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B. EXPULSION PRÉMATURÉE DU FŒTUS

Comme nous l’avons indiqué (page 822), cette expulsion peut se faire à toute époque de la grossesse; il faut distinguer deux catégories de faits, suivant que le fœtus est viable ou non. Nous avons déjà vu combien cette question de viabilité était difficile à trancher.

La loi admet la viabilité du fœtus après la fin du sixième mois, c’est-à-dire 180 jours après la fécondation. Jusque dans ces dernières années les accoucheurs n’admettaient guère la viabilité du fœtus qui naît pendant le septième mois; mais, grâce aux progrès réalises par Tarnier dans l’élevage des nouveau-nés à l’aide de la couveuse et du gavage, on tend à considérer, au point de vue clinique comme au point de vue légal, les enfants nés après le sixième mois de la grossesse comme viables.

11 n’est point facile, dans la presque totalité des cas, de savoir à quelle date précise remonte la fécondation et par suite de savoir quel est exactement l’âge de la grossesse. Les accoucheurs ont de plus en plus de tendance à se reporter au poids du fœtus — et à son habitus extérieur — pour apprécier sa viabilité. Aussi — d’une manière un peu théorique — nous allons étudier X expulsion prématurée

1® De l’embryon ou du fœtus non viable (pesant moins de 1000 gr.).

2® Du fœtus viable (pesant de 1 000 à 2 200 gr.).

1® Expulsion de l’embryon eu du fœtus non viable {avortement). — Nous n’envisageons ici que X expulsion spontanée, et si certains points de la symptomatologie et du traitement ne sont pas suffisamment précis, c’est qu’il est probable que trop souvent on a confondu deux ordres de faits (expulsion spontanée et expulsion provoquée).

Fréquence. — Elle est très difficile à apprécier : nombre de fausses couches des deux premiers mois de la grossesse passent inaperçues; en outre, pour celles ayant lieu à une époque un peu plus avancée, les femmes, qui se passent même de soins, entrent rarement dans les Maternités. Aussi est-il actuellement malaisé d’indiquer d’une manière précise quelle est la fréquence des avortements, et à quelle époque de la grossesse cet accident est surtout à redouter. D’après différentes statistiques, on observerait environ un avortement sur cinq ou six grossesses; cette proportion est certainement exagérée. Nombre de femmes (4 sur 5 au moins) mènent toutes leurs grossesses à bien et accouchent à terme ou près du terme.

Causes. — Les causes qui produisent l’avortement sont multiples. Quelquesunes, telles que l’albuminurie gravidique, la syphilis maternelle, par exemple.

CAUSES DE L’AVORTEMENT

peuvent causer la mort du fœtus in utero ou son expulsion prématurée avec des lésions organiques qui ne lui permettent pas de continuer à se développer. Voyons quelles sont les causes les plus fréquentes des avortements, suivant que ces causes proviennent : 1“ du père; 2“ de la mère; 3" du fœtus ou plutôt de l’œuf.

1® Causes provenant du père. — Il ne suffit pas, pour qu’un œuf se développe, qu’il soit fécondé; il faut encore que la semence soit bonne, que le spermatozoïde soit sain, qu’il provienne d’un organisme ne présentant pas de tare trop marquée. Il semble que lorsque le mâle est trop âgé, ou surmené, soit par les excès, soit par des fatigues, le produit de conception soit plus exposé à ne pas se développer. Les excès de coït ont à cet égard une action nuisible ; diff érents vétérinaires ont observé que le surmenage génital chez le taureau fait que les vaches saillies à ce moment ne peuvent mener à terme leurs produits. C’est ainsi qu’en faisant saillir par le même taureau, en peu de temps, 50 vaches, les quinze premières vaches saillies vont à terme, les quinze dernières avortent.

Quelques maladies du père peuvent retentir sur l’organisme du fœtus, gêner son développement et amener son expulsion dès les premiers temps de la grossesse. La tuberculose, le saturnisme, V alcoolisme, etc., peuvent provoquer l’avortement.

2® Causes provenant de la mère. — Toutefois ces différentes causes agissent surtout lorsqu’elles existent chez la mère ou bien lorsqu’elles sont à la fois réunies chez le père et chez la mère. Nous avons vu quelle part importante il fallait faire à la syphilis dans la genèse de la mort du fœtus pendant la grossesse ; parfois la syphilis ne tue pas : elle produit des lésions du fœtus, du placenta, des membranes qui ne permettent pas à l’œuf de rester plus longtemps greffé dans l’utérus.

L’intoxication par le sulfure de carbone, par le tabac, a une inffuence plus discutable; il semble que l’oxyde de carbone joue un rôle plus actif : tout le monde connaît la fréquence des fausses couches chez les cuisinières qui respirent ce gaz une partie de la journée.

Si les excès génitaux agissent chez l’homme en diminuant^ avant la fécondation, la vitalité des spermatozoïdes, ils agissent souvent chez la femme grosse par action mécanique, par traumatisme. Ainsi les jeunes mariées font souvent pour cette raison des fausses couches de cinq à six semaines.

Un certain nombre de causes, provenant de l’âge, du climat, du tempérament, de l’obésité (Stoltz), des mauvaises conditions hygiéniques, de l’alimentation insuffisante, de l’altitude (Saucerotte), etc., ne semblent pas avoir une influence très nette.

Vhérédité semble jouer un rôle réel : dans certaines familles, les femmes avortent plus souvent que dans d’autres.

Toutes les maladies aiguës ou chroniques qui existent chez la femme enceinte peuvent amener l’avortement de différentes manières, soit par suite de l’hyperthermie et des modifications du sang, soit par suite d’altérations placentaires : nous avons étudié à cet égard l’influence nocive des fièvres

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