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TRAUMATISME ET GROSSESSE

C’est une question qui n’est bien connue que depuis quelques années et qui s’est modifiée depuis l’ère antiseptique. Parmi les auteurs qui l’ont étudiée, citons Bérard (1840), Valette (de Lyon) (1864), B. Verneuil (1848), E. Petit (1870), Cornillon (1872), Meissner (1872), Massot (1873), Cohnstein (1875). Parmi les différentes discussions relatives à ce sujet, deux ont eu lieu : l’une à la Société obstétricale de Londres (en 1869 ei 1871), au sujet de l’intervention ou de la non-intervention dans les kystes de l’ovaire compliquant la grossesse (Spencer Wells, Barnes); l’autre en 1872, à la Société de chirurgie de Paris, à propos d’une observation de Tarnier, qui s’abstint d’opérer une femme ayant une grosse tumeur fibroplastique des grandes, lèvres; une seconde discussion plus importante se produisit au sujet d’une observation de Nicaise, qui, chez une femme enceinte de huit mois, put faire avec succès une désarticulation de l’épaule pour un ostéo-sarcome de rhumérus. L’accouchement eut lieu à terme. C’est à ce sujet que Guéniot publia un important mémoire au sujet de l’influence de la grossesse sur le traumatisme. — Enfin l’année suivante Verneuil revint à nouveau sur la question avec deux mémoires fort complets.

11 nous semble qu’il faut étudier séparément l’influence des blessures accidentelles et celle des opérations chirurgicales.

A. L’action du traumatisme accidentel varie suivant l’intensité de ce traumatisme, suivant son siège, suivant qu’il s’accompagne d’hémorrhagie, de complications des plaies (accidents fébriles, infectieux, etc.). — 11 est prouvé que plus le traumatisme s’éloigne des organes génitaux et moins l’action sur la grossesse se fait sentir. 11 faut tenir compte de l’état de l’utérus et de l’œuf. L’avortement, l’accouchement prématuré s’observent plus facilement chez des femmes qui y sont naturellement prédisposées.

La grossesse n’influe guère sur la guérison d’une plaie accidentelle. Elle semble cependant retentir parfois sur certains états traumatiques ; c’est ainsi que la consolidation des fractures est souvent retardée.

B. Quant au traumatisme chirurgical dans ses rapports avec la grossesse, il soulève nombre de questions importantes de pratique que Verneuil a bien résumées de la manière suivante :

L’intervention chirurgicale n’est point interdite pendant la grossesse, mais elle est soumise à des règles particulières : s’abstenir quand on peut le faire; intervenir quand il y a urgence.

Le choix du moment opportun, du procédé, de l’opération palliative ou radicale est ici, plus que partout ailleurs, d’une importance extrême. 11 faut :

A. Opérer d’urgence les affections qui mettent immédiatement en danger la vie de la mère, et contre lesquelles la thérapeutique serait insuffisante.

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