PRONOSTIC DE L’ACCOUCHEMENT
d’observation. Il est certain que les accouchements chez la campagnarde sont en général plus rapides et plus aisés que les accouchements des femmes de la ville.
La régularité, l’allure du travail et sa durée sont avant tout influencées par la fréquence et l’intensité des contractions utérines, par la direction de la force qui en résulte, par le volume du fœtus, la présentation, le degré d’ossification de la tête, quand il y a présentation du sommet, sa variété de position, par la souplesse des parties molles, et en particulier celle du périnée, etc.
Aussi ne faut-il pas se hâter de satisfaire aux questions de la parturiente ou de l’entourage impatients de connaître l’heure de la terminaison de l’accouchement. Cette réserve s’impose pendant la période de la dilatation, qui se prolonge parfois bien au delà des limites habituelles et peut atteindre 56, 48, 60 heures et même davantage. C’est elle, et non la période d’expulsion, qui mérite le nom de période de désespoir.
Quand la dilatation est achevée, on peut promettre à l’intéressée que d’ici deux heures environ, quelquefois quatre ou cinq heures seulement, elle sera mère.
Pronostic de l’accouchement. — Le pronostic d’un accouchement doit être étahli : pour la mère et pour V enfant.
Nous verrons, à propos de chaque présentation, le pronostic que celle-ci comporte.
D’une manière générale, plus l’accouchement traîne en longueur, plus la vitalité du fœtus peut être menacée, surtout si les contractions utérines sont fortes et rapprochées, car la circulation inter-utéro-placentaire est alors presque constamment gênée. C’est surtout lorsqu’on laisse la période d’expulsion se prolonger outre mesure que la vie du fœtus est en danger.
Toutefois, un accouchement trop rapide a quelques inconvénients, car l’utérus qui vient de fournir un travail musculaire assez considérable peut se mal contracter au moment de la délivrance : d’où la possibilité d’une hémorrhagie. Le pronostic pour la mère dépend des précautions antiseptiques prisés avant, pendant et après l’accouchement; il est également certain que plus le travail est long, plus la femme est fatiguée, plus elle devient un terrain favorable à la septicémie, surtout si le toucher est fréquemment pratiqué.
Les précautions à prendre pendant l’accouchement ont été indiquées au chapitre de l’antisepsie (voy. p. 220); quanta la conduite à tenir, nous l’étudierons d’nne manière générale au chapitre suivant. C’est en effet à la présentation du sommet que Ton a le plus habituellement affaire; nous verrons ensuite pour chaque présentation les règles particulières que Ton doit appliquer ; est-il besoin d’ajouter que ces règles théoriques ne peuvent servir à résoudre tous les problèmes si variés de la clinique?
CnAPITRE III