DISPOSITIONS ANATOMIQUES DE L’ŒUF DANS LA GROSSESSE GEMELLAIRE
d’intervalle, et dans lesquels le deuxième fœtus était plus petit que le premier.
Les objections des auteurs qui n’admettent pas la superfœtation peuvent se résumer en quelques lignes. Ils expliquent l’inégal développement des fœtus : 1“ par une sorte inertie physiologique de l’un des ovules fécondés, qui par suite se développerait moins rapidement que l’autre ; 2’ par ce fait que l’un des fœtus naît un peu avant terme, et l’autre un peu après.
Ces hypothèses n’expliquent guère les écarts de cinq mois el demi que nous avons vus exister dans les observations de Marianne Bigaud, de Benoîte Franquet, etc.
On a prétendu enfin que la superfœtation coïnciderait avec une bifidité congénitale de l’utérus. Les faits répondent à cette objection. L’autopsie de Marianne Bigaud, pratiquée en 1755, démontra qu’elle avait un utérus unique. La bifidité de l’utérus n’a été relevée que deux fois par F. Barker et par Generali.
Dispositions anatomiques de l'œuf. — Dans la grossesse géméllaire on peut observer les deux dispositions suivantes :
A, Vœuf est double-, B, Y œuf est simple.
.A. OEuf double. — 1“ Lorsque les deux ovules fécondés se sont grclltîS sur deux points de run des œufs empiète sur le placenta de l’autre, l’utérus assez distants l’un de (D'apres nature.)
l’autre, on trouve deux œufs
complètement distincts, chacun d’eux possédant ses trois membranes (amnios, chorion, caduque), son placenta et renfermant son fœtus.
La circulation d’un œuf est complètement indépendante de celle de l’autre.
La cloison d’adossement des deux œufs comprend deux amnios, deux chorions et deux caduques, c’est donc une cloison à six feuillets. Mais il est assez fréquent de voir les caduques réfléchies s’accoler, se fusionner en une seule membrane. Celle-ci peut même se résorber partiellement ou en totalité.
Ce qu’il importe de retenir, c’est que les membranes d'origine fœtale existent au complet et distinctes pour chacun des œufs. Aussi l’un de ceux-ci peut-il être expulsé alors que l’autre continue à vivre et à se développer dans l’utérus.
Pinard a signalé une disposition particulière de la cloison dans certains cas où il y a deux placentas séparés. Au lieu de se trouver à peu près à égale