ÉRYSIPÈLE
lubrification des parties et se cicatrise sans laisser de traces ou des traces peu profondes. Si la variole se développe à la fois chez la mère et l’enfant, les pustules apparaissent en même temps ; cependant Chaigneau a observé que quelquefois l’éruption était plus tardive chez l’enfant. La variole qui se développe chez le fœtus dans le sein maternel serait presque inévitablement mortelle, d’après Chaigneau. »
Le traitement de la variole pendant la grossesse, conseillé par H. Richardière, consiste à faire prendre chaque jour un bain de sublimé d’un quart d’heure, deux bains lorsque les malades ont une éruption abondante.
Érysipèle. — C’est le plus habituellement à la face que survient l’érysipèle : il s’observe surtout dans les derniers temps de la grossesse.
Il faut toutefois distinguer entre ces inflammations érysipélateuses de la peau, qui reviennent à intervalles réguliers, comme une sorte d’érysipèle menstruel, et le véritable érysipèle qui s’accompagne de phénomènes généraux plus ou moins intenses.
L’érysipèle à répétition ne présente guère de gravité : ainsi Charpentier rapporte l’observation d’une femme qui, depuis le quatrième mois de la grossesse, présenta jusqu’à terme une série d’érysipèles de la face, qui se reproduisirent de mois en mois et étaient remarquables par le peu d’intensité des phénomènes fébriles, quoique l’éruption fût très accentuée. La femme accoucha à terme d’un enfant vivant.
Bien différent est le pronostic du véritable érysipèle de la face. Ce dernier s’accompagne, dans la presque totalité des cas, d’accouchement prématuré qui suit assez rapidement le début de l’affection (23 fois sur 24 cas, d’après Wardwell).
Les femmes atteintes d’érysipèle sont exposées à des accidents puerpéraux plus ou moins graves ; aussi faut-il les traiter sérieusement et redoubler les soins antiseptiques, sans cependant s’exagérer la gravité de cette complication.
Ainsi, sur 19 femmes atteintes d’érysipèle observées par Le Gendre, 9 étaient enceintes de 2 mois 1/2 à 7 mois : leur grossesse a continué sans encombre, 5 ont accouché à terme sans aucun accident; chez les unes en pleine évolution de l’érysipèle de la face, la température n’a point augmenté, et il ne s’est manifesté ni accidents locaux ni accidents généraux. Les autres étaient à peu près ou complètement guéries, mais leur lit était entre deux lits occupés par des femmes atteintes d’érysipèle. Il n’y a pas eu chez elles le moindre symptôme d’infection utérine. Une femme est accouchée prématurément d’un enfant de 6 mois 1/2 qui n’a pas tardé à mourir plutôt par faiblesse congénitale que par infection. Une femme ayant un érysipèle ambulant du tronc a expulsé à 5 mois 1/2 un fœtus macéré, mais elle était dans des conditions complexes, étant atteinte d’un cancer du sein récidivé. Malgré ces conditions défavorables, elle n’a pas eu de suites de couches pathologiques. La seule femme érysipélateuse qui ait eu un commencement d’infection utérine est celle qui, probablement dans le but de faire périr son enfant, s’en était allée accoucher aux lieux d’aisances. L’antisepsie avait été ici nécessairement mal pratiquée.