KRUIT DE SOUFFLE MATERNEL
le souftle continuera à être perçu. » En réalité pour Gaulard le souffle utérin siège dans la partie maternelle du placenta, de telle sorte qu’il « se range ainsi à la théorie utérine, soutenue par la plupart des accoucheurs modernes, avec cette réserve toutefois que si le phénomène se passe dans l’épaisseur des parois de la matrice, il se produit au niveau même de l’insertion placentaire ».
2“ Théorie iliaque. — D’après cette théorie, défendue surtout par Bouillaud, le hruit de souffle résulterait de la compression des gros troncs artc-' riels (aorte, artères iliaques, etc.), par l’utérus gravide, de la même manière qu’un hruit de souffle se produit toutes les fois qu’une tumeur comprime un gros tronc artériel.
En faveur de cette théorie on invoque différentes raisons : le hruit de souffle n’apparaît qu’à une époque où l’utérus est assez volumineux et assez élevé pour comprimer les vaisseaux iliaques, il siège près de ces vaisseaux sur les parties inférieures et latérales de l’ahdomen.
Or, ces raisons ne sont pas valables puisque Verardini a entendu le souffle abdominal vers le deuxième ou le troisième mois de la grossesse. De plus, l’im des caractères du souffle utérin, c’est d’être mobile, on l’entend souvent sur la partie antérieure de l’utérus. Lorsque l’utérus se contracte, il ne peut agir qu’en diminuant le calibre des vaisseaux utéz'ins ; pourquoi le souffle serait-il alors modifié dans ses caractères, puisque la contraction ne détermine pas de changement dans le calibre des vaisseaux iliaques?
5® Théorie épigastrique. — Kiwisch, puis Glénard dans son premier mémoire, ont localisé le bruit de souffle maternel de la grossesse dans l’artère épigastrique ; le bruit de souffle est plus intense en effet à mesure qu’on se rapproche de cette artère, et, si l’on vient à la comprimer, le bruit de souffle disparaît dans la moitié correspondante de l’abdomen.
Dans un second mémoire, Glénard (1876) abandonne la théorie épigastrique, pour placer le bruit de souffle dans une artère située sur la paroi antérolatérale de l’utérus qu’il appelle artère puerpérale, et qui n’est autre qu’une branche anastomotique reliant l’artère utérine à l’artère utéro-ovarienne.
Glénard, qui avait été le principal auteur de la théorie épigastrique, s’est donc rallié à la théorie utérine.
4® Théorie utérine. — Elle a été émise pour la première fois par P. Dubois, qui admettait l’existence entre les artères et les veines de larges communications anastomotiques, et attribuait le bruit de souffle au mélange brusque du sang artériel et du sang veineux. Or, Jacquemicr a démontré que ces communications n’existent pas.
Corrigan, Carrière et Depaul expliquent le bruit de souffle par un changement dans le calibre des artères utérines, dont les divisions ont sur les bords latéraux de l’organe un calibre supérieur à celui du tronc qui leur donne naissance ; on sait, en effet, qu’un liquide qui circule dans un tube produit un certain bruissement quand le calibre de ce tube n’est pas régulier, et qu’à un rétrécissement succède une dilatation.
Quant au souffle qu’on rencontre en dehors des parties latérales de l’iitérus, Depaul l’explique par une compression de dedans en dehors des artères
érines par les différentes saillies du fœtus.