BRUITS DU CŒUR FŒTAL
Quelle est celle de ces différentes théories qu’il faut adopter ? Aucune exclusivement. Sans doute la théorie utérine est la plus plausible, et généralement c’est dans les vaisseaux utérins que se produit le bruit de souffle ; mais il peut avoir lieu dans d’autres vaisseaux du voisinage de l’organe gestateur.
C’est ainsi que récemment Fochier a constaté, par le toucher, sur les artères utérines, à un centimètre de la paroi utérine, « une dépression très superficielle faisant apparaître un trille continu avec renforcement en rapport manifeste avec les productions du bruit de souffle » .
Ce qu’on peut affirmer, en raison de son isochronisme avec le pouls de la mère, c’est que ce bruit de souffle est un bruit de souffle maternel.
Bruits fœtaux. — Entre le troisième et le quatrième mois de la grossesse, il arrive qu’en cherchant à entendre les bruits du cœur fœtal on perçoive à l’oreille les mouvements actifs ; c’est ce signe que Pajot a si heureusement décrit en ces termes : « Sous la pression du stéthoscope, on éprouve en même temps, à l’instant où le mouvement se produit, une double sensation de choc et de bruit brusque, mais d’une extrême légèreté, et l’oreille frappée simultanément dans sa sensibilité générale et dans sa sensibilité spéciale reçoit à la fois une impression tactile et auditive. »
Ce bruit a été comparé à celui produit par la pulpe du doigt frappant sur une étoffe tendue (Tarnier) ou au bruit produit en frappant avec le doigt une main appliquée sur l’oreille (Pinard). Il est dû au déplacement en totalité ou à des mouvements partiels du fœtus. Parfois on entend un bruit rythmique, à cadence assez lente, qui paraît produit par le choc de l’un des membres contre la paroi utérine (voy. p. 182).
Des bruits du cœur fœtal. — Ces bruits sont doubles, c’est-à-dire qu’ils sont constitués par une série de bruits, revenant deux par deux, séparés l’un de l’autre par un court intervalle et ressemblant au tic-tac d’une montre. Entre deux tic-tac existe un intervalle assez long. Le premier des deux bruits est plus faible, moins éclatant que le second.
L’intensité des bruits varie suivant les fœtus ; elle dépend de la force du muscle cardiaque Chez le même fœtus cette intensité varie avec les différentes époques de la vie intra-utérine : elle augmente jusqu’à la fin du neuvième mois.
La perception des bruits du cœur est plus ou moins nette suivant qu’il existe des conditions favorables ou défavorables à leur transmission : il faut œnir compte de l’épaisseur des parois utérine et abdominale, de la quantité de liquide amniotique, de l’orientation du fœtus dans la cavité utérine et même de la finesse de l’ouïe de l’accoucheur. Il est facile de comprendre, en voyant la figure 129, que les bruits du cœur s’entendront dans la région abdominale la plus rapprochée de la zone marquée en noir au voisinage de l’aisselle.
Le nombre moyen des battements du cœur fœtal est d’environ 140 (Depaul) ou 155 (Nægele fils) par minute. Les limites extrêmes dans les cas où le fœtus est né bien portant sont 120 et 160 (Depaul). Cependant Pinard a observé à ïa clinique Baudelocque un fœtus dont les battements du cœur ne dépassaient