BASSINS VICIÉS PAR OBSTRUCTION
Le bassin peut n’être pas vicié, autrement il le serait comme dans la spondylolisthèse par redressement du sacrum, écartement des crêtes iliaques et rétrécissement du détroit inférieur ; le diamètre sacro-pubien conserve sa longueur; il peut même être augmenté, mais l’obstacle siège au-dessus : au niveau d’une ligne qui s’étend du pubis au corps des vertèbf’es lombaires
l'ig. 423. — Bassin spondyiizématique de Fehling. (D’après F.-J. Herrgott.)
et même dorsales, rapprochées du pubis par une inclinaison exagérée. Ainsi, dans un cas décrit par Fehling, la colonne vertébrale dorso-lombaire n’est qu’à 38 millimètres de la symphyse.
n. BASSINS VICIÉS PAR OBSTRUCTION.
Ces bassins, heureusement rares, échappent à toute description : ils varient en effet de dimensions suivant le siège, la forme, la consistance et la nature de la tumeur qui remplit plus ou moins l’excavation. ^
Il faut toutefois établir une distinction capitale entre les tumeurs provenant du voisinage et celles développées in situ, telles que les exostoses (fig. 426), les différentes variétés des tumeurs cancéreuses des os du bassin, les fibromes, etc.; ces tumeurs sont le plus habituellement sessiles, irréductibles. Pour peu qu’elles soient développées, elles opposent un obstacle infranchissable au passage du fœtus vivant.
Le diagnostic de ces tumeurs n’est pas toujours facile : Chambrelent a rapporté* une observation dans laquelle il fut obligé de pratiquer la basiotripsie pour une tumeur qui obstruait l’excavation et qui fut prise tout d’abord pour une tumeur fibreuse calcifiée de la lèvre postérieure du col : il
‘ Congrès de Bordeaux, 1895, pRûcis d’obstétrique.
BASSINS A VICIATIONS COMPLEXES.
s’agissait en réalité d’une tumeur en partie osseuse, en partie cartilagineuse adhérente à la paroi postérieure du bassin, au niveau de l’articulation sacro-iliaque gauche.
Certaines déformations du bassin, telles que les cals dilformes consécutifs à des fractures du bassin, rendent le bassin plus ou moins irrégulier, mais permettent cependant l’accouchement par les voies naturelles.
Quant aux tumeurs de voisinage qui font saillie dans l’excavation, le pronostic au point de vue de l’accouchement diffère pour chacune d’elles; les plus fréquentes sont les fibromes kystes du ligament large, etc., il importe de dilférencier ces tumeurs de celles qui rendent le bassin réellement vicié par obstruction.
Lorsqu’ en elfet la tumeur est suffisamment développée pour mettre un obstacle considéz'able à l’accouchement, on est obligé d’avoir recours à l’opération césarienne. La symphyséotomie ne pourrait donner de bons résultats qu’autant que la tumeur serait de petit volume et située de préférence à la partie postérieure de l’excavation.