MALADIES DE L'APPAREIL GÉNITAL
"Vulve et vagin. — C’est à dessein que nous réunissons dans un même chapitre les manifestations particulières qu’on observe du côté de la vulve et du vagin au cours de la grossesse.
Prurit vulvaire. — Les femmes enceintes éprouvent souvent au niveau des organes génitaux externes des démangeaisons assez fortes ; tantôt ces
démangeaisons sont causées par des liquides qui s’écoulent du vagin et cau-
* Société de dermatologie et de syphiligrapliic, 12 mars 1896.
- Itulletiii de la Soc. obst. de France, lévrier 1895.
• De la dermatose de Duhring au cours de la grossesse. C. Perrier. Th. Paris, 1895.
VAGINITE VÉGÉTANTE.
sent de l’irritation au niveau de la muqueuse vulvaire, qui est rouse et tuméfiée; tantôt les démangeaisons surviennent sans qu’on constate au niveau de la vulve d’autres lésions que celles produites par le grattage
Le prurit vulvaire peut être assez intense pour troubler le sommeil et même donner lieu à de l’inappétence et à des troubles nerveux.
Le traitement consiste dans l’emploi local et général des calmants : on a recours aux injections vaginales, aux lotions vulvaires avec l’eau très chaude, ou mieux avec la liqueur de van Swieten ou avec une solution de chloral à 1 pour 100. En même temps on prescrit les grands bains, le repos, etc.
Leucorrhée. Vaginite granuleuse. — La leucorrhée est très fréquente chez les femmes enceintes : elle est due à l’hypersécrétion de la muqueuse vaginale. Le liquide qui s’écoule est tantôt peu épais, lactescent, tantôt crémeux, parfois jaunâtre.
Chez certaines femmes la muqueuse vaginale est épaissie, rugueuse et présente des granulations plus ou moins volumineuses qui donnent au doigt qui pratique le toucher la sensation d’une râpe : il existe de la vaginite granuleuse (Delille). Le liquide qui s’écoule alors est généralement épais, de couleur verdâtre, quasi purulent et d’odeur désagréable.
Cette vaginite granuleuse doit être soignée par les irrigations vaginales fréquentes (3 ou 4 par 24 heures) avec une solution de biiodure de mercure à 1 pour 4 000 ou avec une solution de chloral à 1 pour 100. — On prescrit en même temps des bains alcalins.
Vaginite végétante et végétations vulvaires. — On observe parfois au cours de la grossesse, sur la muqueuse vaginale et vulvaire, de petites saillies, irrégulières, donnant au doigt la sensation de verrues : ce sont des végétations qui forment des sortes de petits choux-fleurs. Elles sont semées^ çà et là ou bien forment par leur réunion de véritables petites tumeurs.
Elles siègent sur la paroi vaginale et peuvent même recouvrir le col, mais elles existent surtout au niveau de la vulve, sur le rebord des grandes lèvres, dans le sillon de séparation des grandes et des petites lèvres ; on en trouve également au niveau de la commissure vulvaire, au pourtour de l’anus et même dans le sillon interfessier.
Elles présentent une coloration différente suivant le siège qu’elles occupent : tantôt elles sont rosées, blanchâtres, tantôt elles sont bleuâtres, livides.
Elles produisent habituellement un suintement fétide qui est une cause de prurit et d’érythème de la zone génitale; rarement leur volume est suffisant pour devenir une cause de dystocie légère au moment de l’accouchement.
Bien qu’on ne connaisse pas exactement la pathogénie de ces lésions, bien qu’on ne puisse préciser leurs rapports avec l’infection blennorrhagique qui les cause le plus habituellement, il est certain qu’elles ne sont nullement liées à la syphilis (Thibierge) et qu’elles sont sous la dépendance directe de la grossesse; quel que soit en effet leur volume, elles ne disperaissent qu’après l’accouchement.
Il est dangereux ou tout au moins inutile d’instituer contre les végétalions^