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MOLE HYDATIFORME OU VÉSICULAIRE

Les anciens auteurs appelaient môle toute masse qui, développée dans l’intérieur de l’utérus, en était expulsée ; ils confondaient ainsi nombre de produits dissemblables, tels que débris placentaires retenus après l’avortement, fibromyomes, polypes.

Aussi étaient-ils obligés de différencier les môles î;mies des môles fausses et de décrire des môles charnues, vésiculaires, aqueuses, etc.

Peu à peu le nom de môle a été réservé au développement dans l’utérus de vésicules dont on a cherdié pendant longtemps la pathogénie; Regnier de Graaf (1678) admettait que ces vésicules étaient des œufs non fécondés; d’autres auteurs (Ruysch, Albinus) pensèrent qu’il s’agissait d’une altération de l’œuf; Percy (1811) voulut préciser et admit que les vésicules contenaient chacune un petit ver.

Mme Boivin, MM. Velpeau, Desormeaux montrèrent qu’il s’agissait d’une maladie des membranes de l’œuf.

Ch. Robin l’attribua à une hydropisie des villosités choriales.

De ses recherches Virchow conclut qu’il s’agit d’un myxome des villosités choriales, d’une véritable hyperplasie du tissu muqueux qui existe à l’état normal dans chaque villosité. La môle serait donc constituée par une dégénérescence kystique des villosités choriales résultant d’une hypertrophie du tissus muqueux : ce serait un myxome du placenta. Cette théorie du myxome a été acceptée par la plupart des auteurs; cependant elle a été corabaltuc par II Müller, pour qui la môle résulte d’une prolifération de l’épithélium des villosités choriales, par Ercolani qui insiste sur la néoplasie de cet épithélium et par Rummler qui fait remarquer que c’est dans les grosses vésicules qu’il y a le moins de mucine.

Frænkel, Franqué insistent sur l’importance des proliférations cellulaires qui se développent hors des villosités ; Marchand ne considère pas la môle comme un myxome, mais comme une tumeur épithéliale, et pense que la modification la plus importante est celle des parties épithéliales qui produisent peut-être une altération hydropique du tissu cellulaire du chorion. L. Ouvry‘ insiste également sur la constance des lésions de l’épithélium de revêtement de la villosité.

Anatomie pathologique. — L’aspect macroscopique de la môle expulsée de l’utérus varie suivant l’étendue et la variété des lésions qui ont fait distinguer par Dubois et Desormeaux : 1“ une môle pleine ou en masse; 2“ une môle creuse; 5“ une môle embryonnée.

1“ Môle pleine. — Elle se présente sous l’aspect d’une masse rougeâtre, plus ou moins volumineuse, pouvant atteindre le volume d’une tête d’enfant, et recouverte de caillots sanguins. Lorsqu’on a lavé cette tumeur, lorsqu’on l’a débarrassée des caillots qui l’enveloppent, on voit qu’elle est constituée par lin amas de petits kystes de forme et de volume extrêmement variés, reliés

‘ Elude de la môle Itydaliforme. Thèse Paris 1897.

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entre eux par de nombreux filaments très ténus et rattachés par leur périphérie à une membrane de couleur rougeâtre qui n’est qu’un reste du chorion.

Tantôt cette masse ne renferme que des vésicules sans traces d’amnios ; d’autres fois on constate les débris d’une poche amniotique.

Cette dégénérescence complète de l’œuf semble exister lorsqu’elle atteint les villosités choriales dès le début, lorsque l’œuf est encore englobé de toute part par les villosités.

2“ Môle creuse. — Dans certains cas, la poche afuniotique ne contient que du liquide gélatineux, lactescent, sans trace d’embryon ni de cordon ombilical : le fœtus a été dissous ou résorbé. Parfois on retrouve un petit débris de cordon ombilical qui témoigne de l’existence de l’embryon à un moment donné. C’est à tort que les anciens auteurs dénommaient cette variété : môle non embryonnée; mieux vaut conserver l’appellation de môle vésiculaire creuse.

3" Môle embryonnée. — Dans d’autres cas, on retrouve tous les éléments de l’œuf : la caduque forme à la môle une véritable enveloppe, et ce n’est qu’après l’avoir incisée qu’il s’écoule une certaine quantité de liquide clair et que les vésicules apparaissent entre les lèvres de l’incision avec les caractères que nous étudierons tout à l’heure. Après avoir dissocié ces A'ésicules, on trouve vers le centre de la tumeur une poche blanchâtre, assez résistante, qui n’est autre que l’amnios renfermant un embryon ou un fœtus et du liquide amniotique. Ce fœtus est plus ou moins développé suivant que la dég'énérescence a envahi une étendue plus ou moins grande des villosités choriales.

Parfois la dégénérescence des villosités choriales n’est que partielle : le lœtus se développe, peut naître près du terme, et ce n’est qu’au moment do l’expulsion du placenta que l’on constate la dégénérescence d’une partie du placenta. On conçoit quelles variétés peut présenter la môle suivant que la dégénérescence est complète ou seulement partielle.

Tantôt l’enfant naît vivant et bien portant, quelques cotylédons seulement ayant subi la dégénérescence kystique; tantôt l’enfant naît vivant, mais en état de faiblesse congénitale : Depaulavu ainsi un placenta dont la moitié environ présentait une transformation hydatiforme ',1a grossesse alla cependantà terme et l’enfant naquit vivant, mais « malingre et très faible ». Enfin le fœtus — et c’est le cas le plus habituel — meurt par suite des altérations du placenta.

Étudions maintenant les parties dégénérées {pédicules, vésicules) en même temps que les rapports de la môle avec la caduque et la paroi utérine.

Pédicules. — Les pédicules réunissent les vésicules les unes aux autr('f^ ou à la face profonde du chorion ; ils sont donc de deux espèces : ceux qiu sont formés par les troncs et les branches des villosités et ceux qui se dév»; loppent sur la surface externe des villosités. — Les premiers sont dits pédicules d’implantation", leur volume reste normal ou se dilate un peu en re.stant cylindrique. Leur longueur est souvent de 1 à 2 centimètres; les vésicules ne se montrent qu’à partir des ramifications.

Les seconds ou pédicules de suspension sont moins longs, plus grêles. Leur longueur moyenne est de 1 à 2 millimètres et leur épaisseur est d’un millimètre de diamètre. Tantôt leur lumière est oblitérée; tantôts ils laissent refluer le liquide d’une vésicule à l’autre.

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