DURÉE DU TRAVAIL
ayant le bassin normal et accouchant spontanément, de calculer la moyenne de la durée totale du travail. Ainsi sur 100 femmes elle est :
chez 10 de moins de 6 heures
— 4C de G à 12 —
— 28 de 12 à 18 —
— 9 de 18 à 24 —
— 7 de plus de vingt-quatre heures.
Le même calcul fait pour les 6060 multipares montre que sur 100 multipares, la durée totale du travail est :
chez 53 de moins de 6 heures
— 49 de 6 à 12 —
— 13 de 12 à 18 —
— 5 de 18 à 24 —
— 2 de plus de vingt-quatre heures.
DURÉE DE LA PÉRIODE D’EXPULSION
1/4 d’heure |
5/4 d’heure ^
1 heure
2 heures 1
3 heures
Au delà de 5 heures
1 Primipares
Multipares
DURÉE DE LA PÉRIODE D’EXPULSION. 347
D’après ce tableau, la durée de la période d’expulsion a été : a. Chez les 4912 primipares^ :
Inférieure à 1/4 d’heure 22 fois p. 100
De 16 à 30 minutes 21 —
De 50 minutes à 1 heure 26 —
De 1 à 2 heures 20 —
De 2 à 5 heures 7 —
Au delà de 3 hemes 4 —
b. Chez les 6124 multipares :
Inférieure à 1/4 d’heure 67 fois p. 100
De 16 à 30 minutes 17 —
De 50 minutes à 1 heure 10 —
De 1 à 2 heures 4 —
Au delà de 2 heures 2 —
Cette double statistique ne comprend que les femmes à bassin normal accouchant sponfanement d’enfants vivants, sans intervention; pour qu’elle soit complète, il faut y ajouter les cas dans lesquels l’accouchement a été terminé par une application de forceps. Chez ces femmes (235 primipares, 43 multipares) la durée totale du travail a été :
Primipares.
Multipares.
De moins de 6 heures
12 fois
De 6 à 12 heures
De 12 à 18 heures
De 18 à 28 heures
De plus de 24 heures
Inconnue
à la période d’expulsion, elle
a duré chez ces mêmes femmes
Primipares.
Multipares.
Moins d’un quart d’heure. . . .
11 fois
De 15 minutes à 1 heure. . . .
De 1 heure à 2 heures
De 2 heures à 3 heures ....
De 3 heures à 4 heures ....
De 4 heures à 5 heures ....
De 5 heures à 6 heures ....
Plus lie 6 heures
Un temps inconnu
Quant aux primipares âgées (c’est-à-dire ayant dépassé la trentaine) on admet généralement qu’elles mettent plus de temps que les autres pour accoucher; cette question est encore controversée^ depuis Mauriceau qui signale que les « parties qui sont plus sèches et plus dures ne peuvent pas si facilement prêter à la dilatation nécessaire..., et outre cela, les vieilles ont
‘ Le nombre total de femmes diffère un peu pour les tableaux indiquant la durée totale du travail et la durée de la période d’expulsion : ce qui tient à ce que, chez les primipares, il est presque toujours possible de connaître la durée de la période d’expulsion, tandis que, chez les multipares, il est parfois difficile de connaître cette durée, alors qu’on sait exactement quelle a été la durée totale du travail.
- Lire sur ce sujet la thèse de Dubé (Thèse, Paris 1896) et une revue de M. Oui (L’accouchement chez les primipares âgées. Revue pratique d'Obstétrique et de Pédiatrie, septembre-octobre 1890).
DURÉE DE LA PÉRIODE D’EXPULSION
l’articulation du coccyx ou croupion plus fermée; ce qui fait qu’il ne cède pas si aisément à la sortie de l’enfant qu’aux jeunes, qui ont cette partie encore cartilagineuse » ; Peu, Dionis, Puzos, Mme Le Boursier du Coudray, signalent tous la résistance du coccyx comme la principale cause du retard dans l’expulsion du fœtus. Pour Capuron, l’obstacle vient plutôt du col utérin qui se dilate plus lentement.
De La Motte, rappelant les observations de femmes âgées de plus de quarante ans et qui ont accouché très normalement, met en doute l’influence de l’âge sur la marche de l’accouchement, c’est aussi l’avis de Rœderer et surtout de Mme Lachapelle, qui dit : « Sans doute, on voit le travail lent et pénible chez une femme âgée et qui n’a pas eu d’enfants; mais n’en est-il pas de même des plus jeunes? La proportion, j’ose l’assurer, est parfaitement égale. Si quatre sur dix ont, parmi les jeunes primipares, un accouchement facile, quatre sur dix, parmi les plus âgées, accouchent avec promptitude et facilité » {Pratique des accouchements, 1®'' mémoire, p. 50).
De nombreux travaux statistiques ont été publiés depuis quelques années^ sur ce sujet : l’un des plus récents est celui de Dubé fait dans le service de Pinard et basé sur 578 observations de primipares ayant dépassé 50 ans et accouchant de fœtus pesant au moins 2500 grammes; en comparant ces accouchements à ceux de 578 primipares de moins de 20 ans et de 578 primipares de 20 à 50 ans, Dubé arrive aux moyennes suivantes :
Primipares jeunes ( Du: ce totale du travail 13 h. 5
(au-dessous de 20 ans) / — de l’expulsion 1 15
Primipares d’âge moyen ^ Durée totale du travail 13 28
(20 à 30 ans) ^ — de l’expulsion » 59
Primipares âgées ( Durée totale du travail 13 19
(au-dessus de 50 ans) ^ — de l’expulsion 1 10
Ces chilfres confirment pleinement les idées de Mme Lachapelle; M. Oui fait remarquer qu’ils sont un peu sujets à la critique; car ils ne s’appuient que sur les accouchements spontanés, alors qu’ils devraient surtout comprendre les cas dans lesquels on a dû terminer l’accouchement par défaut de progression de la tête fœtale. Cette statistique montre en outre que c’est chez, les primipares âgées que l’on voit le plus grand nombre d’accouchements très longs.
A côté des primipares âgées, il faut placer au point de vue de la lenteur du travail les femmes qui sont restées pendant plusieurs années après une première grossesse sans redevenir enceintes et qui retombent ainsi « dans les conditions de la primiparité ». (Pinard.)
Vhérédité a une certaine influence sur la durée du travail : dans certaines familles l’accouchement est particulièrement long, laborieux; dans d’autres c’est un acte physiologique qui s’exécute avec régularité et célérité.
Le rôle de la race est plus difficile à apprécier; d’une manière générale, plus la femme est civilisée, moins elle accouche rapidement; de nombreuses raisons (système musculaire moins développé, bassin moins ample, fœtus dont le crâne est volumineux) peuvent être invoquées en faveur de ce fait