OVIDUCTES ( TROMPES DE FALLOPE
Les trompes utérines, ou trompes de Fallope, ou oviductes, sont les conduits excréteurs des ovaires. De ces trois dénominations. Math. Duval ne conserve que la dernière comme indiquant bien le but physiologique de ces organes, les deux autres ayant servi seulement de terme de comparaison, à une époque où l’on ne connaissait pas leur usage.
Les oviductes servent à recueillir l’ovule excrété par l’ovaire et à le conduire dans l’utérus. D’autre part, c’est dans leur intérieur qu’arrivent les spermatozoïdes venus du vagin, après avoir traversé l’utérus.
On admet que c’est dans le tiers externe des oviductes que se fait la rencontre des deux éléments mâle et femelle; l’ovule fécondé continue sa descente vers l’utérus, à moins qu’un obstacle ne l’immobilise dans la trompe et ne soit la cause d’une grossesse tubaire (voy. Grossesse extrautérine).
Situation et moyens de fixité. — Situés sur les côtés de l’utérus (lig. 15, T), avec lequel ils se continuent, les oviductes sont logés dans I’aileron moyen du ligament large; malgré cela, la trompe n’est pas située en avant de l’ovaire, mais plutôt en arrière de lui. En effet, l’aileron moyen (rnéso-salpinx), long dans sa partie externe, donne à la trompe une grande mobilité. Le méso-salpinx, rabattu avec la trompe, forme un pli à angle aigu qui masque l’ovaire (P. Delbet).
En dedans, V oviducte vient s’aboucher au niveau de la corne de l’utérus; en dehors, il donne attache aux ligaments infundibulo-pelvien et infundibulo-ovarien. Malgré ces moyens de fixité, l’oviducte est le siège des déplacements physiologiques, surtout au moment de la ponte ovulaire.
Direction. — Les oviductes s’étendent à peu près horizontalement de dedans en dehors, des cornes de l’utérus vers les parties latérales du bassin ; d’abord rectilignes dans une étendue de 2 à 3 centimètres, puis flexueux, ils se recourbent en arrière dans leur moitié externe de façon à décrire un arc à concavité postérieure.
Dimensions. — Les oviductes mesurent en moyenne 10 à 12 centimètres de longueur.
Leur DIAMÈTRE augmente progressivement à partir de leur implantation utérine. Il est de 3 à 4 millimètres près de l’utérus, de 5 à 6 millimètres vers leur partie moyenne, de 7 à 8 millimètres au niveau de leur extrémité externe (Sappey).
La FORME des oviductes les a fait comparer par Fallope à une trompe de chasse. On leur considère trois segments : a. un interne ou isthme de Barkow, ou portion interstitielle; b. un moyen, corps ou ampoule de Henle; c. un externe ou pavillon.
a. Visthme, ou mieux la portion interstitielle ou intra-utérine de 1 oviducte, est rectiligne et en rapport avec la corne utérine; elle est longue
OVIDUCTES.
de 5 centimètres environ. Cette portion de la trompe est dure, inextensible. Elle offre un calibre de 1 millimètre seulement. Son orifice dans la cavité utérine [ostium uterinum) est arrondi et situé au niveau de l’angle supérieur de la cavité utérine.
b. Segment moyen. — Le segment moyen ou corps de l’oviducte naît de 1 utérus entre le point d’émergence du ligament rond et celui du ligament utéro-ovarien.
Le corps de l’oviducte comprend deux portions qui diffèrent notablement l’une de l’autre : la partie interne ou isthme est rectiligne, cylindrique, et donne au toucher la sensation d’un tube arrondi et dur; sa longueur
Fig. 18. — Face postérieure de l'utérus et des annexes du côté droit.
FU, Fond de i'ulérus. U, Corps de Vulérus, LL, IJtjaments larges. ALL, Ailerons du ligament large. L R, Ligaments ronds. T, Trompe. Pa, Pavillon ce la trompe. O, Ovaire. LUO, Ligament utéro-ovarien. LTO, Ligament iubo-ovarien. VUO, Vaisseaux utéi o-ovariens.
moyenne est de 3 ou 4 centimètres; la partie externe, l’ampoule, est plus longue (7 à 8 centimètres) et plus large; elle se distingue de l’isthme par la constitution de sa paroi qui est plus mince et par sa consistance qui est beaucoup plus molle. Elle en diffère enfin, morphologiquement, en ce qu’elle est un peu aplatie d’avant en arrière, irrégulièrement calibrée, fortement flexueuse, et parfois même, surtout dans le jeune âge, plus ou moins enroulée sur son axe à la manière du tube d’un limaçon (Testut).
