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VARIOLE

maladie; quelquefois elle pourrait transformer une variole presque bénigne en variole hémorragique promptement mortelle (Raymond); mais ce n’est point la règle.

Pendant l’année 1892, H. Richardière a observé^ 13 femmes enceintes atteintes de variole, à l’hôpital d’Aubervilliers. Sur ces 13 malades, 7 ont guéri sans que la grossesse ait été interrompue dans son cours régulier; parmi ces femmes 4 étaient au sixième mois de la grossesse, 2 étaient enceintes de quatre mois, 1 était enceinte de deux mois. — Au point de vue de la gravité de la variole dont furent atteintes ces femmes, 2 eurent une varioloïde bénigne, évoluant dans des conditions favorables; 5 une variole avec fièvre de suppuration. Parmi ces dernières, trois varioles furent caractérisées par une éruption abondante sur la peau du visage et sur les muqueuses; chez toutes ces femmes, la muqueuse de la vulve a été le siège d’une éruption de pustules particulièrement abondante. Une seule femme a présenté comme complication viscérale une péricardite avec bruit de frottement.

Trois fois la variole a causé l’avortement au moment de la fièvre de suppuration : dans deux cas, il s’agissait de varioles confluentes qui se sont terminées par la mort de ces femmes, dont l’une était enceinte de six semaines, l’autre de six mois. Chez ces deux malades, l’expulsion du fœtus a eu lieu seulement quelques heures avant la mort de la mère. La troisième malade, qui guérit, était enceinte de deux mois : elle avorta huit jours après le début de l’éruption.

Deux femmes, enceintes et à terme, ont accouché pendant la variole et ont guéri toutes deux ; la première accoucha avant l’éruption, le lendemain même de l’apparition des premiers symptômes généraux. L’enfant de cette femme fut atteint de variole onze jours après sa naissance et guérit. Une autre malade accoucha sept jours après le début de l’éruption; l’enfant était mort.

Enfin une malade enceinte de quatre mois présenta une variole hémorra gique ; elle succomba peu d’heures après son entrée à l’hôpital. L’utérus renfermait un fœtus mort non expulsé. — Cette variole primitivement hémorragique a été la seule observée par Richardière sur 200 cas de variole soignés par lui dans le même service.

Lorsque le fœtus n’est pas expulsé, il peut continuer à vivre et naître vivant à terme sans présenter aucune trace de la maladie ; il serait alors particulièrement réfractaire à la variole.

Dans quelques cas exceptionnels, le fœtus est atteint in utero par la variole en même temps que la mère ou un certain temps après elle. « La variole congénitale, dit Pinard, parfaitement identique à celle de l’adulte, est en général discrète. On trouve sur le corps du fœtus une centaine de pustules à peine qui suivent une évolution particulière. Elles ressemblent à celles des muqueuses (Méjean), sont blanchâtres et aplaties, se résolvant ou s’ulcérant rapidement. La plaie suppure peu, ne donne pas de croûtes à cause de la

* II. RicHAnoiÈRE. La variole pendant la grossesse à l’iiùpital d’Aubervilliers pendant l’année 1802. Union médicale, 21 et 25 fév 1893.

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