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DÉSINFECTION DES MAINS

Swietcn dédoublée, solution de biiodure de mercure à 1 pour 4 000) ; les doigts (et particulièrement celui qui va servir à pratiquer le toucher) seront brossés sur toute leur longueur.

les précautions que nous venons d’indiquer pour la désinfection des mains doivent être prises parles personnes (sage-femme, infirmière) qui soigneront la femme après l’accouchement; le contact avec les organes génitaux de la femme de mains, de doigts qui ne sont pas absolument propres, est dangereux.

La désinfection des mains doit être plus ou moins rigoureuse suivant qu’elles ont été ou non en contact récent avec des matières septiques; dans ce dernier cas, il faut redoubler de précautions, prolonger le brossage savonneux des mains pendant 4 ou 5 minutes et tremper ensuite les mains dans une solution fortement antiseptique.

Différents procécés ont été indiqués en pareils cas : ainsi Bélaieff prépare une pommade avec de la vasselinc (5 à 8 parties) et de la poudre d’aquamarina (couleur bleue, 1 partie). Les mains en sont enduites ainsi que les doigts aussi complètement que possible, puis lavées avec un savon et une brosse. Quand la vaseline est conlplètement enlevée (ce que l’on reconnaît à la disparition des grains bleus), on lave les mains dans une solution de sublimé.

Ce procédé est moins usité que le suivant : après un fort savonnage et brossage des mains, on les trempe dans une solution de permanganate de potasse à 10 pour 1000; les mains prennent une coloration brunâtre très accentuée qui disparaît lorsqu’on les plonge dans une solution de bisulfite de soude à 20 pour 100 (procédé de Duclos).

L’alcool, l’éther, le chloroforme, peuvent encore servir à la désinfection des mains en enlevant les substances grasses qui les recouvrent; l’alcool est particulièrement utile en dissolvant ces matières grasses, de telle sorte que les antiseptiques peuvent détruire directement les microbes.

Furbinger propose le mode de désinfection suivant, qui demande 4 à 5 minutes : 1® ongles nettoyés à sec avec un instrument quelconque; 2® mains brossées une minute à l’eau chaude et au savon ; 3® lavage des mains pendant une minute dans l’alcool à 80 degrés ; enfin, nouveau brossage des mains dans une solution de sublimé à 2 pour 1000 ou phéniquée à 3 pour 100 pendant une minute.

C’est ce procédé qu’Auvard a quelque peu modifié de la manière suivante : 1° ongles taillés courts et nettoyés avec une pointe : 2® immersion des mains et des avant-bras dans une solution à partie égales de teinture d’iode et d’alcool; 3® savonnage des mains avec une brosse à ongles, jusqu’à décoloration, c’est-à-dire pendant 3 à 4 minutes; 4® immersion des mains et des avant-bras dans l’alcool à 80 degrés ; 5“ nouveau savonnage des mains et des avant-bras pendant une minute ; enfin 6® immersion pendant une minute dans une solution de sublimé à 1 pour 2000.

Reinicke’, sur les conseils de Zweifel, a fait de nouvelles recherches bactériologiques sur la désinfection des mains. D’après lui, les antiseptiques chimiques généralement employés (acide phénique, sublimé, chlore, lysol, etc.)

* Centralh. fur Gyn., nov. 1894.

DESINFECTION DES MAINS.

pendant le temps qu’on consacre en pratique à la désinfection des mains et au degré de concentration toléré par la peau, n’assurent pas la désinfection parfaite des mains. L’asepsie absolue s’obtient très vraisemblablement par le nettoyage des mains, savonnage et brossage durant 5 minutes, suivi d'un brossage de 5 à 5 minutes dans Valcool à 90® et nouveau lavage dans un liquide aseptique. Un simple brossage de 5 minutes dans l’alcool suffit quand il faut aller vite. D’après Reinicke, l’alcool agit mécaniquement en enlevant les microbes avec les productions grasses de la peau dans lesquelles ils sont logés; il est utile, après le lavage dans l’alcool, de passer les mains dans de l’eau stérile ou dans un liquide antiseptique pour enlever des mains l’alcool qui peut contenir des germes. Le même alcool peut servir plusieurs fois à la désinfection des mains, à la condition de ne pas l’étendre d’eau et de le filtrer chaque fois pour le débarrasser des produits épidermiques. Dans la pratique, on peut se servir d’alcool dénaturé qui est d’un prix moins élevé que l’alcool à 90®. Cette désinfection par l’alcool est supérieure à la désinfection par l’éther : elle nous paraît très utile dans les cas où la main, l’avant-bras, doivent pénétrer profondément dans les organes génitaux.