c. Le segment externe ou pavillon (fig. 15, Pa), portion de la trompe élargie en forme d’entonnoir, représente un orifice dont les bords sont découpés en 1*2 à 15 franges de longueur variable. Les plus volumineuses de ces franges sont elles-mêmes dentelées et comme festonnées sur leurs bords. L’une de ces franges, plus longue et creusée en gouttière (L T 0), relie le pavillon de la trompe à l’ovaire (voy. p. 7 et les fig. 4 et 5) : c’est la frange
OVIDUCTES
ovarique, qui « suit exactement le même trajet que le ligament tuboovarien, contre lequel elle s’applique par sa face externe et auquel elle adhère intimement » (Testut).
Le pavillon ou morceau frangé a été assez justement comparé à la corolle d’une fleur.
L’ouverture du pavillon est habituellement dirigée en bas, en arrière et en dedans. Le sommet du pavillon est constitué par un orifice arrondi, qui s’ouvre dans la cavité péritonéale (c’est V ostium abdominale).
Calibre. — Le calibre de la trompe va en se rétrécissant du pavillon vers le segment utérin. L’orifice qu’entourent les franges du pavillon [ostium abdominale) est circulaire; il admet facilement une grosse plume d’oie; il est en outre très dilatable.
Dans sa partie externe la trompe admet l’extrémité d’une sonde de moyen volume, tandis que dans sa partie interné elle ne laisse passer qu’une soie de sanglier.
Enfin, dans la portion de ce conduit qui est creusée dans l’épaisseur de la corne utérine le calibre devient capillaire et c’est à peine si l’on voit à l’œil nu un orifice, l’orifice utérin [ostium uterinum).
Ainsi le conduit tubo-utérin communique au niveau du pavillon avec la cavité péritonéale. Du liquide accumulé dans la trompe peut donc se déverser dans le péritoine.
Il est plus difficile de déterminer si du liquide accumulé dans l’utérus peut refluer dans les oviductes et de là dans la cavité abdominale : cette question, importante au point de vue des dangers des injections intrautéi’ines, a été l’objet de nombreuses recherches expérimentales contradictoires. Presque tous les observateurs, Danyau (1840), Delore (1869), qui ont expérimenté sur des cadavres de femmes mortes en couches, ont constaté que le liquide des injections intra-utérines ne refluait pas par la trompe dans le péritoine. D’après Fontaine (1869), le liquide peut passer, mais très difficilement, lorsqu’une ligature très serrée étreint le col sur la canule qui sert à faire l’injection. ïarnier a repris récemment ces expériences avec Tissier et conclut’ en disant qu’il semble « résulter de ces expériences que, dans les conditions normales, chez la femme en couches, il n’y a à redouter aucun reflux du liquide par les trompes pendant une injection intra-utérine, et que, par conséquent, les accidents consécutifs aux injections ne doivent pas, malgré les assertions contraires, être attribués au passage du liquide dans le péritoine » .
Si l’on fend une trompe dans toute sa longueur et qu’on plonge cette préparation dans l’eau, on voit que son corps présente de nombreux plis (fig. 4, p. 5) longitudinaux, surtout marqués dans sa moitié externe et si rapprochés qu’ils se touchent par leur bord libre. Le canal tubaire est par eux transformé en une série de petites rigoles capillaires plus ou moins parallèles, disposition qui joue probablement un rôle dans la progression des spermatozoïdes.
* De l'asepsie et de l’antisepsie en obstétrique, p. Ü57. Paris, 1804.
STRUCTURE DES ÜVIDUCTES.
Rapports. — Les oviductes sont en rapport plus ou moins médiat avec les organes contenus dans les ligaments larges : 1“ vaisseaux sanguins et lymphatiques, nerfs, tissu cellulaire, etc.; 2“ avec l’ovaire dont le pavillon ne recouvre, d’après Henle, que le tiers externe; 3" avec le corps de Rosenmidler et le parovaire. Ils sont en outre en rapport en avant avec les ligaments ronds, en haut avec les anses intestinales.
