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DE L’ALLAITEMENT MATERNEL

faire dans les fièvres éruptives, l’érysipèle, la pneumonie, les bronchites graves avec fièvre, la pleurésie, le rhumatisme articulaire aigu, la fièvre typhoïde, etc.

Dans les cas d’abcès du sein, il faut tout au moins suspendre l’allaitement du côté du sein malade, puisqu’on a trouvé des globules de pus mélangés au lait; mais la femme peut continuer à allaiter avec l’autre sein.

Le Gendre fait remarquer que dans certaines maladies fébriles de courte durée, telles qu’amygdalites peu intenses, poussées d’herpès, il n’est pas nécessaire de suspendre l’allaitement.

Quant aux maladies chroniques, « la plupart contre-indiquent l’allaitement, soit à cause de leur nature infectieuse, soit parce qu’une malade est toujours une mauvaise nourrice » (Le Gendre). 11 va de soi que toute femme atteinte de tuberculose, de cancer, etc., ne doit pas nourrir; ce n’est point tant par crainte de la contamination par le lait que parce que l’allaitement débilite la femme, qui ne saurait y suffire. 11 semble démontré aujourd’hui que le lait n’est susceptible de transmettre la tuberculose que dans les cas exceptionnels où il existe des manifestations mammaires tuberculeuses.

C’est ainsi que sur 54 vaches atteintes de tuberculose généralisée, Nocard n’en a trouvé que 3 dont la mamelle fût tuberculeuse. Le lait d’une vache tuberculeuse n’est virulent qu’autant que la mamelle est le siège de lésions tuberculeuses. L’ingestion de lait virulent n’est réellement dangereuse que si le lait renferme un grand nombre de bacilles ; pratiquement, le danger de l’ingestion du lait cru n’existe en réalité que pour les personnes qui en font leur nourriture exclusive ou principale : c’est-à-dire les enfants en bas âge et certains malades; pour éviter tout danger, il suffit de faire bouillir le lait avant de le consommer.

Les femmes syphilitiques doivent nourrir leurs enfants, mais ne jamais donner le sein à d’autres enfants qu’elles risqueraient de contaminer, non par l’intermédiaire du lait, mais par quelque excoriation simple ou spécifique du mamelon.

Quant aux maladies « chroniques non infectieuses, dit Le Gendre, celles qui affectent assez profondément la nutrition, directement par les troubles digestifs (dyspepsie, gastrite, dilatation trop invétérée de l’estomac) ou indirectement par la douleur ou le défaut d’exercice (affections utérines, névralgies, neurasthénie grave, etc.), contre-indiquent évidemment l’allaitement ».

Allaitement maternel. — Sans reproduire ici les nombreux arguments invoqués en faveur de l’allaitement maternel*, disons que ce mode d’allaitement doit être la règle, tandis que l’allaitement par une nourrice mercenaire doit être l’exception.

L’allaitement ne fait-il pas partie de ce grand acte physiologique de la parturition? Mère et nouveau-né y trouvent généralement profit ; la mère se rétablit plus vite; l’involution utérine est plus rapide et plus complète; les organes génitaux se trouvent dans un repos relatif par suite de la cessation

* Voir le livre de Boissard et Barbézieux sur Mères et nourrissons, Paris, G. Slciiilicil, 1892-

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