‹ Précis d'obstétriqueChapitre 325 sur 713 · RÉGIME DE LA FEMME QUI ALLAITE · texte numérisé non relu

RÉGIME DE LA FEMME QUI ALLAITE

pi'imipares et de multipares et il a tiré des chiffres obtenus, les conclusions suivantes :

La quantité de lait tétée chez les primipares peut être à peu près nulle les Irois ou quatre premiers jours, et atteint ou dépasse 400 ou 500 grammes les jours suivants.

Chez les multipares la quantité de lait prise par le nourrisson peut atteindre 400 ou 500 grammes dès le quatrième jour, et atteindre ou dépasser 600 grammes les jours suivants.

A partir du cinquième jour, la quantité de lait varie de 400 à 600 gr. suivant le volume de l’enfant.

Au fur et à mesure que l’enfant avance en âge, la quantité de lait ingéré à chaque tétée augmente d’autant plus que la femme est meilleure nourrice et (pie les tétées sont moins fréquentes. Dès le 3® ou 4® mois la quantité de lait ingérée par 24 heures peut atteindre, chez de gros enfants, 800 à 900 gr.; dans une observation publiée par P. Segond [Ann. de gyn. 1874, t. II), une (ille pesant à sa naissance 4 kilogrammes, prenait par jour du 12® au 20® jour, 7 à 800 grammes de lait, du 20® au 50® jour, 8 à 900 grammes, du 51® au 45® jour, 900 à 1000 grammes, du 45® au 60® jour, de 1000 à 1100 grammes.

Ces chiffres sont intéressants; mais ce qui importe surtout, ce n’est pas tant la quantité de lait ingéré, que sa qualité et la manière dont il est assimilé : il n’y a pour apprécier l’allaitement à ce double point de vue de meilleur critérium que l’augmentation de poids l'égulier de l’enfant. Tous les accoucheurs sont d’accord pour reconnaître l’importance des pesées faites chez les nouveau-nés. (Voy. P. Budin, Leçons de clinique obstétricale, p. 271, Paris, O. Doin, 1889.)

Régime de la femme qui allaite. — Les femmes qui allaitent doiventelles suivre un régime alimentaire particulier? On a beaucoup exagéré Tinfluence des aliments et des boissons sur la qualité et la quantité du lait ; d’une manière générale on peut dire que l’alimentation doit être variée, suffisante. La nourrice ne doit guère proscrire de son alimentation que certaines substances dont les principes odorants passent dans le lait ; asperge, ail, oignon, etc. ; elle devra volontiers manger, outre la viande, les œufs, le poisson, des purées de lentilles, de haricots, de marrons, etc.

Le vin coupé d’eau, la bière constituent de bonnes boissons pour les nourrices; le lait est moins utile parce qu’il est diurétique. L’allaitement occasionne une soif assez vive que la femme doit satisfaire en prenant du vin, de la bière ; si ces boissons ne sufffsaient pas, elle prendrait un peu de tisane ou d’eau pure. La nourrice doit éviter de prendre de l’alcool ; il est d’observation que l’insomnie, l’état d’agitation de certains nourrissons ne reconnaissent pas d’autre cause que les excès alcooliques de leurs nourrices sur lesquels Vallin a de nouveau appelé récemment l’attention à l’Académie de médecine. Le café, le thé peuvent être pris en quantités modérées, dans le but de favoriser les digestions.

Du pansement des mamelons. Prophylaxie des abcès du sein. — Lorsque la femelle allaite son enfant, Tépiderme du mamelon peut, sous l’influence des mouvements de succion répétés, présenter des éraillures, des

Page 1