Structure. — L’oviducte est formé par trois tuniques : 1“ une tunique externe ou séreuse ; 2“ une tunique moyenne ou musculaire ; 3® une tunique interne ou muqueuse.
1® Tunique externe. — Le péritoine adhère lâchement à la tunique musculaire. Il se termine brusquement au niveau du hord libre du pavillon, il tapisse l’oviducte entièrement, sauf au niveau du bord inférieur où le péritoine s’adosse à lui-même pour former une sorte de méso-salpinx.
2“ Tunique moyenne. — Cette couche comprend deux plans de libres : le plan externe, formé de fibres dont la direction prédominante est longitudinale; l’interne, dans lequel les fibres circulaires sont plus abondantes.
Williams a, en outre, décrit quelques fibres musculaires à direction longitudinale qui sont situées entre la couche de fibres circulaires et la muqueuse ; ces fibres n’existeraient que dans la portion de l’oviducte qui se trouve près de l’utérus.
3® Tunique mterne. — La muqueuse se continue en dedans avec la muqueuse de l’utérus, en dehors avec le péritoine au niveau de la face externe des franges du pavillon. Elle seule forme les plis longitudinaux dont nous avons déjà parlé. On n’y trouve ni papilles ni glandes. La muqueuse est recouverte d’un épithélium cylindrique à cils vibratiles dont les mouvements sont dirigés du pavillon vers l’utérus.
Vaisseaux et nerfs. — Les artères viennent d’un arc anastomotique qui existe entre la ramification ovarienne de l’artère utéro-ovarienne et l’extrémité supérieure de l’artère utérine. D’après Dutilleul (thèse do Lille, 1888), cette artère, qu’il appelle artère intermédiaire, fournit toute la vascularisation de la trompe; elle émet deux branches, l’une externe, chargée d’irriguer l’ampoule et le pavillon ; l’autre interne, qui naît près de l’utérus et qui fournit des vaisseaux à l’isthme tubaire. Elles pénètrent entre les deux feuillets du ligament large et abordent l’oviducte par son bord inférieur. Très volumineuses dans la couche musculaire, elles y prennent une disposition hélicine. Les deux branches de l’artère intermédiaire émettent autour de la trompe des ramuscules nombreux qui s’anastomosent entre eux.
Les veines, très abondantes, forment sur le bord inférieur de l’oviducte des arcades anastomotiques et se l’endent dans les veines utéro-ovariennes.
Les lymphatiques forment un réseau plus superficiel, situé sous la séreuse, et se rendent, comme ceux de l’ovaire et du corps de l’utérus, dans les ganglions lombaires.
Le plexus hypogastrique fournit les nerfs dont la distribution finale n’est pas encore bien connue.
Développement. — Les oviductes se développent aux dépens du seg-
UTERUS.
ment supérieur des tubes de Muller, dont la partie inférieure formera l’utérus et le vagin. Chez l’embryon, ils sont relativement plus développés que l’utérus. Vers le septième mois de la vie intra-utérine, ils sont très flexueux. PourPouchet, la trompe ne se développerait pas d’une seule pièce, mais par autant de pièces qu’il y a de prévertèbres : d’où la présence de pavillons accessoires.
Anomalies et vices de conformation. — Les trompes peuvent manquer ou n’exister qu’à l’état rudimentaire ; d’ordinaire un état analogue existe du côté de l’utérus. Une trompe unique coexiste souvent avec un utérus unicorne. Elles peuvent être oblitérées soit dans toute leur étendue, soit sur un ou plusieurs points.
Richard ‘ a décrit une anomalie intéressante et, d’après lui, fréquente. Chez un sixième des femmes, on trouvei’ait des pavillons accessoires sous forme de un à trois orifices ornés de franges et situés au voisinage du pavillon principal. Cette anomalie serait plus rare, d’après Sappey, qui ne l’a rencontrée qu’une fois sur seize femmes.
UTÉRUS
]j utérus est l’organe de la gestation et de la parturition.
Situation. — Chez le fœtus, l’utérus est situé dans la cavité abdominale ; le développement du bassin qui s’opère après la naissance le fait devenir organe pelvien.
A dix ans, la limite supérieure de l’utérus est déterminée par le détroit supérieur. Elle s’abaisse un peu chez l’adulte. Situé chez la femme adulte, pendant la vacuité, dans l’excavation pelvienne, il est placé sur la ligne médiane (fig. 1, p. 2) entre la vessie et le rectum et transversalement entre les deux ligaments larges. Inférieurement il est engainé par le vagin (fig. 3, page 3).
