CAVITÉ DE L’UTÉRUS
L’orifice externe donne au doigt la sensation d’une dépression, sensation comparée par Antoine Dubois à celle que fournit une légère pression exercée sur le lobule du nez.
Chez la multipare, tandis que la portion sus-vaginale ne se modifie pas d’une façon appréciable, le museau de tanche devient cylindrique, ou prend la forme d’un cône à sommet supérieur.
L’extrémité libre plus large présente une fente béante longue de 10 à 15 ou même 20 millimètres.
Les bords de cette fente sont irréguliers et comme déchiquetés par des échancrures qui, se prolongeant dans l’épaisseur des lèvres, divisent celles-ci incomplètement et leur donnent un aspect inégal, mamelonné.
C’est que l’orifice externe, considérablement agrandi au moment de l’accouchement, a subi une série de déchirures dont une plus marquée et presque constante s’observe au niveau de la commissure gauche.
Le museau de tanche est, en outre, raccourci, de sorte que, chez certaines grandes multipares, il peut être réduit à un très court moignon faisant à peine saillie dans le vagin. On observe cependant des femmes ayant eu beaucoup d’enfants et dont la cavité cervicale présente les dimensions normales.
Le contour devient blanc rosé, la consistance plus ferme.
Ces caractères, que l’on trouve dans la très grande majorité des cas, ne sont cependant pas absolus. On peut rencontrer des femmes ayant eu un, deux et même trois enfants (Tarnier et Chantreuil) et dont le col présente encore presque les caractères de la nulliparité.
Surface intérieure ou cavité de l’utérus. — Le corps et le col de l’utérus sont creusés chacun d’une cavité. Ces deux cavités sont distinctes et séparées par un orifice fermé (Guyon) à l’état normal.
Cet orifice ne permet pas l’introduction d’une sonde, sauf après l’accouchement, pendant ou après la menstruation, ou dans le cas de métrite.
Chaque trompe s’ouvre dans la cavité du corps de l’utérus par un orifice extrêmement fin.
On considère à la cavité du corps et du col deux faces, l’une antérieure, l’autre postérieure, et deux bords. Lisses dans le corps, plissées dans le col, les faces sont, sauf interposition de mucus, en contiguïté parfaite. Les bords sont toujours convexes dans le corps, concaves dans le col.
Normalement, l’orifice externe est fermé. Il limite en bas la cavité du col, qui est renflée en son milieu et fermée en haut. Puis la cavité du corps commence par une portion étroite, allongée et rétrécie, qui forme Visthme de l’utérus (Guyon) ; à partir de ce point jusqu’au fond de l’utérus, les dimensions de la cavité du corps deviennent de plus en plus grandes transversalement.
Cavité du corps. — Elle est de forme triangulaire et présente à étudier deux faces, trois bords et trois angles.
Les laces sont planes, lisses, contiguës ou à peine séparées par une mince couche de mucus.
Les trois bords sont convexes. Le bord supérieur s’étend d’un ostium ulerinum à l’autre.
aVlTÉ DE L’UTÉRUS.
Les deux autres partent de l’oritice tubaire et se dirigent d’abord obliquement en dedans, puis presque verticalement en bas en convergeant vers l’isthme.
Au niveau de chaque angle supérieur se voit l’orifice utérin de la trompe. L’angle inférieur se continue avec l’isthme ou orifice interne qui fait communiquer la cavité du corps avec celle dû col. ' ‘ ‘ . . .
Cavité du col. — Fusiforme, aplatie d’avant en arrière, elle présente
Fig. 17. — Coupe traversale de l’utérus d'une nullipare. .
V, Paroi latérale du vagin. AV, Arbre de vie. CCI, Cavité du col. I, Isthme de l'utérus. CCp, Cavité du corps de l’utérus. OU, Ouverture de l'oviducte dans l’utérus [ostium uterinum).
Fig. IS. — Coupe antéro-postérieure de l’utérus d’une nullipare.
V, Paroi latérale droite du vagin. PP, Péritoine recouvrant l’utérus et descendant plus bas en arrière qu’en avant. La, Lèvre antérieure du col.
Lp, Lèvre postérieure. CCI,' Cavité cervicale. 1, Isthme de l’utérus. ,CC, Cavité du corps.
deux faces, deux bords et deux extrémités ou mieux deux orifices. Elle mesure 25 millimètres de hauteur.
Une disposition très remarquable des deux faces résulte de l’é-xistence des plis et saillies de V arbre de vie.
Chaque arbre de vie (fig. 17), qui existe depuis l’époque fœtale, se compose d’une colonne principale verticale ou axe sur laquelle' viennent s’insérer des plis secondaires qui se dirigent de haut en bas et de dehors en dedans. Les deux axes ne sont pas médians (Guyon) : l’axe postérieur est à gauche de l’antérieur. ■ ■
Il en résulte une sorte à' emboîtement réciproque au niveau de la portion la plus étroite du col, au niveau de ce que les auteurs appellent l’orifice interne. i
Les plis secondaires limitent une série de rigoles au fond desquelles s’ouvrent les glandes du col. Le bord libre de ces plis regarde vers l’orifice externe ou méat. : '
PRÉCIS d’oDSTÉTRIQDE.