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l’anesthésie chloroformique étant utile pour faire les sutures, les inconvénients de cette anesthésie trop prolongée l’emportent sur les dangers que fait courir à la femme la délivrance artificielle. On peut d’ailleurs faire les sutures avant la délivrance.
Lorsque la délivrance est faite soit par l’opérateur lui-méme, soit par son aide principal, on procède à une irrigation antiseptique utérine et vaginale, soit avec une solution de biiodure de mercure à 1 pour 4000, soit avec une solution phéniquée à 1 pour 40 ou 50. Après ce lavage, il est bon de mettre dans le vagin une bande de gaze iodoformée. Si des lésions ont été produites du côté des parties molles vaginales, on les restaure tout de suite.
Sutures. — On ne revient au traitement de la plaie opératoire qu’avec des mains parfaitement aseptiques : il faut donc procéder à un nettoyage minutieux des mains ou des doigts qui ont pénétré dans le vagin. Dans certains cas où il existe un commencement de putréfaction intra-utérine, dans un œuf ouvert depuis plusieurs jours, la désinfection des mains doit être particulièrement rigoureuse avant de toucher à la plaie pubienne, et quand on peut disposer d’un aide capable et aseptique, il est préférable de lui confier les sutures.
On enlève l’éponge ou la gaze iodoformée qui a été introduite entre les pubis. On fait rapprocher aussi complètement que possible les os iliaques sans toutefois rapprocher les cuisses, qui empêcheraient d’arriver sur la plaie. La pince à tête de coq ci-dessus décrite excelle à tenir les pubis en contact parfait. On procède d’abord aux 3 ou 4 sutures profondes que l’on fait à l’aide d’une grande et solide aiguille courbe. Ces sutures, qui varient en nombre, suivant l’étendue de la plaie, sont faites soit avec du fil d’argent un peu fort, soit avec de la soie plate comme se pratique la suture de la paroi abdominale après laparotomie. On termine par trois ou quatre points de suture cutanés intercalés aux points plus profonds.
Avant de nouer ces fils, on essuie la plaie avec une éponge ou un tampon imbibé de solution phéniquée forte.
Lorsque les sutures sont faites et les fils coupés, on saupoudre la plaie d’iodoforme, on la recouvre de gaze iodoformée et d’ouate antiseptique, puis on applique sur la vulve du coton iodoformé et l’on dispose ce pansement prépubien de telle manière qu’il ne soit pas solidaire du pansement fait en avant de la vulve, qu’il sera nécessaire de changer souvent à cause des liquides qui s’écoulent des organes génitaux et viennent souiller la plaie opératoire. Il ne faut pas négliger les artifices capables d’empêcher la plaie d’être contaminée, tels que le collodion, les imperméables adhésifs, etc. On maintient ce pansement à l’aide d’une ceinture de flanelle au-dessous de laquelle on a disposé une couche d’ouate assez épaisse. Cette ceinture est solidement épinglée. Le pansement vulvaire est maintenu à l’aide de souscuisses que l’on fixe d’arrière en avant.
Après les sutures bien serrées, la meilleure façon d’immobiliser les deux os iliaques est d’appliquer soit la ceinture métallique construite par Collin pour Pinard et Ribemont-Dessaignes (fig. 557), soit la ceinture de Guéniot. I! est en outre utile d’entraver les membres inférieurs à l’aide de deux liens,
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SOINS CONSÉCUTIFS A 1,A SYMPHYSÉOTOMIE.
l’un placé à mi-hauteur des cuisses, l’autre au-dessus des articulations tibiotarsiennes, et de défendre à la femme de les mouvoir elle-même quand elle satisfait scs besoins ou subit un pansement.
La femme est transportée sur son lit, au niveau duquel on a disposé un lit à élévation de Dupont, ou mieux de Ilerbel. La femme peut être ainsi soulevée d’une manière commode pour uriner et pour aller à la garde-robe.
Ces lits permettent en outre à une infirmière de faire les toilettes vulvaires et les injections vaginales, si elles sont prescrites.
Soins consécutifs. — D’une manière générale, il faut considérer la femme chez laquelle on a pratiqué la symphyséotomie comme une accouchée ordinaire. La seule précaution à prendre pendant les 10 ou 15 premiers jours, mais surtout pendant les 5 ou 4 jouis qui suivent l’accouchement, est d’éviter les mouvements des membres inférieurs et du bassin.
La femme est alimentée comme à l’ordinaire et doit allaiter le plus tôtpossible.
Dans la pluralité des cas la miction est spontanée si l’on sait attendre d’une manière suffisante ; quelquefois elle est involontaire pendant quelques jours. Dans certains cas cependant on est obligé de pratiquer le cathétérisme ; mais il n’y a aucune utilité à laisser une sonde à demeure. Avec un peu de patience, en effet, il est toujours possible de pratiquer le cathétérisme à l’aide d’une sonde de caoutchouc.
La température doit être prise avec grand soin. Le pansement vaginal est laissé en place 5 ou 4 jours : il a le double avantage de contribuer à l’hémostase en exerçant une certaine compression sur les tissus rétro-pubiens et d’assurer l’asepsie des organes génitaux internes. On se contente donc de faire plusieurs fois par vingt-quatre heures, notamment après chaque miction, un lavage antiseptique des organes génitaux externes.
Il est important que le pansement de la plaie pubienne soit aussi immobile que possible; on s’assure une fois par jour que la plaie est suffisamment saupoudrée d’iodoforme, et à diverses reprises on veille à ce que la gaz^ iodoformée reste bien en place. Le pansement par occlusion, qui semblerait remplir l’indication principale, préserver la plaie des microbes extérieurs, n’a pas donné de bons résultats.
Vers le 5® ou 4^10111’ on enlève le pansement vaginal, que l’on peut remplacer par un autre un peu moins volumineux, après avoir fait une irrigation vaginale. Certains accoucheurs préfèrent ne pas introduire à nouveau de la gaze dans le vagin et se contentent d’un pansement de la vulve; outre les toilettes vulvaires, ils font 5 ou 4 fois par vingt-quatre heures des injections vaginales.
Fiy. a57. — CoiiUuie métallique de Cullin pour mainlenir les deux os iliaques au contact après sympnyséotomie.