Au bout de combien de temps des mains septiques, ayant fait par exemple une autopsie, une délivrance artificielle chez une femme infectée, ayant été en contact avec du pus, sont-elles devenues suffisamment aseptiques pour pouvoir être mises sans danger en contact avec les parties génitales d’une parturiente? En d’autres termes, au bout de combien de temps un médecin, ayant subi par nécessité professionnelle un de ces contacts dangereux, peut-il faire un accouchement? C’est là une question fort importante au point de vue de la pratique obstétricale, mais qui ainsi est mal posée.

Ce n’est point, en effet, une question de temps, mais bien de désinfection; si celle-ci est bien faite, complète, il semble, d’après la majorité des accoucheurs, qu’il soit inutile d’interrompre ses occupations. Ainsi, en Allemagne, les étudiants pénètrent dans les salles d’accouchement, même quand ils ont disséqué le matin ou la veille; on les oblige seulement à se désinfecter soigneusement avant de pénétrer dans le service.

11 y a longtemp déjà que J.-L. Championnière affirmait qu’on pouvait faire sans danger un accouchement quelques heures après une autopsie, à la condition de se désinfecter complètement : « On prend, dit-il, mille précautions inutiles et l’on néglige celle-là. Si un interne sait se purifier suffisamment, il peut vaquer à toutes ses occupations, faire tes autopsies qui sont de son devoir, faire de l’anatomie et examiner ses malades sans danger. S’il est négligent des précautions antiseptiques, il aura beau se condamner à des quarantaines, il viendra toujours un moment où il empoisonnera ses accouchées. Des gens qui ne font jamais d’autopsies en tuent souvent beaucoup plus que des anatomistes soigneusement antiseptiques. »

Ces affirmations prouvent l’importance des mesures de désinfection et d’antisepsie; cependant, est-il sage de jouer ainsi avec le danger? N’est-il pas plus prudent de s’abstenir au moins pendant vingt-quatre heures de toute intervention, malgré une désinfection soigneuse? Ce terme de vingt-quatre heures

DE L’ASEPSIE OBSTETRICALE.

n’est d’ailleurs qu’une simple indication ; il faut en effet distinguer la gravité de l’infection qu’on a eu à soi>ïner, la nature, la durée des soins donnés et enfin le genre de soins que l’on donnera à la nouvelle accouchée.

Toutefois le médecin ne saurait prendre des précautions trop minutieuses auprès d’une accouchée, lorsqu’il a fait une autopsie, pansé une plaie suppurante ou soigné un érysipèle, un anthrax, une fièvre éruptive, une maladie infectieuse quelconque ; s’il n’a pas eu le temps de se livrer à une désinfection soigneuse, mieux vaut qu’il s’abstienne de tout examen : primo non nocere. Il y a là quantité de nuances que nous ne pouvons qu’indiquer.

Le critérium est du reste facile à trouver : jamais un médecin ne doit approcher et surtout soigner une femme enceinte, en travail ou accouchée dans des conditions qu'il jugerait dangereuses pour sa propre femme-, il est triste de dire que quelques médecins sont à ce sujet trop enclins à l’optimisme; n’est-il pas singulier de voir que les femmes, sœurs, parentes de médecins fournissent, en clientèle, une forte proportion de mortalité et de morbidité? C’est ce que Barnes avait constaté en ces termes : « Nous avons trop souvent vu les femmes de médecin être prises de fièvre puerpérale, nous sommes certains que la fièvre puerpérale les atteint plus souvent que les autres femmes appartenant à la même classe sociale. »

En résumé, il nous semble plus prudent que le médecin qui se livre à l’art des accouchements, s’abstienne de pratiquer des autopsies et même de soigner des malades atteints de plaies suppurantes, d’affections septiques ou contagieuses (en particulier la scarlatine). — Il faut cependant tenir compte des nécessités de la pratique : le médecin qui est obligé de soigner des malades en même temps que des accouchées, doit visiter celles-ci les premières et avoir à leur domicile des vêtements de toile, une blouse qu’il endosse à chaque visite, mais il doit surtout avoir à sa disposition les antiseptiques nécessaires à la désinfection de ses mains.