Forme. — Extérieurement il ressemble à une petite gourde, à une petite poire aplatie d’avant en arrière dont le fond serait en haut. Une dépression circulaire, une sorte d’étranglement, appelée isthme, divise l’organe en deux parties, l’une supérieure ou corps, l’autre inférieure ou col.
Nombre. — L’utérus est habituellement un organe unique, médian et symétrique ; dans certains cas cependant il existe deux utérus : cela résulte d’un arrêt de développement, d’un défaut de fusion entre les deux canaux de Millier qui se réunissent pour former l’utérus.
Mobilité. — Les connexions de l’utérus sont assez lâches pour lui permettre d’osciller dans l’excavation et de s’y incliner plus ou moins dans tous les sens. Il peut également être abaissé par une pression exercée sur l’hypogastre ou être attiré à l’aide d’une pince vers la vulve.
* J. RiciiAKu. Anatomie des trompes de l’utérus chez la femme. Th. Paris, 1851
UTÉRUS
Nous verrons plus loin quels sont les moyens de fixité de rutérus : c’est au niveau de l’union du corps et du col que l’utérus est surtout fixé.
Direction. — Chez les jeunes filles ou les femmes qui n’ont pas eu d’enfant, I’axe de l’utérus est dirigé de haut en bas et d’AVANX en arrière. Il coïncide à peu près avec l’axe du détroit supérieur et fait avec celui du vagin un angle ouvert en avant. Un léger degré d’antécourbure s’observe chez le fœtus à terme. Cette inflexion, attribuée à l’utérus lui-même par Boulard, Verneuil, Follin, de Sinéty, serait due, d’après Sappey, à l’état de la vessie au moment de la mort. Si la vessie est vide, l’utérus soumis à la pression des viscères abdominaux s’incline en avant. Si la vessie est pleine, au contraire, elle sert de soutien à l’utérus, qui demeure rectiligne.
Après avoir fait ressortir les divergences qui existent entre les anatomistes les plus autorisés sur la véritable position de l’utérus, Testut {Bull. Soc. anat., juin 1894) conclut que <f l’utérus n’a pas une situation fixe, qu’il est, au contraire, extrêmement mobile, qu’il peut être vertical ou horizontal, et, entre ces deux positions extrêmes, occuper toutes les positions intermédiaires ».
Les changements de direction de l’utérus les plus communs sont produits par les alternatives de plénitude et de vacuité des viscères du voisinage (vessie, rectum, masse intestinale). Chez la femme adulte la réplétion progressive de la vessie refoule en arrière l’utérus « qui se rapproche peu à peu de la verticale, l’atteint et même la dépasse. Puis, quand le réservoir urinaire revient sur lui-même au moment de la miction, l’utérus, lui aussi, revient à sa position initiale, s’inclinant d’autant plus que la vessie se réduit davantage. Le corps de l’utérus se déplace donc, sous l’influerBce des changements de volume de la vessie, alternativement d’avant en arrière et d’arrière en avant : ces déplacements s’effectuent suivant un arc de cercle qui est placé dans le plan médian et qui peut atteindre, suivant les cas, de 60 à 70 degrés » (Testut).
La réplétion du rectum porte l’utérus en avant, surtout au niveau du col : mais cette action n’est pas très prononcée. « Les anses intestinales, anses grêles et côlon pelvien, ajoute Testut, ont dans la statique de l’utérus une influence considérable, sur laquelle, à tort selon moi, on n’a pas suffisamment insisté Les anses intestinales, en effet, qui pèsent de tout leur poids
sur les viscères contenus dans le bassin, peuvent, en comprimant de haut en bas le fond de l’utérus, modifier plus ou moins son angle de courbure. D’autre part, elles s’insinuent partout où elles trouvent un espace pour les recevoir ; c’est ainsi que nous les voyons descendre, suivant les circonstances, tantôt dans le cul-de-sac vésico-utérin, tantôt dans le cul-de-sac rectovaginal Les anses intestinales peuvent encore comprimer l’utérus latérale-
ment, le porter à droite ou à gauche de la ligne médiane. »
Testut a cherché à déterminer la position que prend de lui-même l’utérus lorsque, le sujet étant debout, le rectum à peu près vide et la vessie modérément distendue, la masse intestinale n’exerce sur lui aucune influence : il est arrivé aux conclusions suivantes :
1® L’axe du corps et l’axe du col ne sont pas situés sur la même ligne
UTÉRUS
droite, mais s’inclinent très légèrement l’un sur l’autre ; ils se continuent réciproquement suivant une courbe adoucie qui, dans certains cas cependant, peut se transformer en un angle à sommet nettement marqué ;
2" L’axe total de l’utérus (axe du corps et axe du col réunis) est une ligne continue et légèrement arquée dont la concavité regarde la face antérieure de l’organe ; le corps est donc un peu incliné sur le col ; ce n’est pas une antéflexion vraie, mais, pour employer l’expression classique, une antécourbure ;
5“ Cet axe, quand l’utérus est en position normale, répond à l’axe de l’excavation; sa concavité, par conséquent, regarde la symphyse pelvienne, tandis que le fond de l’utérus se dirige en haut et en avant du côté de l’ombilic.
