MOLE HYDATIFOR5IE OU VÉSICULAIRE
Suivant la longueur du pédicule, les vésicules sont sessiles ou bien semblent isolées; sur les pédicules ou sur leurs divisions, on voit de petites vésicules, de forme irrégulière, hérissées de prolongements. Les pédicules présentent parfois des renflements par place. Outre ces pédicules on voit des filaments très déliés, très fragiles, enchevêtrés, qui vont en grand nombre à une même vésicule.
Vésicules. — Elles présentent une variété infinie de volume (fig. 368), de
Fi". 568. — Môle vésiculaire (d’après nature).
forme, de coloration, de rapports, etc. Les vésicules naissent ià où les pédicules commencent à se ramifier et forment de véritables grappes; les grains de chaque grappe sont plus ou moins volumineux ; les uns ont la dimension d’une noisette, d’un gros pois, les autres sont plus petits; les unes et les autres se trouvent côte à côte ; quelquefois les plus petites s’insèrent sur les grosses à l’aide d’un très fin pédicule. Tantôt elles sont arrondies, piriformes; le plus souvent elles sont fusiformes, allongées; lorsqu’elles siègent aux points de ramification, elles sont triangulaires ou étoilées.
Tantôt les vésicules sont incolores, tantôt elles ont une teinte jaunâtre et rosée : ce qui tient à la coloration du liquide qu’elles renferment et à l’imbi-
MÔLE llYDATIFORME OU VÉSICULAIRE.
Ijilion de la paroi vésiculaire par l’héinatine des caillots qui englobent les vésicules.
Le liquide contient, outre des sels, de l’albumine et de la mucine en assez grande quantité; il renferme en outre deux espèces de cellules bien décrites par Robin et Cayla : les unes sont sphériques, transparentes, à bords nets, réguliers, mais pâles, et contiennent un ou deux noyaux sphériques : les autres « appartiennent à l’épithélium pavimenteux; elles ont un noyau ovoïde et un nucléole distinct et ne diffèrent des autres cellules d’épithélium pavimenteux à l’élat naissant, que par des granulations moléculaires, à contours nets, très foncés, à centre brillant, réfractant la lumière en jaune. Quelques-unes sont sphériques. Les autres sont inégalement polygonales, comme dans tous les épithéliums pavimenteux ». Ce liquide se trouve parfois au milieu d’un réticulum à mailles larges.
La structure de la paroi de la vésicule est diversement interprétée par les auteurs : d’après Virchow, la vésicule est composée de deux couches. Lune externe formée de cellules épithéliales cylindriques, l’autre interne, plus ou moins épaisse, constituée par du tissu muqueux qui renferme de nombreuses granulations grisâtres, fines, surtout accumulées à la périphérie. Cette paroi ne renferme pas de vaisseau.
D’après Ercolani, les vésicules seraient dues à la prolifération de l’épithélium des villosités choriales; la paroi de la vésicule serait exclusivement épithéliale; les éléments cellulaires internes des vésicules se transformeraient en liquide, tandis que les couches extérieures proliféreraient et engendreraient d’autres vésicules.
L’histologie de la môle a été étudiée récemment, en Allemagne par FraonkeF, Marchand*, Franqué®, et en France par L. Ouvry*; tous ces auteurs arrivent à peu près â la même description que nous reproduisons d’après la thèse d’Ouvry. La villosité normale se compose :
a. D’un stroma. 11 est formé par un tissu conjonctif muqueux que pénètrent les capillaires des vaisseaux ombilicaux; ce tissu embryonnaire est constitué par des cellules étoilées et fusiformes et par un réseau de fibrilles dans les mailles desquelles se trouve de la mucine.
b. D’un revêtement épithélial qui se compose de deux couches : 1® une couche profonde qui est en rapport avec le stroma et qui enveloppe toute la villosité d’une assise de cellules cubiques et cylindriques (couche de Langhans); 2° une couche superficielle, inégalement répartie, qui est formée de protoplasma riche en noyaux foncés : c’est le syncitium ou plasmodium qui est d’origine fœtale (Mathias Duval) et non d’origine maternelle.
Voyons les lésions observées dans la môle sur chacune de ces parties.
A. A un faible grossissement les plus grandes vésicules sont irrégulières, plissées; elles sont bordées par une couche cellulaire plus ou moins épaisse : leur centre est occupé par une matière amorphe. Entre celle-ci et
‘ Arch. fur Gyn., XLVIII.
« Zeils. fiir Gcb. u. Gyn., Bd. XXXII, 1895.
® Zeits. fur Geb. u. Gyn., Bd. XXXIV, 1890.
* Étude de la môle hydatiforme. Tli. Paris 1897. G. Steinheil, éd.