DÉLIVRANCE PAR EXTRACTION SIMPLE
Les membranes suivent immédiatement ou, si quelque point de leur sur lace adhère encore à l’utérus, ne tardent pas à sortir à leur tour, entraînées par le poids du placenta, et comme havées par la vulve.
Si l’on éprouve la moindre résistance, il faut modérer la sortie du placenta, de crainte d’amener une déchirure des membranes ; une main appliquée sur l’utérus surveille si cet organe ne se contracte point : dès qu’il vient en effet une contraction utérine, il faut cesser toute traction, qui pourrait déchirer les membranes dont une partie serait retenue dans le muscle utérin. La main, appliquée sur l’utérus, sert en même temps à redresser l’organe de manière à faciliter la sortie des membranes. L’accoucheur ne saurait apporter trop d’attention à bien diriger la sortie lente et progressive du placenta et des membranes ; Champetier de Ribes a bien voulu nous décrire la méthode qu’il emploie à cette période de la délivrance :
« 11 existe après l’accouchement, au niveau du point où la partie rétractée de l’utérus se continue avec le segment inférieur mou, une coudure brusque qui gênera la sortie du placenta et surtout des membranes.
« En redressant cette coudure, en supprimant l’angle que font entre eux les axes des segments du canal que les membranes si friables ont à parcourir, on facilitera beaucoup leur décollement, puis leur expulsion.
« Je suppose la masse placentaire décollée et tombée flans le segment inférieur ou dans le vagin. Voici la manœuvre que je recommande :
« Avec la main appliquée à plat je soulève la face antérieure du corps utérin et redresse fortement l’organe comme si je voulais le faire basculer en arrière et transformer en rétroversion l’antéversion existante. Je me contente de mettre l’axe utérin autant que possible dans le prolongement do celui du vagin, et j’appuie sur le fond de l’utérus ; j’utilise le corps redressé comme un piston que je pousse dans l’excavation : le placenta refoulé apparaît bien vite à la vulve ; je continue à appuyer sur l’utérus jusqu’à ce que la partie la plus volumineuse du placenta soit dehors.
« A partir de ce moment, je cesse d’exercer des pressions, j’essaie au contraire d’attirer l’utérus au-dessus de l’excavation.
« Pour cela, j’insinue le bout des doigts derrière la symphyse pubienne où est descendue la face antérieure : je soulève l’organe en prenant point d’appui sur cette face et en exécutant sur elle des frictions modérées, un véritable massage, qui redresse la coudure située entre le segment inférieur et le corps en attirant toujours celui-ci par en haut.
« Le placenta arrêté par la vulve ne peut suivre ce mouvement d’élévation et ce sont les membranes qui peu à peu attirées se détachent et tombent. Pendant la contraction utérine ce massage agit avec beaucoup moins d’efficacité : aussi je crois indispensable d’exécuter cette manœuvre dans l’intervalle des contractions.
« Aucune traction n’est exercée sur le cordon.
« Au niveau de la vulve la masse placentaire est seulement soutenue par une main, de façon à éviter que son poids ne provoque la déchirure des Il embranes.
« Depuis que ce procédé est mis en pratique à la Maternité de Tenon, les