‹ Précis d'obstétriqueChapitre 387 sur 713 · MORT · texte numérisé non relu

MORT

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Lésions aortiques

Insuffisance mitrale

Rétrécissement mitral

Rétrécissement et insuffisance

de l'orifice mitral

Ao-,io

Lésions complexes

dO

G. Sée pense que c’est l’insuffisance mitrale qui donne lieu aux accidents les plus fréquents.

Cette question de statistique est difficile à trancher; le pronostic varie, en effet, non seulement suivant la nature de la lésion, mais encore suivant son étendue et principalement suivant l’état du myocarde.

C’est souvent au moment du travail qu’apparaissent les accidents. Si la femme accouche à terme, ou près du terme, si l’entant est volumineux, les

* The Lancet, janvier et février 1896

MALADIES DU CŒUR ET GROSSESSE

parties molles quelque peu résistantes, des troubles circulatoires plus ou moins graves peuvent apparaître sous l’influence des elîorts que fait la (emme. L’inertie utérine n’est pas rare : il y a alors tout intérêt à terminer l’accouchement le plus rapidement possible.

Traitement prophylactique. - Peut-on permettre le mariage à une jeune 1111e atteinte de maladie du cœur? Les avis sont partagés. Peter déconseille absolument le mariage; si la femme est mariée, il l’engage à ne pas devenir enceinte.

D’autres auteurs pensent qu’on peut permettre le mariage lorsque la cardiopathie ne s’est traduite par aucun accident; lorsque au contraire elle a déjà causé des phénomènes d’asystolie, même passagers, il est préférable de ne pas exposer la femme à une aggravation de la maladie. D’une manière générale, on permet plus volontiers le mariage à une jeune fille atteinte d’une affection aortique qu’à celle qui présente une lésion mitrale ; même dans ce dernier cas on n’est guère autorisé à déconseiller le mariage d’une manière ferme lorsque la lésion est bien compensée. Duroziez a cité le cas exceptionnel d’une femme qui, rhumatisante et cardiaque dès l’âge de 18 ans, a pu avoir 17 enfants, dont 14 à terme et dont 7 survivent.

Jaccoud* insiste sur les difficultés qu’on éprouve à donner un avis rationnel sur la possibilité du mariage pour une cardiaque : il faut admettre que jusqu’à un certain point, le cœur malade peut tolérer la grossesse. Parmi les nombreuses conditions à envisager, il faut prendre en considération le degré de la lésion, savoir si cette lésion a déjà donné naissance à des accidents cardio-vasculaires, s’il y a eu des hémoptysies, de la dyspnée marquée. 11 faut presque toujours en pareil cas déconseiller le mariage; mais si les conditions inverses existent, on permet le mariage en conseillant d’éviter tout effort et toute fatigue au moment d’une grossesse. Jaccoud attache une grande importance à l’usage du régime lacté mixte, le lait étant pris à la dose quotidienne de deux litres dès le deuxième ou le troisième mois de la grossesse.

Les accidents peuvent ne se montrer chez une cardiaque qu’après l’accouchement : ils résultent d’une insuffisance fonctionnelle du cœur provenant du surmenage ; de la diminution brusque de la tension artérielle, de la dépression nerveuse et surtout des lésions de myocarde. Aussi faut-il surveiller avec soin les cardiaques pendant les quelques heures qui suivent l’expulsion du fœtus.

Traitement médical. — Il ne diffère guère du traitement habituel des cardiopathies; c’est affaire au clinicien de savoir quel médicament il devra administrer (digitale, café, purgatifs, régime lacté, etc.), suivant les indications. Le lait est particulièrement utile.

Peter conseille de recourir à la saignée, lorsque la femme présente une tendance aux congestions ; on peut encore prescrire, suivant les cas, les révulsifs, les bains d’air comprimé, les ferrugineux, l’hydrothérapie, les diurétiques, etc.

* Semaine médicale, 15 sjpt. 180G.

MALADIES DU CŒUR ET GROSSESSE

Il faut entourer de soins hygiéniques tout particuliers la cardiaque enceinte : éviter les refroidissements, la fatigue, les émotions morales, etc.

Les grossesses répétées doivent être évitées.

Traitement obstétrical. — Dans un certain nombre de cas, il est nul; la femme a supporté assez bien sa grossesse. Elle entre en travail et expulse le fœtus sans aucun accident. Tout au plus constate-t-on un peu d’anhélation, une augmentation de fréquence du pouls au moment des efforts d’expulsion : la femme perd un peu plus de sang que d’ordinaire; mais aucun incident grave n’oblige l’accoucheur à intervenir.

Il n’en va pas toujours de même et l’accoucheur peut être obligé de parer à des accidents plus ou moins graves d’asystolie : a, pendant la grossesse; b, pendant le travail.

a. Pendant la grossesse. — Il faut, bien entendu, soumettre la femme au traitement médical; s’il est insuffisant, si la femme continue à présenter des symptômes graves, qui menacent plus ou moins directement ses jours, il faut, suivant l’âge de la grossesse, recourir à l’avortement ou à l’accouchement prématuré.

Quelques auteurs rejettent à tort l’avortement, sous prétexte que la vie de la mère est fort compromise et qu’il ne lui faut pas sacrifier la vie du fœtus ; il nous semble que cette dernière n’est pas moins en danger lorsque les accidents que présente la mère sont assez graves pour qu’on en arrive à discuter l’interruption de la grossesse.

Si la femme vient à succomber brusquement dans les derniers mois de la grossesse, lorsque l’enfant est viable, il faut pratiquer l’opération césarienne.

b. Pendant le travail. — Ne rien faire si la femme ne présente pas d’accident. S’il survient de l’angoisse précordiale, de la gêne respiratoire, hâter le travail et la dilatation de l’orifice utérin par les moyens usuels (injections chaudes, écarteur Tarnier, etc.). Dès que la dilatation est complète, terminer le plus rapidement possible l’extraction du fœtus. A moins d’indication formelle, ne pas donner de chloroforme. Si la femme succombe subitement pendant le travail, extraire l’enfant par l’accouchement forcé ou par l’opération césarienne.

c. Pendant les suites de couches. — Le traitement médical n’a rien de spécial : outre le lait, il faut donner, suivant les indications, de la caféine, de la digitale, etc.

La question de l’allaitement se pose; la femme cardiaque peut-elle allaiter son enfant? Tout dépend de l’état général et de la manière dont le cœur s’est comporté pendant la grossesse et pendant le travail ; si au cours de la grossesse, il n’y a pas eu de gêne fonctionnelle marquée, pas d’albuminurie persistante, etc., si pendant le travail il ne s’est pas produit d’arythmie inquiétante, d’hémorrhagie grave pendant la délivrance, la femme peut allaiter en étant soumise à une observation médicale attentive. Si au contraire la lésion cardiaque n’est pas bien compensée, l’allaitement doit être déconseillé comme étant une cause de fatigue et de surmenage.

VARICES ET GROSSESSE

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