CONDUITE A TENIR APRÈS LA DÉLIVRANCE
frottement causé par la descente du placenta sont au moins aussi efficaces pour nettoyer la cavité utérine qu’un courant d’eau qui irrigue surtout la face postérieure de la cavité utérine. — Enfin l’injection intra-utérine n'est pas sans danger : sans parler des accidents mortels qui ont été observés, elle peut devenir une cause d’infection, puisque la canule traverse la cavité vaginale qui n’est que relativement aseptique, pour passer dans la cavité utérine. Enfin elle devient tout à fait dangereuse si l’on se sert d’antiseptiques puissants qui peuvent amener de l’intoxication.
On ne pratiquera donc d’injection intra-utérine après la délivrance que comme moxjen hémostatique en cas d'hémorrhagie, ou bien, lorsque, les m.embranes s'étant rompues de bonne heure, le liquide amniotique aura quelque odeur, et surtout lorsque V enfant est mort et macéré.
Il en sera de même chaque fois que la main, un instrument, auront été introduits dans la cavité utérine; c’est ainsi qu’après la délivrance artificielle il est de toute nécessité de pratiquer une irrigation intra-utérine avec au moins deux litres de solution antiseptique. Pinard conseille en outre de faire une injection intra-utérine chez les femmes qui accouchent rapidement sans qu’on ait le temps de leur faire une injection vaginale : il redoute en pareil cas que les microbes vaginaux n’envahissent le segment inférieur de l’utérus.
Lorsque la toilette des organes génitaux est faite, on procède à l’enlèvement de la garniture du lit sur lequel est accouchée la femme : on retire les épingles qui la maintenaient fixée ; on la roule et on l’enlève de telle sorte que la femme repose maintenant sur du linge propre. On réchauffe la femme en la recouvrant avec des linges chauds, ou en lui mettant aux pieds des boules d’eau chaude, on lui fait donner à boire, si elle le désire.
Il est utile de surveiller la femme récemment accouchée et délivrée au moins pendant une heure. On s’assure à diverses reprises que le pouls est normal, régulier, que l’utérus est bien rétracté, et qu’il ne s’écoule point de sang en trop grande quantité par les organes génitaux externes : s’il en était autrement, il faudrait exercer une pression un peu forte sur l’utérus, chasser ainsi les caillots qui sont contenus dans l’utérus et dans le vagin et se contenter d’une irrigation chaude à 48 degrés, ou bien recourir à l’irrigation intra-utérine.
Si tout est normal, au bout d’une heure, d’une heure et demie, on quitte la nouvelle accouchée en donnant les instructions nécessaires à la garde ou à l’entourage, relativement à la mère et au nouveau-né. Pour la mère, on indique quel doit être le régime alimentaire, quels soins locaux (lotions, toilettes vulvaires, injections vaginales) doivent être donnés. Pour l’enfant il est utile, comme nous le verrons (page 592), d’insister sur la nécessité de ne pas lui donner d’autre liquide que celui qui provient du sein maternel. Le médecin fait bien de donner des instructions détaillées sur toutes ces questions et sur tout ce qui concerne l’hygiène de l’accouchée et du nouveau-né.
Lorsque la délivrance est faite, il est une précaution capitale : c’est d’examiner avec grand soin les annexes. Il y a quelques années, la rapidité avec laquelle on faisait la délivrance par tractions produisait souvent une extractio-R incomplète des cotylédons placentaires. A l’heure actuelle.
SUITES DE COUCHES PHYSIOLOGIQUES
d’une manière générale, la délivrance est pratiquée avec plus de soin ; on laisse écouler entre l’expulsion du fœtus et l’extraction du placenta un temps suffisant (une demi-heure au moins), pour que celui-ci puisse être complètement décollé. Aussi la rétention partielle d’un ou de plusieurs cotylédons placentaires est-elle maintenant très rare.
Cependant il est indispensable d’examiner le placenta par sa face utérine, et de constater que le gâteau placentaire est régulier et complet. En même temps, on regarde s’il a les caractères macroscopiques du placenta normal ou s’il présente quelques-unes des lésions que l’on rencontre dans le placenta albuminurique, syphilitique, etc.
Il est en outre très utile de peser le placenta sans les membranes ni le cordon : Pinard insiste avec raison sur l’hypertrophie placentaire dans le cas de syphilis.
L’examen des membranes doit être fait à deux points de vue : en mesurant les membranes de chaque côté de l’orifice de sortie, on peut savoir si ce placenta était inséré plus ou moins près du segment inférieur. — En outre, c’est d’après un examen attentif des membranes que l’on peut reconnaître si elles sont complètement expulsées ou s’il en reste des débris, des lambeaux dans la cavité utérine, enfin, point important, s’il n’y a pas à la périphérie du placenta des vaisseaux se rendant à quelque cotylédon accessoire.
Nous rappelons qu’alors même que le placenta est complètement découronné, il ne faut pas aller à la recherche des membranes : elles sont éliminées généralement au bout de quelques heures, ou bien au bout de deux ou trois jours, sans accident aucun, si l’antisepsie est bien pratiquée.