans la région sous-ombilieale. Elles sont dues à des éraillures du derme produites par distension. Elles sont superficielles et légèrement déprimées; rarement elles deviennent saillantes par infiltration séreuse du tissu conjonctif sous-cutané.
Elles apparaissent vers le cinquième et le sixième mois de la grossesse, et ne sont bien marquées que dans les trois derniers mois. Leur nombre est très variable. Elles peuvent manquer dans une proportion de 6,6 (Hecker) à 10 pour 100 (Grédé). Pinard a observé une femme accouchant pour la quinzième fois et ne présentant pas la moindre éraillure au niveau de la paroi abdominale. — Chez quelques femmes on les rencontre aussi sur la partie antérieure des cuisses, sur les fesses et même sur le dos.
Les vergetures qui se produisent pendant une gressesse ont une teinte rosée, quelquefois violacée, rouge bleuâtre; aprèf l’accouchement, elle;
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