MANUEL OPERATOIRE DE L’OPÉRATION CÉSARIENNE
dont les deux chefs sont saisis par une pince à forcipressure ; on n’attache les fds que quand ils sont tous placés.
On a eu soin de retirer l’éponge ou la compresse qui avait été introduite dans l’utérus ; les fils doivent être assez fortement serrés, de manière à affronter autant que possible les bords de la plaie ; le nœud doit être appliqué à droite ou à gauche de la ligne de suture.
On procède ensuite à la suture superficielle dont les fds sont appliqués dans l’intervalle des sutures précédentes ; on a soin de bien affronter les deux lèvres de la plaie de manière que les bords du péritoine soient bien en contact, ce qui permet l’accolement plus rapide de la plaie utérine. Cette suture superficielle peut être faite de deux manières differentes, suivant qu’on suture la séreuse de chaque côté ou qu’on y comprend une certaine portion de tissu musculaire.
Lorsque les sutures profondes et superficielles sont terminées, on cesse la compression en retirant la main ou le tube de caoutchouc, si l’on y a eu recours. Si l’utérus n’augmente pas de volume, s’il ne se produit pas d’écoulement sanguin par la plaie utérine suturée, c’est qu’ii n’y a pas d’hémorragie. Si, au contraire, l’utérus augmente de volume, s’il se produit un peu d’écoulement sanguin par la plaie, il y a hémorragie interne : il faut alors malaxer l’utérus, faire sortir les caillots qu’il renferme par le vagin, et pratiquer au besoin une nouvelle injection d’ergotine. Il est exceptionnel que, la suture étant faite, on soit obligé, par suite de la persistance de l’inertie utérine, de recourir à l’amputation de Porro.
Lorsque l’hémostase semble suffisante, on procède à la toilette du péritoine, qui doit être facile si l’opération a été conduite avec méthode et si surtout l’aide a eu bien soin de rapprocher les lèvres de la paroi abdominale au fur et à mesure que l’on évacuait l’utérus de son contenu. Si, au contraire, il s’est écoulé dans la cavité péritonéale du sang ou du liquide amniotique, il faut, avec des compresses, vider la cavité péritonéale et se rappeler que c’est habituellement dans le cul-de-sac de Douglas et dans le cul-de-sac vésico-utérin que s’accumulent les liquides. La toilette du péritoine étant ainsi faite, on rabat le grand épiploon sur la face antérieure de l’utérus.
6” Suture de la paroi abdominale. — La suture de la paroi abdominale ne diffère en rien de la suture qui est faite dans toute laparotomie.
On y procède de deux manières, soit en faisant des sutures profondes qui comprennent la peau, les tissus aponévrotiques et musculaires, ainsi que le péritoine, soit en faisant des sutures profondes, mais perdues, qui ne comprennent que muscles, aponévroses et péritoine. Les sutures superficielles sont faites comme à l’ordinaire.
Le pansement de la plaie abdominale ne présente rien de particulier ; il consiste, après avoir lavé la paroi abdominale, à saupoudrer la plaie avec de l’iodoforme, à appliquer de la gaze iodoformée et une couche d’ouate antiseptique ; une ceinture en flanelle maintient le tout.
La durée de l’opération est variable ; elle peut durer de vingt-cinq minutes à une heure et demie, suivant les difficultés de l’opération et la dextérité de l’opérateur.