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UU FŒTUS DANS LA CAVITÉ UTÉUINE

l’utérus, se développant dans les six premiers mois aux dépens de son fond, est très évasé à la partie supérieure, très étroit au contraire dans son segment inférieur, ne voit-on pas que l’extrémité pelvienne qui, dans l’état de pelotonnement où se trouvent les membres inférieurs, constitue une masse beaucoup plus volumineuse que la tête, doit se loger tout naturellement dans le point le plus éloigné de l’organe, c’est-à-dire vers le fond, et par conséquent la tète se porter vers le col? Sans aucun doute, dans les trois derniers mois, la partie inférieure s’évase presque autant que le fond de la matrice, mais alors la longueur verticale est trop considérable pour qu’il puisse traverser le diamètre transversal de l’utérus, et, à moins de circonstances exceptionnelles, il reste forcément dans la position qu’il avait d’abord

prise En un mot, le fœtus renfermé dans un vase clos sans cesse agité

par des mouvements doit, non pas instinctivement, mais mécaniquement, être placé dans la position où les parties les plus volumineuses correspondent aux points les plus spacieux de l’organe. »

Tarnier , qui admet que le fœtus s’accommode à la cavité utérine pendant la grossesse, pense que c’est aux mouvements actifs qu’est due la fréquence des présentations de l’extrémité céphalique : « Le fœtus placé obliquement ou transversalement dans un utérus de forme ovale se trouve pressé par les parois utérines ; il réagit contre cette pression qui le gêne et cherche une situation plus commode, où il ne soit plus soumis qu’à une pression moyenne, et par ses mouvements inconscients, relativement au but qu’ils doivent atteindre, il adapte la forme de l’ovoïde qu’il représente à celle de l’ovoïde utérin. La cavité utérine est une sorte de moule dans lequel le fœtus évolue jusqu’à ce que sa forme soit adaptée à celle de sa cavité. »

Dans son traité du palper. Pinard a démontré que la loi de l'accommodation, qui a été si bien formulée par Pajot pour les phénomènes mécaniques du travail, pouvait s’appliquer à l’attitude du fœtus dans la cavité utérine pendant la grossesse : « Quand un corps solide est contenu dans un autre, si le contenant est le siège d' alternatives de mouvement et de repos, si les surfaces sont glissantes et peu anguleuses, le contenu tendra sans cesse à accommoder sa forme et ses dimensions aux formes et à la capacité du contenant » (Pajot).

Voyons, avec Pinard, comment s’applique cette toi : « Pendant toute la durée de la grossesse, il existe des contractions indolores de l’utérus, et il est prouvé que, quand l’utérus se contracte, il rétrécit ses diamètres transversaux et augmente scs diamètres longitudinaux. De plus, aucune femme ne reste immobile pendant la durée de la gestation, et ces mouvements de la mère retentissent tous plus ou moins sur le fœtus. — Voilà les alternatives de mouvements et de repos.

« La paroi la plus interne de l’œuf, celle qui est en rapport avec le fœtus, est l’amnios, dont la face interne est unie et glissante; entre le fœtus et la paroi utérine existe le liquide amniotique, dont la quantité varie; le fœtus a des parties plutôt arrondies qu’anguleuses; on trouve, à partir du cinquième mois, sur la peau, l’enduit sébacé qui ne peut que favoriser les glissements,

PRÉSEÎN'TATIOKS DU FŒTUS.

donc, si la loi est vraie, la forme de Tutérus et du fœtus rend raccommodation possible ; le poli de l’amnios, le liquide amniotique, le pelotonnement du fœtus, la lubrifaetion de sa peau la favorisent; les contractions utérines, les mouvements de la mère et aussi ceux du fœtus l'exécutent.

« Pendant les deux premiers tiers de la grossesse, grâce au liquide amniotique, le fœtus jouit d’une certaine mobilité et il est facile de le faire évoluer, comme cela nous est arrivé bien souvent; mais après quelque temps il reprend sa situation. C’est qu’à ce moment le volume total de l’utérus l’emporte beaucoup sur celui du fœtus, de sorte que la sollicitation à l’accommodation n’est pas impérieuse, nécessaire, comme elle le deviendra plus tard. »

La clinique montre combien cette loi est fondée : pendant les six ou sept premiers mois de la grossesse, la tête se loge dans la partie large de l’utérus, c’est-à-dire vers son fond, tandis que pendant les deux derniers mois c’est le siège qui, plus volumineux, occupe le fond de l’utérus.

Nous verrons, à propos de chacune des présentations, quelles sont les variétés d’attitude du fœtus pendant les dernières semaines de la grossesse. Il y aurait lieu d’étudier ici le mécanisme de l’engagement do la tête fœtale qui se fait, surtout chez les primipares, en grande partie pendant la grossesse; mais, suivant l’usage, nous déerirons cet engagement avec le mécanisme de l’accouchement; c’est, en effet, à ce moment que se complète ou que, parfois, commence seulement l’engagement.

PRÉSENTATIONS, POSITIONS ET VARIÉTÉS DE POSITION

Des présentations du fœtus. — La piîéseintation est la région du fœtus qui est engagée dans V excavation pelvienne ou qui tend à s’y engager, en se mettant en rapport avec faire du détroit supérieur.

Les anciens auteurs admettaient que le fœtus pouvait se présenter au détroit supérieur par tous les points de sa surface ; aussi décrivaient-ils un nombre infini de présentations.

Solayrès de Renhac tenta une classification moins compliquée; après lui, Baudelocque, Gardien, Capuron, Maygrier, Dugès cherchèrent à restreindre le nombre des présentations.

Il était encore trop considérable; Mme Lachapelle simplifia la question en .admettant qu’une partie fœtale ne peut constituer une présentation qu’autant qu’elle est assez volumineuse pour remplir à peu près complètement l’excavation au moment de l’engagement. Ainsi l’ovoïde fœtal se présente toujours par l’une de ses extrémités céphalique ou pelvienne, ou parle tronc.

A. L’extrémité céphalique peut se présenter de deux façons différentes, suivant que l’occiput ou le menton s’engagent les premiers, suivant que Ta tête est fléchie ou dé fléchie; d’où les deux présentations du sommet cl de la face.

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