Chez les femmes qui ont eu des enfants, l’axe de l’utérus s’écarte assez souvent de la normale. Outre les déviations passagères et physiologiques que nous venons d’étudier, il en est donc de pathologiques; elles se font dans le sens antéro-postérieur ou latéralement. La déviation de l’organe en entier porte le nom de version ; celle du corps utérin seul, le col conservant sa situation normale, prend le nom de flexion. Suivant le sens de la déviation, l’utérus peut être en antéversion ou antéflexion, rétroversion ou rétrollexion, latéroversion ou latéroflexion.
Volume et dimensions. — Le volume de l’utérus varie avec l’âge de la femme et suivant certains états physiologiques propres à cet organe.
Peu volumineux jusqu’à la puberté, il se développe rapidement à cette époque ; il s’accroît ensuite jusqu’à l’âge adulte sous l’influence des rapports sexuels.
Le volume de l’utérus augmente à chaque période menstruelle au point de doubler de dimensions.
Après une grossesse, l’utérus ne revient pas à son volume primitif. Il reste plus ‘Volumineux. Dans certains cas exceptionnels, l’utérus, subissant une hxjperinvolution, est moins gros quelques mois après l’accouchement qu’avant le début de la conception.
Dans la vieillesse, il s’atrophie et se réduit parfois au volume qu’il avait avant la puberté.
L’influence des rapports sexuels et des grossesses sur les dimensions de l’utérus est bien démontrée par les mensurations de Richet et de Sappey.
( vierges
Longueur . . .
. 5 nullipares
( multipares
C vierges
Largeur. . . .
. < nullipares
( multipares
^ vierges
Epaisseur. . .
. < nullipares
( multipares
Il importe de noter que l’augmentation de longueur de l’utérus chez les multipares porte exclusivement sur le corps. Le col conserve les mêmes dimensions, ou même diminue.
UTÉRUS
Poids. — Le poids moyen de l’utérus est de 32 à 42 grammes chez les nullipares, et de 48 à 55 chez les multipares pendant la vie génitale.
L’utérus est un organe creux, et comme tel il présente à étudier une surface extérieure et une surface intérieure ou cavité.
Surface extérieure. — L utérus non déformé par les grossesses doit servir de type (fig. 16).
La forme de l’utérus a permis de le diviser en corys et en cot. Cette même forme permet de considérer au corps une face antérieure, une face ç postérieure, deux bords laté-
raux, un bord supérieur ou fond, deux angles et une extrémité inférieure qui se continue avec le col. Le corps mesure de 30 à 34 millimètres de hauteur, 38 à 40 de largeur. Son épaisseur est de 22 à 23 millimètres.
Corps. — 1« Face antérieure. — Triangulaire, lisse, légèrement bombée, elle est limitée en haut par le fond, de chaque côté par les bords, en bas par le col avec lequel elle se continue; elle est recouverte dans toute son étendue par le péritoine, et en rapport médiat r, . 1 . avec la face postérieure de la
1 ;g. 16. - Face anterieure de 1 utérus d une femme . r
nuilipare. vessie dont elle est souvent sé-
C , Corps de l’utérus recouvert par le péritoine qui forme de parée par des anses de l’intes-
chaque côté les ligaments larqes lAj. Ci, Cot de l'utérus, u'i’0l0.
