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SULFATE DE CUIVRE

lesquels il est en contact, une coloration brunâtre que connaissent bien ceux qui se trempent les mains dans une solution de permanganate.

Le permanganate a été employé en chirurgie comme désinfectant par Demarquay, en obstéü’ique par G. Braun, Winckel, Tarnier, avant que la méthode antiseptique fût connue. Tarnier conseille de se servir de la solution à 0 gr. 50 centigrammes de permanganate de potasse par litre, la solution au millième donnant lieu à une certaine sensation de brûlure. Les expériences qu’il a faites avec Vignal lui ont montré que ces deux solutions avaient à peu près le même pouvoir microbicide ; que, d’autre part, le permanganate de potasse était un agent efficace contre le vibrion septique de la fièvre putride causée par la rétention du placenta ou des membranes.

Cet antiseptique est recommandable lorsqu’il y a des plaies anfractueuses qui peuvent beaucoup absorber, chez les albuminuriques et chez les femmes qui ont des phénomènes d’intoxication par le sublimé ou l’acide phénique. Tarnier le conseille tout particulièrement en injection intra-utérine chez les femmes récemment accouchées et ayant de la fièvre. — 11 a cependant l’inconvénient de teindre en brun les linges, les mains, tout ce qui est en contact avec lui.

Sulfate de cuivre. — Le sulfate de cuivre (couperose bleue, vitriol bleu) est un sel qui se vend dans le commerce en gros cristaux d’un beau bleu : il est bon marché, et à la température ordinaire se dissout dans trois parties d’eau.

Cette substance est employée depuis longtemps par les agriculteurs pour le chaulage du blé et plus récemment par les viticulteurs pour arroser les ceps de vigne atteints de mildew.

En chirurgie, on s’en est servi comme pansement pour les plaies et pour les trajets fistuleux (liqueur de Villate).

Les recherches expérimentales de O’Nial, de Jalan de la Croix, de Miquel ont montré que c’est un antiseptique assez puissant; aussi a-t-il été employé pendant quelque temps dans les laboratoires par Pasteur et ses élèves, par Paul Bert et Capitan, pour stériliser les liquides ensemencés.

C’est Yinckel (1878) qui l’a employé le premier en obstétrique à une dose variant de 10 à 25 grammes pour 1000. En 1884, Charpentier s’en servit à la Clinique de la rue d’Assas à la dose de 10 pour 1000, et les résultats obtenus furent consignés dans la thèse de Marry (1884). Cependant l’usage du sulfate de cuivre s’est peu généralisé.

Tarnier, qui Ta expérimenté récemment, trouve que la solution à 10 pour 1000 est trop concentrée; en injections vaginales elle cause aux femmes une sensation de brûlure désagréable ; de plus les mains des infirmières qui s’en servent deviennent « bleuâtres, œdématiées, rugueuses et sillonnées de crevasses ».

La plupart de ces inconvénients disparaissent lorsqu’on se sert d’une solution à 5 pour 1000, qui donne de bons résultats au point de vue expérimental et clinique. Tarnier lui trouve cependant quelques inconvénients : cette solution est impropre au lavage savonneux des mains et par conséquent des parties génitales externes; elle forme des grumeaux blanchâtres qui

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