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PHYSIOLOGIE

La sécrétion du lait se fait par une véritable fonte cellulaire ; d’après Cl. Bernard, « il y a une sorte de bourgeonnement de cellules superposées, dans lesquelles se préparent successivement les matériaux du lait, la caséine,

* Rôhbig. Virchow’s Archiv.. Band LXVII, 1876.

* Luffont. Recherches sur la sécrétion et l'innervation vaso-motrice de la mamelle. Gazette médicale, 1870.

* L. Ducleht. Élude histologique de la sécrétion du lait. Montpellier, 1893.

DU COLOSTIïUM

le beurre, etc. ; ensuite la paroi de la cellule lactée se dissoudrait dans un liquide alcalin et le lait en résulterait ».

Le mode de production du lait serait un peu différent, d’après Ch. Robin : les culs-de-sac de la mamelle, tapissés d’épithélium tant que la glande ne fonctionne pas, perdraient cet épithélium lorsque se fait la sécrétion : c’est donc dans la paroi des culs-de-sac qu’auraient lieu les phénomènes de la sécrétion.

En réalité, la sécrétion lactée résulte de la fonte des cellules des conduits et des acini glandulaires : le sérum du sang transsude et dissout les cellules épithéliales des acini.

Colostrum. — Le colostrum apparaît dans le sein pendant les derniers mois de la grossesse et surtout pendant les deux ou trois jours qui suivent la naissance. Le liquide qui s’échappe alors par la pression du mamelon est de couleur jaunâtre ; les globules qu’il contient ne sont pas suffisamment fondus.

Le colostrum renferme plusieurs éléments morphologiques dont les plus importants sont : 1" de nombreux globules graisseux semblables à ceux qui existent dans le lait normal, mais qui en diffèrent en ce qu’ils ont une tendance à se conglomérer; 2° des corpuscules, déformés variées, jaunâtres, granuleux, constitués par de petits éléments accolés les uns aux autres ou renfermés dans une enveloppe commune : ce sont ces corpuscules que Donné (1837). qui les découvrit, appela corps granuleux et que Renie (1839) désigna sous le nom de corpuscules du colostrum . Renie ne considérait pas •ces éléments comme des cellules à contenu granuleux, mais comme des amas •de granulations dépourvus d’enveloppe et formés par une substance amorphe. Presque tous les auteurs qui vinrent après Renie admirent que ces éléments morphologiques sont des cellules ; « Pour les uns, dit L. Duclert, ce sont des cellules épithéliales plus ou moins dégénérées et stéatosées ; pour les autres, des leucocytes modifiés dans leur structure et remplis de graisse, et, enfin, pour Reidenhain, des cellules épithéliales ayant absorbé par intussusception des gouttelettes graisseuses. »

L. Duclert* conclut de ses recherches « que les corpuscules du colostrum •ne sont pas des cellules, mais des amas d’une substance colloïde produite par la dégénération du protoplasma ». R est difficile de déterminer pour cjuelle raison l’épithélium de la glande mammaire subit cette transformation •colloïde un peu avant et après la parturition. Il faut cependant « remarquer que la dégénération colloïde se rencontre fréquemment dans les cellules épithéliales irritées par les substances toxiques. L’organisme maternel renferme peut-être à la fin de la gestation des principes nocifs dont il ne se débarrasse pas suffisamment vite, agissant sur l’épithélium mammaire et amenant la dégénération de son protaplasma.... La succion exercée par les petits sur le mamelon fait sortir le colostrum de la mamelle et bientôt les alvéoles et les canaux excréteurs ne renferment plus de corpuscules. Les cellules épithéliales restées normales se multiplient alors activement et trente heures après la

* Étude histologique sur la composition du lait. Montpellier, 1803.

LAIT

parturition, chez le cobaye, les alvéoles ne renferment plus que de très rare^ cellules contenant encore des boules colloïdes ; toutes les autres sont cylindriques surbaissées, uninucléaires ou binucléaires et possèdent un protoplasma granuleux.... Il serait intéressant de rechercher si, chez la femme, la montée de lait, qui demande environ trois jours pour s’elfectuer, ne correspond pas à une régénération de l’épithélium mammaire analogue à celle qui vient d’être décrite chez la femelle du cobaye ».

Lait. — Lorsque la sécrétion lactée est établie, la fonte cellulaire est complète : le lait représente une véritable émulsion dans laquelle on trouve seulement au microscope de petites sphères réfringentes, les globules du lait, qui contiennent des matières grasses (oléine, margarine, stéarine). Ce qui différencie le colostrum du lait, c’est que dans le premier liquide les éléments figurés ne sont pas intimement mélangés au sérum du sang, tandis que dans le lait, c’est une véritable émulsion dans laquelle se trouvent les gouttelettes graisseuses dissociées.

