MANUEL OPÉRATOIRE DE LA RASIOTRIPSIE
2* temps. Introduction et placement de la branche gauche.
— La manœuvre ressemble beaucoup à l’application d’une branche de forceps.
La main droite, qui va servir de guide, est introduite assez profondément,
pour pouvoir dépasser les bords de l’orifice utérin sans déplacer la tête fœtale ; elle est dirigée de façon à s’appliquer soit à l’extrémité gauche du diamètre transverse, soit à la partie postérieure du diamètre oblique droit. La branche gauche du basiotribe, tenue de la main gauche comme une branche de forceps, est alors glissée sur la main droite et appliquée sur la tête fœtale (fig. 552). Lorsque la branche est mise en place, la main droite est doucement retirée.
5® temps. Articulation de la branche gauche avec le perforateur. — L’opérateur tient à pleines mains le manche du perforateur et la branche gauche, et les met dans le même plan. 11 suffit, pour que l’articulation soit facile, que le pivot du perforateur et la mortaise de la branche soient à la même hauteur; le perforateur peut être tourné en tous sens, mais il ne doit pas être retiré, même légèrement. Il faut même s’assurer, avant d’articuler, que la pointe est toujours en contact avec la hase du crâne.
4® temps. Petit broiement. — Il s’opère habituellement sans difficulté : avec la main on rapproche les deux manches du perforateur et de la branche gauche ; on les maintient ainsi rapprochées à l’aide du crochet qui, de la branche gauche, se rabat sur le perforateur.
Dans certains cas où la tête est très ossifiée, volumineuse, la main peut éprouver quelque difficulté à opérer le broiement; on se sert alors de la vis qui s’applique d’abord sur la branche gauche, puis est rabattue sur le perforateur. Le fait d’être obligé de recourir à la vis pour opérer le petit broiement indique souvent qu’une bonne portion de la tête a été saisie.
5® temps. Introduction et placement de la seconde branche.
— La main gauche, introduite dans le vagin, pénètre assez profondément pour que l’extrémité des doigts dépasse les bords de l’orifice utérin, mais ne cherche nullement à s’orienter par rapport à la tête.
La branche droite, tenue de la main droite, est introduite doucement sur la main gauche comme guide, et pénètre avec plus ou moins de facilité pour venir se placer en un point symétriquement opposé à celui qu’occupe la branche gauche.
Si l’on éprouve une certaine difficulté à faire glisser la cuiller de cette branche entre la tête et le bassin, il suffit de « faire soulever légèrement la tête à l’aide du perforateur et de la branche gauche, qui ne font plus qu’un avec la tête ». (Pinard.) Bar insiste beaucoup sur l’utilité de cette manœuvre; il conseille même, non seulement de soulever la tête du fœtus, mais de la faire tourner. Ainsi la branche gauche a été appliquée à l’extrémité postérieure du diamètre oblique droit; on ne peut ramener assez en avant la branche droite pour la mettre à l’extrémité antérieure de ce diamètre : à l’aide de la branche gauche, on oriente alors la tête de manière à mettre la cuiller gauche à l’extrémité gauche du diamètre transverse; la branche droite vient alors facilement se placer à l’extrémité droite du même diamètre.