Vêtements. — On a cependant quelque peu exagéré l’importance des vêtements au point de vue de la production et de la propagation des accidents de septicémie puerpérale ; sans doute il est imprudent qu’un médecin touche une femme, alors que son avant-bras est recouvert d’une chemise sale et d’un vêtement malpropre : mais il ne faut pas exagérer les choses, et à moins qu’ils n’aient eu un contact suspect, il suffit de brosser les vêtements, de les aérer, pour qu’ils ne soient pas dangereux.

Au contraire, sous aucun prétexte, on ne doit se rendre auprès d’une accouchée avec des vêtements qui ont séjourné dans un amphithéâtre ou dans une pièce où se trouvait une femme infectée; les vêtements avec lesquels on a soigné une femme atteinte de septicémie doivent être brûlés, comme le faisait Braxton Hicks dès 1861, ou mieux passés à l’étuve à vapeur sous pression.

Dans les services d’accouchements, il est de règle à l’heure actuelle que toutes les personnes qui donnent des soins aux accouchées quittent leurs vêtements de ville pour endosser une blouse de toile; c’est là une précaution très utile à tous points de vue et dont l’usage commence à se répandre

DE L'ASEPSIE OBSTÉTRICALE.

dans la clientèle de la ville. Dans quelques services même, avec plus de logique encore, le personnel a les avant-bras nus jusqu’au coude : de cette manière, il n’est pas possible qu’il y ait transmission microbienne par les vêtements.

Linge. — 11 va de soi que le linge qui sert à l’accouchée (chemises, serviettes, draps) doit être aussi propre que possible ; dans les Maternités il est utile que le linge qui sert pour les femmes et pour les nouveau-nés passe à l’étuve en revenant du blanchissage.

Pansements (coton antiseptique, étoupe, etc.). ■ — L’expérience a montré que, lorsque la femme est accouchée, il est bon de lui faire un pansement vulvaire qui mette autant que possible la cavité vaginale et surtout la cavité utérine à l’abri des germes du dehors.

Au début de la méthode antiseptique, on appliquait au-devant de la vulve un pansement humide qui était formé d’une compresse antiseptique, phéniquée par exemple, et recouvert d’un imperméable pour empêcher l’évaporation. La compresse avait besoin d’être renouvelée plusieurs fois dans la journée et le liquide dont elle était imprégnée déterminait parfois un érythème assez intense au niveau de la face interne des cuisses.

On emploie actuellement du coton hydrophile qui est suffisant à la condition d’être stérilisé; le tampon mis au niveau de la vulve doit être épais et maintenu par une serviette repliée entre les deux cuisses; souvent ce coton est imprégné à l’avance d’un antiseptique (coton au sublimé, à l’acide phénique, à l’iodoforme, etc.). L’étoupe préparée avec les mêmes substances est aussi bonne et d’un prix moins élevé.

On se sert encore des gazes que l’on trouve toutes préparées dans le commerce (gaze iodoformée, phéniquée ou au salol); mais il n’es t pas nécessaire, sauf certaines indications spéciales, que le pansement qui est appliqué sur la vulve soit imprégné d’un antiseptique : il faut surtout quil soit stérilisé. On trouve actuellement dans le commerce des boîtes de métal dans lesquelles sont superposées des rondelles de coton stérilisé.

Vaseline. — Pour pratiquer le toucher, on enduit le doigt de vaseline stérilisée pure ou additionnée d’un antiseptique ; sublimé, acide phénique, ou même acide borique. Ce corps gras a remplacé le cérat dont on se servait autrefois et qui a l’inconvénient de rancir et de se conserver difficilement ; c’est pour la même raison qu’on ne doit pas se servir de beurre, etc. Mieux vaut pratiquer le toucher avec le doigt simplement humecté d’un liquide antiseptique que de l’enduire d’un corps gras qui n’est pas anseptique ou qui peut fermenter dans le vagin. Cette précaution indispensable chez la femme en travail n’est pas moins utile au cours de la grossesse.

L’huile d’olive stérilisée donnerait à cet égard toute sécurité, mais l’inconvénient de l’huile est de ne pas bien s’attacher au doigt ; rien n’est plus facile que de tacher ses vêtements ou le linge de la femme lorsqu’on s’en sert.

La vaseline, lorsqu’elle est à une température suffisamment froide, ne présente pas cet inconvénient; pendant l’été, elle a celui de fondre: aussi est-il utile de la tenir en un endroit liais.

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