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CAUSES DE LA GROSSESSE GEMELLAIRE

la vie féminine est le plus développée, que les grossesses gémellaires se rencontrent en pins grand nombre.

Multiparité. — Lebel, Collins (de Dublin), Duncan, ont montré que la multiparité joue un rôle important dans la production des grossesses gémellaires. D'après la statistique de Pinard, portant sur cent cinquante observations de grossesses gémellaires, elle serait deux fois plus fréquente chez les multipares que chez les primipares.

Enlin le développement plus considérable des ovaires a été indiqué par Puech (de Nimes) comme une des causes qui prédisposent à la grossesse multiple.

Pour qu’il y ait grossesse gémellaire les conditions suivantes sont néces saires du côté de la femme :

1® Deux vésicules de de Graaf appartenant au même ovaire ou chacune à un ovaire différent se rompent et laissent échapper deux ovules.

2° Une vésicule de de Graaf contient deux ovules qui sont fécondés en même temps.

5“ Une seule vésicule de de Graaf se rompt et n’émet qu’un seul ovule, mais cet ovule contient deux germes (Balbiani).

En résumé, la grossesse gémellaire est le résultat de la fécondation de deux germes.

Superimprégnation. — Quand deux germes femelles sont fécondés, la fécondation peut être due à un coït unique, ou au contraire à deux coïts plus ou moins éloignés.

Dans ce dernier cas on dit qu’il y a superimprégnation.

La superimprégnation comprend deux ordres de faits dont les uns sont admis par tous les auteurs (superfécondation), dont les autres sont plus discutés (superfœtation).

A. Superfécondation. — Une blanche ou une négresse ont à quelques heures ou quelques jours d’intervalle des rapports avec un hlanc et avec un nègre. Elles mettent au monde un enfant blanc et un mulâtre. Pinard a vu dans son service de Lariboisière une femme qui avait eu dans la même journée des rapports avec son amant ordinaire et un amant de rencontre. Ce dernier était syphilitique. Deux enfants naquirent, l’un parfaitement sain, l’autre manifestement syphilitique.

Ces faits, qui ne sont pas très fréquents, s’observent communément chez les animaux. Les éleveurs ont maintes fois remarqué la superfécondation chez des juments saillies par deux chevaux de races différentes, ou par un cheval et un âne. La naissance de deux poulains de races différentes, ou d’un poulain et d’un mulet, ne laisse place à aucun doute sur la réaPté du phénomène. Les chasseurs et les amateurs de chiens ont de tout temps été édifiés sur sa fréquence dans la race canine.

* Dionis [Traité général des accouchements, 1721, p. 133) donnait de la genèse de la grossesse multiple une comparaison imagée. « Autant d’enfants il y a, ce sont autant d’œufs qui tombent à la fois des ovaires dans la matrice. En voulant faire tomber une poire d’un arbre, si vous secouez trop fortement le poirié [sic] il en tombera deux ou trois, au lieu d’une ; de môme si le mai i travaille avec trop d’ardeur à faire tomber un œuf, au lieu d’un il en tombe deux ou trois principalement quand il a une femme féconde, aussi sensible au plaisir et aussi emportée que lui. »

Sül’EP.FŒTATlON

B. Super fœtation. — Une première grossesse existe depuis plusieurs semaines ou même plusieurs mois lorsqu’une deuxième fécondation se produit. Théoriquement cette superimprégnation tardive est possible tant que les caduques ovulaire et utérine du premier œuf ne s’opposent pas par leur fusion au passage des spermatozoïdes, c’est-à-dire pendant les trois ou quatre premiers mois. L’autre condition nécessaire est la maturation d’un follicule de de Graaf ; c’est là une condition dont la réalisation a été constatée plus d’une fois à l’autopsie de femmes mortes pendant la grossesse.

Les faits cliniques que l’on a invoqués à l’appui de la superfœtation sont les suivants :

Tantôt les fœtus expulsés à quelques heures d’intervalle présentent dans

Fig. 337. — Deux masses placentaires distinctes réunies par un petit pont membraneux.

(D’après nature.)

leur volume et leur aspect une différence telle que l’un semble à terme et l’autre paraît n’avoir que quatre ou cinq mois de vie intra-utérine.

Tantôt la grossesse se termine par l’expulsion successive et séparée par un intervalle de plusieurs semaines, de deux enfants vivants.

Le fait bien connu de Marianne Bigaud en est un remarquable exemple. Elle mit au monde, le 1®’' avril 1748, un enfant vivant et viable, et le 17 septembre de la même année, c’est-à-dire cinq mois et demi plus tard, elle accoucha d’un enfant à terme.

De même l’observation de Benoîte Franquet, qui accoucha le 20 janvier 1780 d’une fdle paraissant avoir sept mois, et le 6 juillet d’une autre fille à terme.

De même encore celle d’une femme d’Arles qui, lell novembre 1790, accoucha d’une fille paraissant à terme, et le 11 avril 1797 d’une autre fille à terme.

Bappelons encore les faits assez nombreux rapportés par Diemerbrœk, Le Bas, Mœbus, Thielmann, F. Barker, Giuseppe Generali, dans lesquels les deux accouchements se sont succédé à un mois, à six semaines

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