, Portion sus-vaginale du cot sur laquelle le péritoine ^ ^ .
a été sectionné en haut pour montrer la limite entre le 2 t aCC pOStérieUre .
corpsetle coLy,Portionvng,naleduco avecOe son ori- RgCOUVerte par le pélîtoinC, Cil fice externe. S 0, Paroi vaginale qui a été sectionnée pour \ r ’
montrer la qiartie vaginale du col. rapport médiat avoc la face an-
térieure du rectum dont la séparent souvent quelques circonvolutions de l’intestin grêle, elle est bien plus convexe que la face antérieure. Gomme celle-ci, elle se continue avec le fond, les bords et le col.
3" Bords. — Servant de transition entre les faces antérieure et postérieure, les bords sont convexes d’avant en arrière, mais légèrement concaves de haut en bas; ils donnent attache aux ligaments larges. En haut, ils sont limités par la trompe; en bas, ils se continuent avec le col.
4“ Fond. — Il constitue la partie la plus large de l’utérus. Arrondi d’avant en arrière, il est presque rectiligne, à peine convexe transversalement. Limité par l’insertion des trompes, il est en rapport avec les anses de l’intestin grêle,
5® Angles supérieurs. — Ce sont les cornes utérines, lieu de rencontre
COL DE L'UTERUS.
iiiis bords latéraux et du bord supérieur, et point d’insertion des oviductes.
G” Extrémité inférieure. — Elle se continue avec le col, dont la sépare un léger étranglement.
Cette description est applicable à l’utérus d’une femme adulte wülltpâre.
L’utérus des multipares se distingue extérieurement de l’utérus des nullinares par plusieurs caractères (fig. 19 et 20, p. 34). Les faces sont plus convexes, le fond plus bombé, les bords deviennent convexes de haut en bas : les angles supérieurs s’émoussent. En un mot, l’utérus devient plus globuleux en même temps que plus volumineux.
Col. — Légèrement aplati d’avant en arrière chez la nullipare et un peu fusiforme, le col mesure 26 à 30 millimètres de longueur, 23 à 25 de largeur au niveau de sa partie renflée, 18 à 20 à ses deux extrémités.
Le col engainé par le vagin, qui vient s’insérer obliquement à son pourtour (fig. 16), se trouve par cela même divisé en deux portions : une supérieure plus longue, sise au-dessus de l’insertion vaginale : portion sus-vaginale, l’autre, plus courte, inférieure, libre, visible lorsque le spéculum écarte les parois vaginales, accessible au doigt et aux instruments : portion vaginale ou museau de tanche.
A. Portion sus-vaginale. — Elle a deux faces : antérieure et postérieure, deux bords latéraux, deux extrémités. Sa longueur est de 18 à 20 millimètres.
1“ Face antérieure. — La moitié supérieure est tapissée par le péritoine, qui se réfléchit ensuite sur la vessie en formant le cul-de-sac vésico-utérin. La moitié inférieure, dépourvue de séreuse, est en rapport immédiat avec le bas-fond de la vessie, à laquelle elle est unie par du tissu conjonctif lâche, disposition intéressante qui permet la formation de fistules vésico-utérines et a inspiré à Jobert de Lamballe sa méthode d’autoplastie par glissement.
2“ Face postéineure. — Recouverte entièrement par le péritoine, qui descend même plus bas, sur le vagin, avant de se réfléchir sur le rectum pour former le cul-de-sac recto-utérin : elle répond au rectum.
3® Bords latéraux. — Arrondis, épais, se continuant avec les faces, ils donnent insertion à la partie inférieure du ligament large.
4“ Extrémité supérieure. — Elle se continue avec la partie inférieure du corps.
5® Extrémité inférieure. — Elle se continue avec le museau de tanche.
B. Portion vaginale. — Le museau de tanche n’a qu’une longueur d’environ 1 centimètre. 11 est un peu plus long en arrière, où l’insertion du vagin se fait plus haut, qu’en avant. Il a la forme d’un cône adhérent par sa base à la portion sus-vaginale du col et dont le sommet tronqué et arrondi, dirigé en bas et en arrière, présente une ouverture ronde ou allongée en forme de fente, qui est V orifice externe du coi utérin.
La partie du sommet du museau de tanche située en avant de cette ouverture porte le nom de lèvre antérieure-, celle située en arrière, le nom de lèvre postérieure.
Le museau de tanche offre une coloration rosée; il possède une consistance partout ferme et élastique.