SONDES INTRA-UTÉRINES
talon deux anses latérales qui permettent de la fixer lorsqu on s en sert pour faire de l’irrigation continue.
Ces sondes ont l’inconvénient de ne pouvoir être lavées, écouyillonnées dans leur intérieur ; aussi a-t-on cherché à construire des sondes intra-utérines qui se démontent et peuvent être séparées en deux valves distinctes.
Fig. 142. — Sonde intra-utérine de Budin.
Pajot et d’autres accoucheurs ont construit des sondes .sur ce modèle : elles sont d’un mécanisme un peu compliqué et ne fonctionnent pas toujours bien.
Fig. 145. — Coupe des dillérenls calibres de sonde intra-utérine de Budin.
D’ailleurs si l’on a le soin, après chaque injection, de faire passer un courant antiseptique dans le conduit d’une sonde intra-utérine ordinaire, puis
Fig. 144. — Sonde de Doléris ouverte et fermée.
de la flamber ou mieux encore de la faire passer à l’étuve si elle est en métal, on est sûr que la sonde est ainsi rendue aseptique.
Une autre préoccupation, celle d’assurer le retour facile du liquide introduit dans la cavité utérine, a été le point de départ de la fabrication des sondes à double courant : le canal de ces sondes est généralement divisé en deux par une cloison longitudinale. Le liquide est amené dans l’utérus par l’un des canaux et, après avoir pénétré par une fente longitudinale, est
SONDES INTRA-UTERINES.
ramené par le second canal. Telles sont les sondes d’Avrard, de Militano (fig. 141), de Bozeman, etc., mais elles ont l’inconvénient de ne pas toujours permettre le retour des liquides lorsque l’orifice de pénétration vient à s’obstruer.
Il en est d’autres, qui répondent au même but, celui d’assurer le retour du liquide, et qui ne sont pas à proprement parler des sondes à double cou-
rant, puisqu’elles ne renferment pas de conduit distinct pour le retour du liquide.
Ainsi, la sonde de Pajot se compose d’une gouttière, dont la coupe a la forme d’un demi-anneau : elle loge un canal cylindrique qui sert de conduite a l’eau de l’injection et se termine dans une tête mobile percée de trous et
qui, au moyen de vis, fixe le tube à la gouttière. Le courant de retour se lait entre le canal central et la gouttière de cette sonde.
Budin a imaginé une sonde (fig. 142) qui ressemble à une sonde arrondie dont on aurait refoulé une partie de la paroi vers la cavité centrale ; une coupe perpendiculaire à la surface ne donne pas la figure d’un cercle, mais celle d’un fer à cheval (d’où, le nom de sonde en fer à cheval) (fig. 143). Le liquide, après avoir pénétré dans l’utérus, peut sortir de la cavité de cet organe en suivant la dépression profonde qui existe le long de la sonde et qui est formée par la courbure la plus petite du fer à cheval. ^
APPAREILS POUR INJECTIONS
L’orifice interne peut s’applicjucr sur la sonde au moment de la contraction utérine : il reste toujours au niveau de l’anneau musculaire qui étreint l’instrument une ouverture pour l’écoulement du liquide. Tarnier, tout en trouvant cet instrument ingénieux, se demande « si la muqueuse du col de l’utérus ne bouche pas le canal de sortie et n’empêche pas le retour du liquide » ; il lui reproche en outre de ne pouvoir être facilement rendue aseptique, et préfère les sondes de verre, construites sur le même modèle, dont se sert Champetier de Ribes.
Cette sonde, comme celle de Hubert (de Louvain), de Collin, de Cordes, a une forme invariable; il est d’autres sondes quisonl dilatatrices, c’est-à-dire qui permettent d’agrandir l’espace servant au retour du liquide. Ainsi, la sonde de Doléris (fig. 144) se compose d’un tube unique en métal, recourbé à la façon d’une pince ; les branches de la pince sont formées de deux conduits demi-cylindriques qui peuvent être mis au contact par leur face interne ; à leur extrémité libi’e se trouvent les orifices de sortie ; ces deux conduits communiquent entre eux au niveau de leur coudure, à la surface convexe de laquelle se trouve un téton creux qui s’adapte au conduit de caoutchouc. La sonde est introduite fermée, c’est-à-dire les deux branches étant juxtaposées; un mécanisme très simple, placé près de l’extrémité extérieure de la sonde, permet d’en écarter les branches une fois introduites dans la matrice, à la façon des branches d’un dilatateur, et de les maintenir à l’écartement voulu. Le segment inférieur de l’utérus reste ouvert, laissant alors une voie de retour aussi large que possible au liquide injecté, ainsi qu’aux débris solides contenus dans l’utérus, ou même dans le vagin. C’est un lavage à grande eau du conduit utéro-vaginal maintenu béant.
