INFLUENCE DES MALADIES SUR LA SECRETION LACTÉE. 5S
ment se comporte la glande mammaire vis-à-vis des huiles empyreumatiques que l’on trouve dans les alcools de mauvaise qualité.
Quant aux substances médicamenteuses, elles passent presque toutes dans le lait ; tels sont la scammonée, les sels de soude et de magnésie, l’arsenic, les préparations solubles d’antimoine, le zinc, le bismuth, le plomb, l’iode, l’iodoforme, etc. Le mercure y passe sûrement, et c’est une excellente manière de traiter le nouveau-né suspect de syphilis que d’administrer le traitement spécifique à la mère.
Le fer passe non seulement dans le lait en se fixant sur la caséine, mais il en augmente la quantité.
Différents auteurs (Lewald, Burdel (de Vierzon), Lediberder, Saint-Vel) ont recherché si le sulfate de quinine administré à une nourrice passait dans le lait et si ce médicament n’avait pas quelque action fâcheuse sur le nourrisson; dans un travail sur ce sujet*. Oui (de Bordeaux) conclut que le sulfate de quinine, bien que passant dans le lait, ne s’y retrouve pas d’une manière suffisante pour agir défavorablement sur la santé des nourrissons, tout au moins à la suite de l’administration de doses très considérables. « Ce serait, ajoute-t-il, un grand tort de renoncer dans la pratique à employer chez les nourrices un médicament aussi actif et aussi utile que le sulfate de quinine, et de céder à des craintes absolument imaginaires, qui ne sont basées sur aucune observation précise. »
* Les opiacés sont généralement sans action sur le lait; ainsi, d’après Fehling, les nourrissons n’auraient jamais été influencés par des doses d’opium ou de chloral assez fortes administrées aux nourrices. Baumgartner aurait cependant retrouvé dans le lait les éléments de l’opium administré à la mère.
Quant à l’action des médicaments sur le lait, elle est peu connue; la digitaline, la caféine, le jaborandi, augmenteraient la quantité du lait; d’après Rôhrig, on peut dire que la quantité du lait augmente ou diminue en même temps que ta tension dans les vaisseaux.
Intluence des troubles du système nerveux. — Cette influence du système nerveux est manifeste : les femmes qui se tourmentent à tout propos, qui sont impressionnables à l’excès, sont généralement de mauvaises nourrices, à l’encontre des femmes calmes, que rien ne trouble.
Les émotions vives, les chagrins amènent des modifications qui portent soit sur la quantité, soit sur la qualité du lait.
Influence des maladies aiguës ou chroniques. — Les maladies aiguës diminuent la quantité du lait et amènent des modifications profondes dans sa composition : l’eau et le sucre y diminuent souvent de quantité, tandis que les matériaux solides (caséine, beurre, sel) augmentent; dans la majorité des cas, l’existence d’une maladie aiguë oblige à cesser l’allaitement pour des raisons multiples.
Alors même que le lait n’est pas tari du fait de la pyrexie, il est nécessaire dans la plupart des cas de suspendre l’allaitement : c’est ce qu’il faut
* Ann. de Gy née., novembre 1892.