DIABÈTE
La grossesse peut survenir chez une femme diabétique (M. Duncan, Lécorché); il est moins facile de prouver que le diabète .survient au cours et sous l’influence de la grossesse. 11 en existe cependant des observations indiscutables. 11 ne faut pas, bien entendu, prendre pour du diabète vrai la glycosurie normale des femmes enceintes et des nourrices.
Le diabète aggrave le pronostic de la grossesse : sur 22 cas réunis par M. Duncan, 2 femmes sont mortes. Dans certains cas, ce n’est que vers la fin de la grossesse que survient un coma mortel. Cependant le pronostic est loin d’être toujours grave, puisque Lécorché a pu observer 6 diabétiques enceintes sans qu’aucune d’elles succombe.
Le pronostic pour les fœtus est assez souvent grave : bon nombre meurent pendant la grossesse ou pendant les quelques jours qui suivent la naissance. Lorsque le fœtus succombe au diabète maternel, il s’agit d’une forme grave de diabète qui peut aussi être mortel pour la mère dans un délai plus ou moins rapproché.
La grossesse agit d’une manière défavorable sur le diabète qu’elle aggrave, soit d’une manière immédiate, soit à plus ou moins longue échéance; cette influence mauvaise de la grossesse s’exerce aussi bien sur le diabète qui préexiste à la grossesse que sur celui qui survient après la conception. Dans les deux cas, le diabète peut présenter une marche suraiguë avec une polyurie et une polydypsio intenses, et se terminer au bout de quelques semaines par un coma mortel; d’autres fois la grossesse suit son cours. Le diabète qui survient au cours de la grossesse peut, après l’accouchement, persister et suivre son évolution habituelle. D’autres fois il se produit une amélioration très marquée qui peut aller jusqu’à la disparition complète de la glycosurie. Lorsqu’une nouvelle grossesse survient, elle détermine habituellement une aggravation du diabète qui peut ainsi constituer un véritable diabète intermittent.
Le pronostic, du diabète chez la femme enceinte est d’autant plus réservé qu’il est peu influencé par le régime.
Quant à la conduite à tenir, elle consiste à doser de temps en temps ta quantité de sucre et à prescrire le régime approprié ; lorsqu’on se trouve en présence d’une femme diabétique chez laquelle les grossesses antérieures se sont terminées près du terme par l’expulsion d’enfants morts, il peut être indiqué de provoquer l’accouchement dès que l’enfant est viable. Pinard a rapporté une observation de ce genre dans une leçon clinique faite en 1895.
La glycosurie, dit Le Gendre \ peut apparaître au moment de la grossesse et cesser après la délivrance ; dans les cas plus graves, ce diabète de la grossesse peut durer une vingtaine de mois; il peut aussi être assez grave pour amener la mort. Quand une femme diabétique devient enceinte, elle avorte 1 fois sur 5. C’est vers le cinquième mois de la grossesse que le dia-
* Traité de médecine, t. I, p. 429.