Mathieu a également fabriqué une sonde (fig. 145) qui, grâce à un robinet régulateur, permet de ne débiter que la quantité d’eau que l’écartement des deux branches permet d’évacuer.
Sur les indications de Tarnier, Collin a construit un instrument (fig. 146) analogue à celui de Hubert (de Louvain) : il se compose d’une sonde en métal, terminée par une extrémité arrondie qu’on peut dévisser et qui est percée de deux yeux latéraux; le long de cette sonde, lui formant une sorte de gaine, se trouvent deux arcs métalliques mobiles, qui peuvent être rapprochés ou écartés de la sonde à volonté. « Pour introduire l’instrument, on met ces arcs en contact avec la sonde; puis, quand celle-ci a pénétré dans l’utérus, on actionne la vis et les arcs s’écartent en arrière, en créant un intervalle qui servira au retour du liquide, » (Tarnier.) Lepage a fait couper par son milieu la sonde en métal de Pinard de manière qu’elle puisse être mise dans une boîte de 19 centimètres de longueur; elle est ainsi facile à emporter dans la poche, même après avoir été stérilisée.
Quelle est la meilleure de ces sondes? Aucune n’est parfaite; chaque accoucheur trouve celle dont il a l’habitude de se servir — et surtout celle qu’il a inventée — supérieure aux autres.
Bassins. — Les modèles de bassins destinés à recevoir les liquides des toilettes et des injections sont nombreux, depuis le bassin plat en faïence jusqu’aux appareils en tôle émaillée plus ou moins compliqués.
APPAREILS POUR INJECTIONS
Les plus simples nous paraissent les meilleurs, à la condition qu’ils puissent être facilement nettoyés. Le bassin plat n’est peut-être pas suffisant à cet égard; si l’on s’en sert, il faut en avoir deux, l’un pdur recueillir les déjections, l’autre pour recevoir le liquide des toilettes.
La simple cuvette de bidet en faïence — ou même en métal — peut servir; mais elle est souvent trop haute, trop profonde; elle impose à l’accouchée, dont les reins portent alors à faux, une position fatigante.
Le bassin le plus commode est une sorte de bidet en tôle émaillée, présentant une forme oblongue, un peu plus large à l’une de ses extrémités : ce bassin est léger, facile à nettoyer, et sert uniquement pour les toilettes de la femme. Il manque un peu de profondeur; lorsque l’injection dépacse un litre et demi ou deux litres, ou lorsque la femme est un peu forte, lo liquide déborde et peut inonder le lit.
Il existe un certain nombre de bassins avec des tuyaux de déversement, de telle sorte qu’ils se vident au fur et à mesure qu’ils se remplissent. Lorsqu’on pratique une irrigation chaude pour une hémorrhagie, on se sert avec avantage d’un bassin imaginé par Pinard ; sur les parois latérales d’un bidet en tôle émaillée, au niveau de la partie la plus large, sont percées deux petites ouvertures : c’est par une de ces ouvertures, à laquelle on ajuste un tube de caoutchouc, que s’écoule le trop-plein du bassin, de telle sorte que jamais le liquide ne dépasse une certaine hauteur sans s’écouler au dehors.
Ces appareils se trouvent dans les Maternités ou peuvent être achetés dans la clientèle aisée; dans la pratique courante, lorsqu’on a besoin de faire une irrigation de 5, 6, 8, 10 litres de liquide ou même davantage, il est préférable de mettre la femme en travers du lit les jambes écartées, et de recueillir le liquide dans un seau posé à terre : on dispose sous le siège de la femme une toile cirée ou des draps doublés de plusieurs épaisseurs de papier, et sur lesquels coule le liquide pour se déverser dans le seau.
L’irrigation continue exige une installation particulière que noua décrirons à propos du traitement des septicémies puerpérales.
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