La sécrétion lactée est évidemment un phénomène réflexe, mais il est encore difficile, malgré les expériences faites sur les nerfs intercostaux et sur les branches du sympathique, de déterminer par quelle voie nerveuse se produit ce réflexe. Ce que l’on sait, c’est que la sécrétion du lait s’établit d’une manière habituelle dans les jours qui suivent l’accouchement. La grossesse prépare la glande à( cette fonction en l’hypertrophiant, en lui faisant subir différentes modifications qui la rendent apte à la sécrétion du lait.

Cette sécrétion apparaît généralement quarante ou soixante heures après l’accouchement; elle est habituellement un peu plus tardive chez les primipares que chez les multipares, et se montre plus rapidement chez les femme? qui allaitent que chez celles qui n’allaitent pas.

Au moment de la montée laiteuse, les seins, qui étaient jusque-là de consistance et de volume à peu près normaux, deviennent plus gros et plus durs, douloureux au palper; par suite de la distension de la glande, le mamelon est moins saillant et plus difficile à saisir par le nouveau-né. Aussi est-il nécessaire de mettre l’enfant plusieurs fois au sein avant la montée du lait, alors que le mamelon est plus facile à saisir. 11 existe parfois, au niveau de l’aréole et même au pourtour de la glande, un léger oedème sous-cutané dù à l’afflux sanguin considérable qui se produit au niveau de la glande.

Les signes généraux que l’on observe du côté des difl’érents appareils de l’économie sont plus ou moins marqués suivant les femmes : c’est ainsi qu’on observe de la céphalée, des poussées de chaleur suivies de sueurs profuses, une soif vive; la face est rouge et animée, le pouls est accéléré et il peut y avoir même une légère élévation de la température.

On faisait autrefois de tous ces phénomènes un état pathologique spécial que l’on désignait du nom de fièvre de lait : il est bien certain que sous cette étiquette on rangeait bon nombre de septicémies atténuées qui étaient simplement dues à un défaut de propreté et de soins antiseptiques au. moment de l’accouchement.

Au fur et à mesure des progrès de l’antisepsie, on a montré que les suites-

C0J1P0SITI0^' DU CAÎT.

de couches devaient être apyrétiques et l’on a raye du cadre nosologique la fièvre de lait.

Si l’expression doit disparaître, s’il est dangereux de mettre simplement sur le compte de la montée laiteuse des accidents fébriles qui, même légers, sont en réalité imputables à de l’inlection, il n’en est pas moins vrai que ( liez certaines femmes la fluxion mammaire s’accompagne de céphalée, d’accélération du pouls et même exceptionnellement d’une légère élévation de température. C’est surtout lorsque les femmes ne donnent pas le sein ou lorsqu’elles le donnent d’une manière insuffisante qu’on observe ces phénomènes qui peuvent inquiéter beau» oup la famille et le médecin.

Composition du lait. — Le lait de iemme a une réaction alcaline, lorsqu’on l’examine au moment où il sort de la mamelle; lorsqu’il est abandonné à l’air, il présente assez rapidement une réaction neutre, puis acide. Le lait a parfois une réaction neutre d’emblée sous l’intluence de la menstruation ou de troubles pathologiques de la glande mammaire; le nourrisson est alors ordinairement pris de dyspepsie ou de catarrhe intestinal (Monte).

D’après le même auteur, le poids spécifique du lait présente des oscillations journalières ; quand ce poids oscille dans des limites normales comprises entre 1030 et 1034, l’enfant augmente de poids régulièrement. Cet accroissement se fait encore lorsque le poids spécifique du lait, d’abord au-dessous de la normale, s’élève peu à peu, mais d’une façon constante, pour atteindre au bout d’un certain temps son taux normal. Si le poids spécifique du lait diminue régulièrement pendant plusieurs jours, le poids de l’enfant s’abaisse.

Le lait est formé de deux parties : une solide et l’autre liquide.

1® La partie solide est constituée par des globules graisseux qui représentent un mélange de nombreuses matières grasses et par des granulations fines de caséine insoluble. Les globules graisseux sont sphériques et n’ont pas de membrane d’enveloppe. Leurs dimensions varient de 2 à 10 millièmes de millimètre.

2® La partie liquide est surtout constituée par de l’eau qui contient on dissolution différentes substances : sucre de lait, substances azotées, substances inorganiques.

a. Le sucre de lait ou lactose se transforme en acide lactique, sous l’innuencc du ferment lactique, lorsque le lait reste exposé à l’air.

b. Les substances azotées sont ; la caséine, qui ne reste dissoute que si le milieu reste alcalin, et V albumine, qui est peu abondante.

La caséine se coagule dans l’estomac du nouveau-né sous l’action du suc gastrique.

c. Les substances inorganiques sont surtout des sels (phosphate de diaux, chlorures de sodium, de potassium, phosphate de soude, de magnésie de 1er, etc.).

Le lait renferme en outre des gaz libres : acide carbonique, azote, oxygène.

Le microscope sert à constater dans le lait l’existence des corpuscules graisseux : on peut même en pratiquer la numération à l’aide du micro-

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