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PANSEMENT DES SEINS

crevasses dont il va falloir s’occuper avec soin : elles sont douloureuses et ont besoin d’être pansées avec beaucoup de propreté. On les observe un peu plus souvent chez les blondes à peau très fine que chez les brunes, plus souvent chez les primipares que chez les multipares.

De nombreux topiques ont été employés pour panser ces plaies du mamelon : un certain nombre de médicaments et de pansements ne peuvent être utilisés, parce qu’ils ont une odeur plus ou moins désagréable qui empêche le nouveau-né de téter. Le gros inconvénient des pommades, des onguents, qui jouissent d’une certaine vogue, c’est de ne point être préparés d’une manière aseptique, ou de ne pas se conserver sans fermenter.

L’acide borique porphyrisé est utile pour saupoudrer le mamelon et l’aréole : c’est un antiseptique faible, mais qui est inolfensif pour le nouveau-né.

Pinard emploie depuis plusieurs années un pansement qui donne de bons résultats ; il fait appliquer en permanence sur le sein un linge ayant été préalablement bouilli pendant une dizaine de minutes dans de l’eau boriquée saturée ou stérilisée à l’autoclave : ce linge appliqué sur le sein est recouvert d’un carré d’imperméable (taffetas gommé, gutta-percha laminée), pardessus lequel on met un peu d’ouate pour maintenir le pansement en place à l’aide d’une ceinture de flanelle. Lorsque la femme donne à téter, on retire le pansement du sein malade ; on nettoie le mamelon avec un petit tampon de coton aseptique imbibé de liquide antiseptique. 11 est également bon de nettoyer la partie antérieure de la bouche de l’enfant qui pourrait inoculer le sein avec lequel elle se trouve en contact. Après la tétée, il suffit de nettoyer avec grand soin le mamelon et l’aréole de manière à enlever le lait coagulé et la salive qui se trouvent déposés au voisinage de la plaie; puis on applique le pansement boriqué. Au bout d’un temps variable, les crevasses, les fissures se cicatrisent et la femme peut continuer à allaiter. Lorsque cependant ces lésions sont étendues et profondes, la guérison à l’aide du simple pansement humide est assez longue à se faire.

Depuis 1889, Tarnier* emploie à la Clinique le pansement des seins avec une solution de sublimé : « Dès que la nouvelle accouchée a été transportée dans son lit, on étend sur chacun des seins une compresse imbibée d’une

solution de sublimé à 0,20 pour 1000 Chaque fois que la mère veut

donner à téter, elle retire l’ime des compresses et se lave le sein, soit avec de l’eau bouillie, soit avec de l’eau légèrement salée, ou encore avec de l’eau boriquée. Après la tétée, elle lave de nouveau le sein pour le débarrasser du lait qui pourrait y rester attaché, et le pansement est rétabli

Il n’y a aucun danger pour les enfants à panser les seins de leurs mères avec des compresses de sublimé, en se conformant, bien entendu, aux précautions que j’ai dites, et l’on prévient de cette manière la production des abcès du sein. — Le seul inconvénient du sublimé ainsi employé est de provoquer quelquefois de l’hydrargyrie, surtout chez les femmes à peau fine et blanche. Cette hydrargyrie n’a jamais de gravité; néanmoins, il faut alors

• De l'asepsie et de l’antisepsie en obstétrique par S. Tarnier, p. 738.

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